SAINT-SIMON. — FOURIER
I. L'époque du premier Empire est l'une des moins intéressantes de l’histoire, si l’on envisage surtout le côté social des événements. Pour le quatrième Etat, elle demeure vide, stérile, à peu près sans influence sur sa formation, comme sur l'évolution interne même de la France. Les grandes guerres la remplissent, avec les victoires retentissantes, les conquêtes, l'expansion illimitée des frontières, Jusqu'au jour où les nationalités réveillées, au nom même des principes que nous avions semés, de par le monde, brisent, dans un suprême effort, les ambitions de l’aventurier impérial. Au dedans, le calme majestueux du despotisme romain, l’assoupissement des Jacobins gorgés de titres et d'argent, la condescendance de la bourgeoisie, soucieuse de conserver ses propriétés nouvelles, satisfaite de porter les siens aux hautes fonctions. Peu à peu, elle se désaffec-