AC
Fer 1 | te en ho: OL € RL RTE.
il ne surgissait que comme une conséquence et un effet. Le désastre de la Commune prescrivait, pour l'avenir, la marche concertée de toutes les cités, de tous les hameaux, du prolétariat du Nord et du Midi, la cristallisation de la France autour d’une même idée. L'évolution serait unitaire, ou la révolution impuissante.
I. L'histoire du socialisme français, de 1871 à 1900, mérite d’être subdivisée en deux sections ; d'abord, parce que cette période très remplie a été exceptionnellement féconde pour l'organisation, la diffusion des idées, les controverses intérieures, l'incidence politique ; ensuite, parce qu’à la date 1899, le prolétariat a été tout à coup entravé en son développement méthodique par une crise et un schisme intellectuel d’une portéeencore mal précisée.
Certes, avant le conflit de tactique, qui a mis aux prises les Marxistes purs, — les adeptes du matérialisme historique, — et les idéalistes dévoués à la tradition de 1848, d’autres dissidences avaient éclaté.
Lorsqu'après le grand affaissement de 1871, le mou- 1
vement ouvrier se reforma en 1876, la direction en fut tout de suite disputée entre les partisans du syndicalisme, élèves de Proudhon, et les collectivistes imbus des théories du « Capital ». Ce fut un
premier aspect de la dissociation interne quitravaille
chez nous, le socialisme, depuis un quart de siècle :
il ne s’est jamais effacé, et aujourd'hui même subsiste, quoique atténué. Puis à peine le collectivisme avait-il remporté un premier avantage, en 1880, que ses adeptes s’entre-déchiraient à leur tour, et en 1882 et 1890, deux scissions fameuses intervinrent encore.
Mais quelle que fût la valeur de ces antagonismes, ils n’atteignaient pas en acuité réelle celui qui se manifesta vers le milieu de l’année 1899. Auparavant, les écoles s'étaient armées de thèses contraires, avaient préconisé ou réprouvé l’action politique, ou
s'étaient purement subordonnées à des inimitiés de
personnes. L'unité foncière du socialisme français n'avait pas été brisée, car aucune des organisations en présence n'avait assumé une initiative en désac-
cord avec les principes mêmes de la doctrine. Après …
1882, Broussistes et Guesdistes défendirent égale
ment la lutte des classes, l’é émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes ; les Syndicaux qui reprirent, quelques années plus lard la bataille
contre le Parti Ouvrier, ne répudiaient pas ces affir-.
mations en paroles, encore moins en actes. Les ruptures pouvaient affaiblir la croissance du prolétariat:
elles ne l’arrêtaient pas. Or, en 1899, certains mem-.
bres dirigeants du parti socialiste ont conçu et encouragé une entreprise telle, une décision si audacieuse, qu'on a pu se demander légitimement, sielle n'allait pas au rebours de toutes les notions jusque-là soute-
nues. Le cas Millerand s’est ainsi présenté comme = l'incident, ou l’événement le plus grave, que l'on
ait eu à régler depuis 1871. En réalité, il a dépar-
tagé le monde ouvrier et révolutionnaire en deux
fragments, dont nous n'avons pas ici à rechercher l'importance intellectuelle et numérique, mais qui incorporaient des tendances à peu près opposées. Il
PEN AMOR ne ELU A UIRNE Fes Res AT v k3 on NE ARE:
s'est agi en effet de savoir, si le socialisme resterait
sur le terrain délimité par le Manifeste des Communistes de 1848, par celui du Parti ouvrier en 1880, ou si, participant au pouvoir bourgeois, il deviendrait une faction politique, un néo-radicalisme, un tronçon du parti républicain.
[lnous adonc paru équitable de discerner deux phases, dans l’histoire de notre prolétariat depuis 1874.
La première, qui comprend vingt-huit années, se réfère aux formations et désagrégations qui ont attesté la poussée féconde des idées. Pour la caractériser de quelques mots, on dira qu'elle a vu un travail d'éducation, de pénétration scientifique, de diffusion générale, d'adaptation aux différents milieux, si activement poursuivi, qu'on n’en relèverait pas d’analogue, ni avant, ni après 1848. Elle a aussi été marquée par la reconstitution d’une Internationale autrement forte et homogène que celle qui s'était dissoute en 1872, à la suite de formidables querelles. Enfin elle se signale par la cristallisation du collectivisme, et par l'établissement quasi définitif d’un programme d'action immédiate et transi-
toire.
coïncidé ‘avec un notable développement des prolétariats étrangers. Dans l’Empire germanique, et en Belgique surtout, mais aussi en Autriche, en Hollande, en Danemark, en Suisse, en Italie, le mouvement ouvrier s’est arraché de plus en plus au romantisme, qui avait prévalu au milieu du siècle,
pour se livrer aux théories Marxistes, plus ou moins
accommodées aux nécessités des temps et des lieux. Il s’est donc produit ce phénomène essentiel, (et dont
tous les chapitres de ce volume attestaient d'avance . A
la portée), que le processus socialiste ne s’est plus
Cette réorganisation du prolétariat français a.
RU | CREME ARE SP EE 2 tan FU Es :
97 4 | msrome DU SOCIALISME FRANÇAIS | ce ns
localisé sur le sol de la France — et encore 4 l'Allemagne, que de vrais partis se sont substitués partout aux groupements flottants de l’ancienne Internationale, et que notre pays ne s’est plus trouvé isolé pratiquement, comme en 1871. L'évolution s'est faite d'ensemble sur toute la surface du sol civilisé : si bien qu'une chaine d’ilots collectivistes et communistes s’est tendue d’une extrémité à l’autre de l’Europe. Alors que chez nous, les doctrines de la démocratie sociale s’efforçaient d'atteindre, après. Paris, les autres cités, — après les centres urbains, les agglomérations rurales, — elles surgissaient de proche en proche au delà de nos frontières, dressant des masses disciplinées de millions et de millions d’hommes. Ainsi les conditions mêmes du développement du quatrième Etat, en France, se transformaient de par l’apparition au dehors d’une classe ouvrière plus consciente. Déjà, en 1864, la création des premiers groupements de la Social Démocratie Allemande avait imprimé, à nos prolétaires, une nécessaire secousse ; maintenant notre fermentation intellectuelle était stimulée à l'infini par les grands courants qui traversaient tousles vieux, et même lesjeunes États. Le socialisme a touché, vers 1889-1890, la période d'expansion universelle, qu'avait atteinte le libéralisme entre les années 1830 et 1848. C’est là toute la valeur de l’étape dont nous étudierons, d’un peu plus près, les événements et les caractéristiques.
IT. Les raisons économiques de cette croissance de la classe prolétarienne, en France et au dehors, ne sont pas différentes de celles que nous avons déjà notées à la veille de Juillet, à la veille de Février, à la fin de l'Empire. La concentration industrielle s "est accélérée dans une notable proportion, au lendemain de la chute de Napoléon III et de l'unification «
LA
: gÈies
allemande. Au sortir de la terrible phase Bismarckienne, ou plutôt de cette série qui va de 1855 à 1870, et qui a été jalonnée par tant de conflagrations de toute nature, guerre de Crimée, guerre d'Italie, guerre de Danemark, guerre de Bohème, guerre de
Sécession et enfin guerre Franco-Germanique, le
monde entier s’est voué à une production intensifiée, Les échanges de notre pays se sont élevés, au point. d'atteindre, à la veille du revirement douanier de 1892, Le total de 8 1/2 milliards de francs. Les exportations seules qui montaient à 2430 millions en 1866, passaient à 3307 en 1876 et 3504 en 1891. Si le coefficient d'augmentation ne fut pas comparable à celui qu'on enregistra, dans les années moyennes du second Empire, — à l'heure où les constructions de voies ferrées, poussées avec une activité fiévreuse, refaisaient une vie nouvelle, — il fut encore à peu près égal à celui de la Monarchie de Juillet. Plus tard, à dater de 1892, la France traversa une crise. Elle fut imputable à des causes générales, à la surproduction mondiale, issueelle-même de l'expansion industrielle du globe — et à des causes spéciales, le bouleversement du système économique, l’infériorité d’organi-
sation, l’exagération des dépenses stériles. Mais,
même durant cette dépression, qui a été s’atténuant depuis 1896, l'évolution fit son œuvre. Les derniers vestiges de la petite fabrication tendirent à disparaitre ; les grands centres, les plus frappés par le malaise transitoire, substituèrent, de plus en plus, les énormes usines aux moyens établissements de jadis. Il ressortit que la supériorité de nos rivaux tenait à la puissance de leur condensation, et des agglomérations de capitaux jusque-là inconnues chez nous, se constituèrent surtout dans le Nord et dans l'Est, pour parer aux nécessités des temps nouveaux.
etant |. CNE, "27 DATES, Fee
276 HISTOIRE DU SOCIALISME tous
En même temps que s'évanouissaient les ro 1.
anciennes de l’industrie, le commerce subissait une révolution autrement grave que celle du règne de Louis-Philippe ou du second Empire. Le petit boutiquier, le négociant moyen, qui s'étaient déjà sentis menacés, furent astreints, dès le lendemain de la guerre, et de parles conditions mêmes de l'économie générale, au sort le plus douloureux. Cette fois les
changements dela structure industrielle s’étendirent.
aux échanges intérieurs. L'immense magasin, assis
sur des millions, assurant à lui seul un chiffre d’af-
faires égal à celui de mille deux cents ou mille cinq cents marchands d'autrefois surgit dans la capitale,
puis dans les grandes villes de province. La petite.
bourgeoisie perdit ses dernières ressources, ses der-
nières illusions. Jusque-là, elle avait cru pouvoir tenir contre les événements ; la tourmente la déra-… cina. Et depuis lors, les malheureux boutiquiers
nont cessé de maudire leur condition, sans lui.
trouver un palliatif, et d’osciller entre les politiques et les courants les plus contraires, sans FREE
ici ni là un protecteur, ni un refuge.
L'agriculture enfin, a délaissé une part du rôle
qu elle avait joué dans l’organisation totale du
pays. La concurrence étrangère, la production amé-
ricaine, russe, hongroise, moins grevée, où mieux outillée, ont infligé à nos cultivateurs, des défaites presque irréparables. La clôture douanière suggérée en 1891, par l’afflux croissant des céréales et des
vins des autres contrées, n’a pas réussi à enrayer cette décadence. Les emblavements demeurent sta-. tionnaires ; les cours ne semblent plus assez rémunérateurs. Tous les procédés factices que les gouvernants étudient pour remédier à cet affaissement,. resteront impuissants, parce que la structure même
de la propriété, son caractère parcellaire, stérilisent d'avance tous les efforts. Si la population urbaine monte au détriment de la population rurale, cen’est passeulement que les grandes villes exercent sur les laboureurs, cette fascination irrésistible tant dépiorée par les économistes orthodoxes ; c’est aussi et surtout que la terre ne nourrit plus ou nourrit mal son homme. Le salaire du journalier agricole a été loin de s'améliorer au même degré que celui de l’ouvrier de fabrique. Le petit paysan a peine à joindre les deux bouts, et dans les années de mauvaise récolte ou de mévente, — il est presque toujours aux prises avec l’un ou l’autre de ces phénomènes, — son sort devient terrible. Son champ ne rend rien ou presque rien ; le fisc réclame pourtant son dû, qui est écrasant, surtout dans certains départements, et dans certaines communes, — et l’hypothèque mange ce qui subsiste des maigres revenus. Il n’y a donc pas lieu de s'étonner que les ruraux de France, qui constituaient près des 70 0/0 de l’ensemble à la veille de la guerre, ne dépassent guère plus de 60 0/0 ; à aucune époque, la diminution de leur effectif n’a été - aussi notable. Il n’est pas surprenant non plus, que les ruraux, depuis quelques années, se plaignent de plus en plus haut, qu’ils tâchent d’exercer sur la po- litique une influence très marquée, et que les partis essaient, par des moyens variés, de les attirer à eux.
À cause des divers événements économiques que nous venons de résumer, la classe ouvrière s’est considérablement développée, dans le dernier quart de siècle. Jusqu'à la fin du second Empire, le prolétariat se recrutait exclusivement dans l’industrie : il s’est formé un prolétariat du commerce, et un prolétariat agricole ; il y a même ce qu'on pourrait appeler un prolétariat des professions libérales, qui s'est
27. d GA UML (OM DS VU RU ra * Dan: M2 SUR F LE Ar ARE tn à D ANAL "TA CP La « Rs
dressé dans la plupart des États civilisés, mais qui a pris, chez nous, une importance particulière. Ainsi la concentration industrielle, la ruine du petit commerce, la crise prolongée de l’agriculture, d’autres
raisons secondaires, ont contribué à préparer un parti de révolution, dont les éléments demeurent
encore mal joints, mais qui serait invincible à
l'heure oùilse ferait homogène et coordonné.
III. La politique des fractions dirigeantes, depuis 1871, se ramène à quatre traits généraux: elle se
caractérise par le développement du militarisme,
l'expansion coloniale, la multiplication des fonc-
tionnaires, la croissance démesurée de la dette et des.
budgets, dont les charges ont été rejetées naturelle-,
ment sur les couches inférieures.
Point n’est besoin de montrer la corrélation étroite
qui existe, qui éclate, pour ainsi dire, entre le régime capitaliste et l’extension de l’organisation militaire. L'armée de l'Etat moderne, — nous entendons de PE-«« tat, tel qu'il subsiste partout, depuis 1871, — sert à une double fin, défendre la frontière, sauvegarder le
statut social de l’oligarchie gouvernante contre les
émeutes de rues. La guerre s’est faite plus rare
depuis l’écroulement de l'Empire, et l'on doit reconnaître que la troisième République s’est toujours efforcée de prévenir une conflagration, où elle serait engagée. Sans doute, dans cette prudence, entre le souci d'intérêts de classe que nous ne voulons pas
rechercher, mais enfin, depuis trente ans, la France
jouit de la paix extérieure: il n’en reste pas moins, que la concurrence même des appétits capitalistes, des convoitises industrielles et commerciales, est,
destinée à déchaîner, un jour ou l'autre, quelque effroyable conflit — et c'est en prévision de ce
cyclone mondial, que toutes les grandes puissances,
she
4 on MU RU 1 PORT UES PE Ent LAN RUES CETTE RON M ET DE 2 Den ICE PES Sr RS AE
DE LA COMMUNE À LA CRISE (1874-1898) 219 ; ont mis sur pied tous leurs citoyens disponibles. Les forces militaires ont d’ailleurs, chez nous, comme en Allemagne, ou en Italie, et partout, un autre
rôle. sur lequel on n’épilogue pas, mais qui ressort 3 )
évident. Bataillons et escadrons demeurent la cein-
ture prétorienne de la bourgeoisie. La substitution du service obligatoire aux vieux systèmes n'a pas changé ce caractère, quoi qu’on dise, et quelques déclamations qu’on prodigue, parce que le soldatcitoyen n’est qu'un mythe, que le citoyen, en passant soldat perd sa qualité civique, et qu'il est dès lors enlacé dans le réseau infrangible de la réglementation militaire. Dans l’ordre des considérations sociales, l’armée a purement et simplement remplacé la garde nationale de Juillet: elle s'assigne la même tâche. Les lois de 1872 et de 1889, sous leur apparence démocratique voulue, n'ont fait que consacrer la mainmise de la bourgeoisie sur la classe la plus nombreuse, et qu'étayer sa domination sur un contrefort plus résistant.
La colonisation a été un autre phénomène typique des trente dernières années. Ici encore, le
“ Jecteur se trouve en présence d'une conséquence en
L'an
quelque sorte organique du capitalisme. L'expansion exotique s’est produite à la fois dans tous les pays
civilisés, dictée, entraînée, par les nécessités de la a
lutte commerciale, par les besoins les plus urgents de l’oligarchie industrielle et financière. Comme nos maîtres sont menacés de mort, le jour où ils ne s'en-
richiront plus, comme le problème des débouchés ss
est vital pour eux, ils se sont précipités, du moment où s’est retréci devant eux le marché européen, vers les terres lointaines. La conquête de la Tunisie, du Tonkin, de Madagascar, l'occupation de l'Afrique Occidentale ne sont pas des boutades d'hommes
RQ PL EN UE A AE NAN NE NT ET ie CNE NET APSENE ES s À , ANNE RL LE LE 7 R'HNSE ou } Û ?: En
rie
280 © HISTOIRE DU SOCIALISME FRANÇAIS ni
AT, PNES 4 d'État, ou de simples dérivatifs aux difficultés
internes : ; elles ressortent de l'évolution économique. même qui les a commandées impérieusement. La France a dû marcher, dans la même voie, que
l'Allemagne, l'Angleterre, la Russie, l’Union Améri- À |
Caine.
de mille que se comptent les émargements aux bud-.
gets de l'État, des départements et des communes. Au furet à mesure que se réduisait le rôle de Li sa petite bourgeoisie, que la crise s’épandait sur les …
campagnes, la classe maitresse, pour désarmer les catégories versées dans la réserve révolutionnaire,
pour lier aussi de nouveaux contingents à sa cause,
multipliait les emplois. À côté de sa garde militaire de 600.000 hommes, elle s’est ainsi constitué une garde civile de 700 à 800,000 familles. Elle a rendu ln du dixième de la population solidaire — puisque partiellement bénéficiaire — de sa domination.
Mais le système que nous venons d'analyser
coûte très cher, si on le prend dans son ensemble: Le militarisme élève ses dépenses à un milliard’; la colonisation porte son devis à 100 ou 450 millions
annuellement ; le fonctionnarisme impose des sacri=
fices qu'on ne saurait même chiffrer, tant ils se dis-
Enfin lefonctionnarisme a pris, sous la République, un extraordinaire essor. C'est par centaines
tribuent et s’éparpillent à l'infini dans tous les
comptes, et à travers les rubriques les plus diffé. rentes. Sous l'influence de ces divers phénomènes,
tous imputables au même principe, et de quelques.
#1 LE Æ, pet
autres encore, le budget officiel français a bondi, de
2.147 millions en 1865 à 3.025 en 1875, età 3. 500 à dans les dernières années ; le budget réel a A
dépassé 4.200 : depuis la guerre, l'augmentation
moyenne n’a pas été inférieure à 1.300 ou 4.500 mil. |
DE LA COMMUNE À LA CRISE (1874-1898) lions, et elle apparaît ainsi, relativement et absolument, comme la plus forte qu'on ait enregistrée au
cours du siècle. Le service de la dette touche à
4.250 millions, c'est-à-dire au double de la somme qu'il exigeait à la veille dû 4 septembre. Or, com-
ment se répartissent les charges publiques ? Il n’était
pas douteux que le régime républicain suivrait les mêmes errements que les régimes antérieurs, puisqu'ila maintenu la domination réelle à la classe bourgeoise. La contributions directes ont donc conservé letaux de croissance à peu près uniforme qui les caractérisait sous Louis-Philippe, et sous Napoléon [IT : les contributions indirectes, au contraire, ont exécuté, comme entre 1845 et 1865, des bonds souvent prodigieux ; de 4.231 millions en1865, elles progressaient jusqu’à 2.026 en 1898, attestant ainsi, par elles seules, les tendances sociales du mode de gouvernement issu du 4 septembre. La bourgeoisie, comme la noblesse et le clergé avant 1789, continue à sexonérer de l'impôt et à Le rejeter sur le peuple. Et voilà pourquoi elle se refuse obstinément à envi-
sager la moindre réforme fiscale.