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une ee poussée s'était HER en Les ra : taires de la capitale sentaient, pour la première fois, leur fraternité avec les prolétaires de toute la terre ; ils se doutaient obscurément de la grande vérité que Marx et Engels venaient de formuler dans le Mani- È feste des communistes, etquin avaitpas encorefrappé toutes les consciences, comme un axiome indiscuté: la solidarité des déshérités à travers toutes les cloisons factices, bâties par les âges. Se.
La Pologne passionnait Paris plus que tout ue:
insurrection. Les regards se tournaient vers cette : France du Nord; l'attitude de la Commission exécutive et de l'Assemblée Constituante était condamnée. On leur reprochait leur faiblesse, leur timidité de vant les absolutistes du dehors, leur connivence tacite n avec les répressions féroces qui s’organisaient. Ce qui atteste bien L'esprit de cette génération de nos ancê- … tres, c’est qu'à un peu plus d’un an d'intervalle, le 15 mai se renouvellera, que Ledru-Rollin descendra sur le pavé au nom de la République romaine, comme Barbès et Blanqui au nom des Polonais. à es Mais le 13 mai a une autre portée encore, qui vint compliquer son sens primitif, et de cet enchevètre- < ment de pensées, de cette superposition detendances, ES sortit sans doute l'irrémédiable indécision qui perdit” 5h cette journée. Les socialistes qui s’élançaientpour pro 4 clamer les droits de la « France du Nord » n'oubliaièent pasles revendications prolétariennes. Ilsne pouvaient | jm 4 les oublier, puisque les trois mois de misère mis ANS service de la République étaient écoulés. Lorsque les 150.000 Parisiens convoqués par les clubs longèrent ee les boulevards, ils acclamaient la Pologne ; lorsqu'ils qi envahirent l'Assemblée, c'était encore l'émancipation polonaise qu'ils demandaient à longs cris, mais bientôt Blanqui monte à la tribune, expose les na +14
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derata économiques et sociaux des faubourgs. Barbès surenchérit, à son habitude, pour ne pas laisser la prééminence à son rival, et déclare indispensable l'impôt d'un milliard sur les riches. On entend à la fois ces exclamations retentissantes : Vive la Pologne! Vive l'organisation du travail ! C'est au milieu du tumulte qu'Huber prononce la dissolution et qu’on lit la liste d’un nouveau gouvernement,comprenant Louis Blanc, Blanqui, Barbès, Raspail, Lagrange, Considérant, Proudhon, P. Leroux, etc. Au total, la journée se présenta comme un assaut du socialisme
‘contre la bourgeoisie conservatrice. C'était Février.
qui recommençait contre le régime issu de Février, et confisqué de plus en plus par une oligarchie. Il était trop tard pour tenter l'attaque, parce que les dirigeants nouveaux avaient eu le temps de s’armer et d'adapter tout le mécanisme administratif. Et ainsi la poussée populaire, vaincue et comprimée, n'aboutit qu'à resserrer la réaction, qu'à l’affermir en son intention de briser le péril de gauche et d'écraser le spectre rouge. Ce fut le 15 mai quon entendit pour la première fois cet avis sinistre : il faut en finir, — qui allait maintenant, jusqu'à la veille de Juin, remplir la Constituante. | La marche de Barbès et de Blanqui, divisés, entraînés d’ailleurs, malgré eux, dans une aventure qu’ils jugeaient téméraire, ne servit donc que les adversaires du prolétariat. De ce jour, la petite bour- … geoisie,affolée par l’effroyable descente des faubourgs, parl’apparition de la Révolution sociale constituée en rangs épais,serejeta du côté de la classe gouvernante. Le pacte rompu, la classe ouvrière sans organisation, était à la merci des « tricolores » qui maintenant s al liaient sans honte et sans mystère à l’extrème-droite de la Chambre. Les événements allaient se presser.
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XI. Le 15 mai au soir, dans l’Assemblée Constituante, Garnier-Pagès déclara : « Il nous faut une — République ferme, honnête, modérée. » La bourgeoi- … sie entama son œuvre: d’abord les clubs furent fermés ; une extraordinaire irritation s'était déchainée parmi les représentants contre ces associations populaires, qui avaient porté Barbès, et Blanqui, — le vrai chef du prolétariat, — jusqu’à la tribune nationale.Ensuite des poursuites furent demandées contre Louis Blanc. Aucun grief précis n’était. invoqué : dans son rapport qui concluait à la suspension des garanties légales contre l’ancien membre du gouverment provisoire, Jules Favre n'alléguait que ses erreurs économiques : au fond, on savait parfaitement que Louis Blane, de plus en plus modéré, dé plus en plus détaché de ses origines politiques, n'avait pas été tenu au courant des préparatifs in surrectionnels. Ce ne fut toutefois qu’à 32 voix de majorité qu’il fut soustrait à la mise en jugement, 369 contre 337. A |
Mais tout l'effort de la bourgeoisie s’orienta vers la dissolution des Ateliers Nationaux. Elle provoquait à la guerre sociale, sûre des forces concentrées dans Paris. L'heure du carnage avaitsonné. A pas rapides, cléricaux et républicains modérés, d'accord avec l'administration et le gouvernement, marchaient à =: 4 la Saint-Barthélemy des ouvriers. Nul n'ignorait
pées dans la capitale, n’irait pas sans révolte, nisans- 7 effusion de sang. Comment s'imaginér que plus de 100.000 hommes auxquels les promesses avaient été Nr prodiguées, et qui n'avaient plus rien à perdre, D accepteraient pacifiquement la misère immédiate? L'histoire n'offre peut-être pas, dans le siècle écoulé, =“ un plus dramatique épisode que celui des quarante
jours écoulés entre le 15 mai et le soulèvement du faubourg Saint-Antoine. Précisons les dates : 101, 1e ne s’agit plus d'épargner les détails. |
Le 20 mai, Saint-Romme expose à la Constituante les vices de l’organisation des Ateliers. Il insiste sur le déficit financier qu'ils creusent chaque jour. Il s'affirme hostile aux mesures d'inhumanité, mais il supplie ses collègues de chercher une solution qui puisse tout concilier. Trélat, ministre des travaux publics, s'exprime à peu près dans le même sens. Le 22, Thomas, directeur des Ateliers, conseille le renvoi des ouvriers dans les départements. Le 24, Trélat lui écrit qu’il donnera des ordres, pour que les travailleurs célibataires, de dix-huit à vingt-cinq ans, soient tenus de contracter des engagements dans l’armée. |
Le 27, une note de la partie non officielle du Moniteur annonce que le gouvernement pense à supprimer les Ateliers, mais qu’il n’oubliera pas la sollicitude due aux inscrits ; le ton devient plus comminatoire. Le 30, Falloux, chef des Ultramontains, lit un rapport qui n’est qu'un long réquisitoire contre les chantiers. « Ils n’alimentent plus, dit-il, que les oisifs ; ils font dégénérer le satäire en une aumône sans dignité. [l convient, en attendant mieux, d’apporter un règlement nouveau, et de substituer le travail à la tâche à l’ancien mode. Autrement, on se borne à entretenir une grève permanente, à perpé-.
tuer un foyer actif de fermentation etune dilapidation
quotidienne et flagrante. » | Le premier coup est porté : le modérantisme de l'Assemblée nationale s’exapère; les mesures d'exécution commencent. . | Le 3 juin, la Commission exécutive inviteles maires à ne plus délivrer de passe-poris aux ouvriers pour
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Paris, qu’autant qu'ils justifieront devoir ytrouverdu
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travail. Le 5, elle dissout une brigade de menuisiers et une autre de terrassiers, en s'appuyant sur de prétendus actes d’indiscipline. Du 7 au 40, de multiples arrestations sont opérées pour attroupements sédi- Lieux, la population des faubourgs pressentant les périls qui s'accumulent sur elle. Les élections de Proudhon et de Pierre Leroux, par 77.000 et 91.000 VOIX, qui attestent la fermeté du prolétariat parisien devant les tentatives de réaction, irritent encore la bourgeoisie. Trélat lit un projet qui demande trois millions de plus pour les Ateliers, Falloux, renseigné et stylé par Thomas, etqui s’est substitué aux Tricolores dans l’œuvre de répression sociale, s'élève contre le gaspillage du Trésor. Le 16 juin, Goudchaux refait le discours de Falloux, et accuse les chantiers de démoraliser les ouvriers. Le 19, Turck apporte un projet de décret très violent qui somme les travailleurs de rentrer chez eux. Puis Falloux, le 20, dépose un nouveau rapport, accordant encore une fois les trois
frapper : les armes sont prêtes.
XIT. Juin 1848 est, à coup sûr, le plus colossal évé- «
nement des guerres civiles d'Europe. Si l’on cherche