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CHAPITRE III

exigeant un courant d’air. Mais les différents dépôts de combustibles fossiles n’occupent, dans le sol européen, que des étendues fort limitées (1).

l’humus.

Les anthracites et les houilles existent dans des terrains de sédiment fort anciens, et comme elles rappellent d’une manière frappante les formations tourbeuses du temps actuel, nous voyons ainsi à quelle antiquité géologique la végétation remonte sur le globe. 11 est vrai que l’élévation de la température, l’abondance des eaux météoriques qui en était la suite, et la dose plus considérable d’acide carbonique qui existait autrefois dans l’air, ont dû activer la végétation primitive. Les plantes pouvaient vivre plus exclusivement de l’atmosphère. Maintenant, elles sont plus dépendantes du sol.

A mesure qu’elles périssent sur pied, leurs débris introduisent du carbone dans la couche superficielle du terrain , et la transforment en terre végétale ou humus. Les engrais conduisent, par des moyens artificiels, à un but semblable. Le sol, en se pénétrant de restes organiques, devient plus fertile. Sa fécondité dépend ensuite des conditions hygrométriques de la surface, et de la nature propre du terrain.

Nous avons vu que les éléments des roches, à l’état de pureté, ne donnent guère naissance qu’à des steppes ou des déserts. Mais à mesure qu’ils se mélangent, la fertilité du sol augmente. Et si des détritus de roches cristallisées se mêlent aux érosions des sédiments, les silicates de la soude et de la potasse procurent bientôt une végétation plus vigoureuse et plus belle.

Or, ce sont les cours d’eau qui ont répandu pour l’ordinaire et confondu ces matériaux. Telle est la cause générale de la fertilité des vallées et des grands bassins. Sur le bord même

(1) Entre les tourbes et les houilles il faudrait encore compter les lignitei, connues aussi sous les noms de charbons bruns et de bois bitumineux.

DE LA NATURE DU SOL

des eaux, dans l’espace des inondations temporaires, se développent les prairies. Puis, sur ce sol riche, s’élèvent des forêts, qui gagnent vers les croupes des montagnes, et que l’homme défriche et incendie pour les remplacer par ses champs et ses jardins.

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