‹ Histoire du socialisme franc̦aisChapitre 22 sur 53 · MEL · texte numérisé non relu

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petit commerce. Il n’y avait plus de tampon. Ce régime avait tellement affaibli sa base qu'elle devenait insuffisante à le supporter. Ses racines étaient si peu enfoncées, qu'il estima la résistance inutile. L'institution qui l'avait tant servi en 1831, en 1832, en 1834, la garde nationale, s'était retournée contre lui, prise entre son amour de l’ordre et l'intérêt de classe de ses membres. Louis-Philippe ne fut pas renversé ; il s’'évanouit, comme un fantôme sans consistance.

Les deux cent quarante mille citoyens qui composaient le pays légal, étaient jetés dans la même condition, que l’'émigration, retour de Coblentz, après Juillet. Leur richesse démesurée, l'inégalité croissante des fortunes, qui avaient favorisé leur élévation dix-huit années plus tôt, se convertissaient pour eux en instrument de ruine politique, parce que les masses condamnées à l’infériorité civique étaient trop nom-

breuses,et que les feuillets intermédiaires et dépos-

sédés à leur tour, s'étaient confondus avec elles. La minorité apparaissait trop clairementcomme une oligarchie. Le caractère social de la Révolution de Février se déduit aisément de ces quelques considérations. La moyenne et la petite bourgeoisie nourrissaient des visées identiques, qui se ramenaient même à une

seule: conquérir la puissance publique. L'évolution des faits avait attesté que le pouvoir économique allait de ‘pair avec le pouvoir politique, que pour saisir l’un, il était nécessaire d’avoir pris. l’autre. Le budget grossissant tentait les industriels en chambre, les boutiquiers faméliques, comme les” entrepreneurs de travaux, et les professions libé-

rales, qui voulaient participer à cette distribution annuelle de centaines de millions. Mais pour toucher au but, l'élargissement du droit électoral était une

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