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élections, — ne fit que confirmer le gouvernementpro- » visoire dans ses intentions. Louis Blanc lui-même, ébranlé par les attaques que certains orateurs du peuple avaient dirigées contre lui, cessa son opposition : le sort était jeté. Ce n'était ni en quelques jours, ni en quelques semaines, que le socialisme pouvait imposer au pays une pensée démocratique. Le calcul de la bourgeoisie porta juste, ou même, à … dire plus vrai, la première réponse du suffrage universel dépassa ses prévisions, écrasant sans doute le 1 communisme, mais conférant un succès inattendu Ÿ aux royalistes. Ceux-ci disposèrent tout de suite de ‘0 quatre cent cinquante sièges sur neuf cents à la | Constituante. La province, sauf les grands centres, « avait, comme il était naturel, donné en masse pour = les monarchistes dè toutes catégories. Paris même, le Paris de la Révolution, se prononça pour la Répu=" blique bourgeoise, beaucoup plus que pour la République sociale; alors que Lamartine rassemblait 959.000 voix, Louis Blanc venait en queue de liste avec 121.000 à peine. C'était la première défaite du. L: Be.
socialisme. | 2
Il comptait, à l’assemblée, un assez fort effectif, avec des noms sonores et aimés du prolétariat: COn=\ sidérant, Caussidière, Flocon, Gambon, Raspail, Greppo, Jean Reynaud, Lagrange, Raspail, Pyat, etc. maisil n'avait rien à attendre, pas une réforme à espérer. Son heure était déjà passée : ses hésitations avaient ruiné sa cause. Du 25 février au # mai, plus. de deux mois s'étaient écoulés, où il avait temporisé, jetant parfois des foules sur les places publiques, comme au {7 mars, comme au 16 avril, mais dépourvues d'objectif, et incapables, même si elles avaient pu vaincre, d'utiliser leur victoire. Il n'avait plus maintenant qu'à suivre, impassible, le cours des
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événements qui allaient se dérouler avec la logique
de Ia fatalité. D'abord ses représentants furent exclus de la commission exécutive: ensuite leurs motions, celle de Louis Blanc, entre autres, qui le 10 mai, réclama la Constitution d’un Ministère du travail, furent repoussées. Mais il ne suffisait pas à la moyenne bourgeoisie républicaine, qui avait contracté alliance avec la grande propriété foncière et la finance, également monarchistes et cléricales, l’une par tradition, l’autre par intérêt —et par peur ;— il ne suffisait pas à [a Chambre de refouler des propositions dangereuses, et contraires aux prérogatives de classe ; il lui fallait mettre le prolétariat, grondant au dehors, dans l'impossibilité de s’insurger : elle n'attendit pas l’assaut d'une insurrection plébéienne : elle voulut choisir son heures prévenir la poussée par le massacre. Les ateliers nationaux n'étaient-ils pas là pour lui fournir le meilleur des prétextes, et la plus efficace des provocations, lorsqu'elle jugerait le moment de l’exécution survenu ?
X. La journée du 15 mai sépara violemment la petite bourgeoisie des foules ouvrières. Evénement confus, mal réglé, sans but, sans signification simple, qui tourna au profit de la réaction, et qui apparaît, dans l'histoire, comme un avant-coureur de
Juin.
La politique extérieure ou plutôt la politique européenne,— la Révolution généralisée sur le continent, — font subitement irruption dans la politique intérieure de la France. Les cadres trop étroits de l’agitation nationale sont soudain crevés ; un grand souffle d'internationalisme militant soulève les masses parisiennes. Ce n'était pas seulement sur les rives de la Seine que le peuple s'était rué contre les institutions anciennes : à Vienne, à Berlin, en Italie, partout,