CHAPITRE IV
nisés n’est pas aussi ancienne; mais en la faisant remonter seulement à l’époque où la température de l’Océan s’était abaissée à 50 degrés centigrades, ce point de refroidissement nous reporterait encore à des milliers d’années du temps actuel.
En l’absence de données précises relatives au refroidissement, il serait chimérique de supputer les durées d’après le travail de la sédimentation : la rapidité suivant laquelle les dépôts s’accroissent est sujette à des variations trop nombreuses, et soumise à des influences trop inégales. La vie des êtres organisés, la durée de leur existence, le nombre des générations successives, ne sont pas susceptibles de nous fournir plus de lumières : ces mesures sont trop incertaines et trop difficiles à établir. Ou peut dire seulement que la période qui nous sépare de la première apparition des êtres vivants est immense, relativement à la période de l’histoire ou de la tradition.
Mais parce que cette période immense ne peut pas être exprimée numériquement ni en années si en siècles, il ne s’ensuit pas qu’elle ne soit point susceptible d’une chronologie. Si nous ne sommes pas encore capables d’étudier les dates absolues des événements qui se sont passés à la surface du globe, nous connaissons du moins l’ordre dans lequel ils se sont succédé. Cet ordre constitue une véritable chronologie relative. C’est ainsi que pendant longtemps nous n’avons connu des dynasties et des rois de l’ancienne Égypte, que l’ordre relatif de succession. Les progrès tout à fait récents accomplis dans l’interprétation des hiéroglyphes viennent seulement de nous apprendre les dates absolues des principaux règnes. Ces déterminations positives nous permettent de réformer l’échelle de perspective, suivant laquelle nous avions espacé les événements successifs; mais elles n’ont pas altéré le tableau général de l’histoire.