CLASSEMENT DES SOULÈVEMENTS
Il en sera de même en géologie. Si l’on ignore les dates absolues des différents plissements du globe, on est parvenu pourtant à établir l’ordre d’apparition des rides. Les accidents de l’écorce terrestre composent une suite d’événements qui nous servent de points de repère. Il existe donc trois séries que l’on pourrait mettre en regard : celle des couches superposées des sédiments, celle des plissements qui les ont affectées par intervalles, enfin celle du développement des diverses formes organisées. Dans l’étude pratique de la géologie sur le terrain, ces trois séries parallèles se prêtent un mutuel concours.
Les plissements de la croûte terrestre marquent des points ou des instants déterminés, dans la durée. Ces révolutions sont séparées entre elles par des périodes plus ou moins étendues, pendant lesquelles les sédiments se déposent. Les périodes partielles sont ainsi limitées et rigoureusement définies par les instants des soulèvements.
Or la disposition même des couches, et plus particulièrement la discordance de stratification, nous permettent, comme on l’a vu (I), de placer l’émersion de toute ride donnée entre les couches antérieures et postérieures dans la sédimentation. C’est-à-dire que l’observation du sol neptunien et stratifié nous procure les moyens de classer les soulèvements, et de les intercaler par ordre chronologique, et chacun en son lieu, dans la série entière des dépôts.