‹ Histoire du socialisme franc̦aisChapitre 8 sur 53 · ARR · texte numérisé non relu

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38 = HisrorRé DU SOCIALISMÉ FRANÇAI époque, Aulard, quasi-collectivistes. Elle a trouvéson foyer dans lesclubs, dansles sections surtout, toujours … rôtes à mobiliser pour faire prévaloir les volontés de la plèbe. Moins embarrassée que l’autre de subtilités juridiques dictées par les docteurs, moins soucieuse de formules, plus tendue vers l’action pratique, elle : nt a visé, avec le passé monarchique, la richesse, la : puissance financière, tout ce qui blessait sa notion d'égalité. Elle a conquis à sa cause les lieutenants de É Robespierre, qui parlent sa langue et la flattenthumblement, poussé Robespierre au pouvoir par-dessus les Girondins, par-dessus les Dantonistes, puis fut frappée par ce chef mème qu'elle avait adulé. Avec celui-ci, en effet, commence la contre Révolution. Longtemps il a hésité entre la vraie démocratie qui lui suggéra ses fameuses maximes sur la propriété, et l'oligarchie bourgeoise qu'il finit par servir, et par laquelle il périt. La Constitution de 1793, le maximum, l'emprunt forcé, l'impôt progressif ont marqué le point culminant de la seconde Révolution ; mais la première ressaisit la victoire, lorsque, der-. rière Hébert, l’apôtre de l’Etre suprème atteignit les” matérialistes, les athées, les sectionnaires des Gravilliers et autres quartiers populeux, qui agitaient confusément les problèmes interdits. Après l'exécution des Hébertistes, la Convention entraînée sur la pente, consomma la ruine des idées radicales, au 9 Thermidor. L'heure des financiers, des royalistes dé. guisés, des jésuites de la République masquée avait. sonné. Le mouvement était définitivement enrayé. Gracchus lançant le lointain appel de 93 au milieu des folies du Directoire, troublera un instant sa quié- | tude — un instant seulement. Directoire, Consula 4 et Empire ne forment plus qu’une série logiquement déduite.Le sursaut plébéien a été escamoté, puis brisé.

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LA RÉVOLUTION DE 4789 ET PBABEUF | 39 . Les ruraux ont déjà joué leur large rôle dans cet écrasement de la Montagne Jacobine. Nantis de leurs conquêtes, ils ont marché contre la Révolution poursuivant sa carrière. Le girondinisme a trouvé en eux ses plus fermes soutiens. Il n’a été en réalité que le soulèvement de la province contre Paris, Sinspirant cinquante-six et soixante-dix-huit ans plus tôt, des haines féroces qui éclateront sans limites, sous Juin et au temps de la Commune. C’est pour la première fois, au moment de la grande lutte entre les Vergniaud, les Brissot cet les Montagnards, que retentit l’anathème sur la capitale, énorme masse aux pensées inquiétantes. Celui-ci la menace d’une subversion totale, tel un Brunswick de l’intérieur ; celui-là veut la réduire à l'influence mathématique qui lui revient dans la conduite de la France, moins d’un quatre-vingt troisième. Pourquoi? C'est que seul, sauf rares exceptions, Paris compte un embryon de prolétariat, auquel ne suffit pas le programme anodin de la Gironde, qui estime étriquée et égoïste la Révolution des campagnes, et qui Juge suspects la prudence etle modérantisme des gens de Caen, Bordeaux, et autres villes pourries d'esprit royaliste. Battue et dispersée au 31 mai et au 2 juin, la Gironde a trop de racines, trop d’alliances dans les départements, pour succomber définitivement. Elle subit une éclipse, non une destruction. Après le 9 thermidor, elle reviendra triom- à phante, sous une autre dénomination : elle consommera la revanche des ruraux.

V. La théorie de la parcelle a été la conception originale, dominante de la Révolution en matière économique. Cela ne veut point dire qu’elle ne l'ait, de très bonne heure désertée, pour consacrer un état de fait diamétralement opposé. Mais, comme l'a

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40 HISTOIRE DU SOCIALISME FRANÇAIS montré Michelet, si l'on prend 89à ses débuts, e son pur esprit, il voulait généraliser la propriété, pour généraliser du même coup la liberté, lune. étant à ses yeux le support de l’autre. Cette doc- … trine ne s’appliquait, il est vrai, qu'au relèvement “Hi de la classe paysanne, mais nous avons dit ailleurs; 7 que la classe ouvrière, et pour de multiples raisons, ne.

n'avait point eu la bonne fortune d'attirer une égale attention. Si restreint qu'il dût être, en son champ d'exercice, le système parcellaire eût néanmoins consacré une innovation énorme, s'il n’eût été réduit en son action par les conjonctures, — par les convoi- ÿ tises mêmes des nouveaux possédants, el par le déroulement des phénomènes économiques ultérieurs. a | SAT NÉS

Michelet, après avoir dévoilé ainsi la pensée pri. mordiale de la Révolution, remarque que cette der=. nière n'a pas abouti totalement, parce qu’elle n'a pas été assez profonde, et qu’elle a atténué son ca ractère social. 11 lui reproche de n’avoir pas coms plété sa négation de la propriété privilégiée par l'affirmation de la propriété non privilégiées et étendue à tous. Il reconnait enfin qu'après avoir changé la détention du sol de mains, elle la laissa monopole. Ainsi, celui de nos historiens qui a le plus aimé cette grande époque, qui l’a, pour ains dire, le plus vécue avec toutes les ardeurs de so

intelligence, avouait déjà qu’elle avait écourté sa | tâche, hésité devant les extrèmes. Le soulèvement des bourgeois et des ruraux na pas osé mettre ét i vigueur, dans son intégralité, le principe que d'ins tinct ou par réflexion, il avait placé à sa base: Quelque colossal qu'ait été le transfert des biens fonds de 1789 à 4793, il perd donc, à être examiné d'u peu près, une large part de sa signification sociale

LA RÉVOLUTION DE 4789 ET PABEUF a

La sanction illimitée du droit de propriété, sur le mode même du droitromain, la proscription farouche de la loi agraire : tels furent les arrêts effectifs de la Révolution devenue maîtresse d'elle-même. Elle a dû tolérer, selon le mot de Taine, l'anarchie spon- * tanée du début, faite de tant de spoliations ; mais les spoliateurs s’empressèrent de faire enregistrer leurs titres. Après la vente des biens nationalisés, la bourgeoisie, pour garantir ses spéculations, et asseoir son privilège économique, formula, de l’appropriation foncière, la définition la plus rigoureuse, et la moins équivoque. La démocratie paysanne, qui croyait ses biens à jamais consolidés entre ses mains, qui ne prévoyait ni les hypothèques, ni les expropriations, ni les reconcentrations futures des domaines féodaux entre les mains de maîtres nouveaux et tout aussi durs, acquiesça, applaudit. Déclarations des droits et constitutions affirmèrent donc le caractère absolu et éternel du dominium. La thèse évolutionniste des philosophes du siècle, tout comme la théorie parcellaire, étaient reléguées, abandonnées. Elles avaient assez servi, ayant triomphé quelques mois dans la Jacquerie, dans la confiscation des champs des ci-devant. Le 21 septembre 1792, et par une étrange coïncidence, le Jour même dela substitution de la République à la Monarchie : Danton proposait à la Convention de déclarer, « que toutes les propriétés individuelles, territoriales et industrielles, seraient à tout Jamais maintenues et placées sous la sauvegarde de la nation ». Ce fut le suicide, l'aveu de déchéance, la proclamation du caractère de classe qu’affectait la Révolution.

Ce.ne fut pas tout : la royauté n'avait point persécuté les critiques de la propriété quelle jugeait peu dangereux. La bourgeoisie au pouvoir les poursuivit

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