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PAYS SCHISTEUX

Les croupes des contrées schisteuses sont arrondies. Soit que les anciens bossellements du sol, auxquels ces croupes appartiennent, aient produit des intumescences plus douces et plus surbaissées; soit que la haute antiquité de ces soulèvements les ait exposés à un plus grand nombre d’accidents et de ravages; toujours est-il que la plupart des rides schisteuses ne présentent que des surfaces doucement bombées. Les couches des schistes y figurent ‘des voûtes et des contournements répétés. On découvre ces accidents dans les parois nues des vallées.

Car de nombreux et profonds ravins sillonnent les contrées schisteuses. Un fracassement universel, résultat des ébranlements multipliés auxquels ces masses ont été exposées depuis

DE LA NATURE DU SOL

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leur antique formation, a fendillé en tous sens les roches sehistoïdes. Celles-ci sont pour ainsi dire à l’état de débris dans le sein de la terre. Mais les crevasses principales ont ouvert la voie aux torrents; elles sont généralement abruptes et profondes. Leurs parois laissent apercevoir les accidents intérieurs des masses. Les parties déchirées y sont anguleuses; des pointes triangulaires indiquent à l’œil les fractures violentes des ardoises et des schistes siliceux.

Toutefois, sur le dos des croupes, l’aspect est fort différent. Aussitôt qu’on a gagné le plateau, on ne trouve plus qu’une haute plaine presque unie, monotone et dépouillée. Les schistes alumineux doivent fournir par leur désagrégation une pâte essentiellement argileuse. Cette couche désagrégée est peu épaisse, par suite de la nature cohérente des roches d’où elle provient; elle compose la seule terre végétale qui recouvre ces croupes. Mais sa constitution argileuse est peu propre au développement d’une végétation puissante. Elle retient au contraire les eaux pluviales à la surface, et transforme celle-ci en véritables fanges. Sur les parties plus inclinées et plus sèches croissent seulement de grandes associations de bruyères, et des groupes de fougères, d’un vert foncé.

Les croupes schisteuses, comme l’Ardenne, le Sauerland, le Hunsriick, les steppes de l’Ukraine, écartent pour ainsi dire les populations. On dirait qu’elles exercent sur l’homme une action répulsive. En effet, la culture y est ingrate et difficile; le soc ne rencontre, sous un mince humus, qu’une masse rocheuse, contre laquelle il va s’émousser. Les forêts sont rares ou composées d’arbres souffreteux et rabougris. Les pâturages n’ont pas de place pour se développer, dans les fentes étroites occupées par les cours d’eau. Ces pays manquent par conséquent de ressources.

Il y a plus encore : ils manquent de viabilité. Les plateaux sont entrecoupés par des sillons, si étroits et si profonds que la marche est interrompue par des obstacles très-difficiles à franchir. II n’est pas rare d’y rencontrer des cours d’eau, encaissés entre des parois abruptes, à 200 mètres au-dessous

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