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TEMPÉRATURE DU NOYAU

Immédiatement au-dessous de la croûte, et en contact avec elle, le noyau liquide offre évidemment la température du point de congélation. C’est ainsi que l’eau douce est à 0 degré, au contact de la glace prenante. Admettons que l’écorce du globe terrestre soit la roche granitique. Les physiciens trouvent, par leurs expériences, le point de fusion de cette roche vers 1300 degrés centigrades, c’est-à-dire à la chaleur blanche de nos fourneaux. Telle serait, dans ce cas, la température, à la surface de contact de l’écorce et du noyau.

Or, d’après une remarque de Poisson, une certaine égalité de température doit régner dans toute la masse du noyau, en vertu de la mobilité des particules liquides. En effet, le rayonnement et, par suite, le refroidissement s’opèrent par la surface. Mais on sait que, dans tout fluide, les particules refroidies gagnent en pesanteur spécifique; par cet excès de pesanteur, elles se précipitent donc vers le centre. En même temps, les particules chaudes, relativement plus légères, remontent vers la surface, pour venir s’y refroidir à leur tour.

Une masse liquide qui perd sa chaleur du dedans au dehors est donc incessamment brassée, dans le sens vertical, par le déplacement des particules qui la composent. L’inégalité des températures ne peut jamais y devenir bien considérable. L’expérience vérifie ce fait dans nos cabinets. Par exemple, quand Petit et Dulong ont étudié les lois du refroidissement sur les boules de différents thermomètres, ils ont reconnu que dans les thermomètres à mercure, dont les récipients étaient, par conséquent remplis d’un corps liquide, on pouvait regarder la température de ce liquide comme uniforme dans toute sa masse, à chaque instant donné.

Ainsi la température de 1300 degrés, dont nous parlions tout à l’heure, serait, à peu de chose près, celle du noyau tout entier, jusqu’au centre de la terre. Remarquons, de plus, que cette haute température se conserve depuis le moment où la solidification de la croûte a commencé, et qu’elle se conserverait encore jusqu’à l’instant où le noyau tout entier serait congelé. Dans l’intervalle, le rayonnement de chaleur a pour effet, non pas d’abaisser la température du liquide restant, mais de faire passer incessamment à l’état solide une nouvelle partie de ce liquide.

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