‹ Histoire du sol de l'EuropeChapitre 129 sur 349 · PÉRIODE QUATERNAIRE · texte numérisé non relu

PÉRIODE QUATERNAIRE

Cette dernière mer allait bientôt se resserrer de toutes paris. Les marges de l’Atlas et de la Sierra Nevada de Grenade allaient tendre l’une vers l’autre, en conservant seulement l’étroit canal placé entre l’Andalousie et l’Afrique. Ce grand événement, qui se rattache à l’apparition des quatre ou cinq

arêtes transversales d’Espagne, appartient au système de soulèvement des Alpes pri?tcipaks ou Grandes Alpes. Jamais l’Europe n’avait ressenti encore une commotion si puissante ni si étendue. Ce ne furent pas seulement des rides gigantesques qui se dressèrent sur un grand nombre de points ; l’entraînement de vastes lambeaux, à des distances considérables du point de poussée, modifia les rivages et compléta le continent.

Ainsi, d’une part, les Grandes Alpes prennent leur relief à travers le Tyrol et sur les frontières de la Suisse et de la Lombardie. La ride vient croiser les Alpes occidentales au point occupé par le Mont-Blanc, et fait de cette sommité nodale le moderne colosse de l’Europe. Les chaînes transversales de l’Espagne se montrent comme des plis parallèles. L’arête qui longe la côte septentrionale de fa Sicile parait en même temps. En Orient surgit la chaîne de Fagaras, qui sépare la Valachie delà Transylvanie; et leBalkan, qu'un seuil sous-marin trèssensible rattache, à travers la mer Noire, à l’arête saillante de Crimée, reçut sans doute sa dernière direction.

D’autre part, les pans eux-mêmes de l’écorce s’inclinent comme de gigantesques ados, des deux côtés des masses soulevées. Au pied méridional des Grandes Alpes, la plaine lombardo-vénitienne se débarrasse de ses eaux et raccourcit d’autant l’Adriatique. Au pied septentrional, un mouvement analogue surexhausse la Lorraine, l’Àrdenne, la Belgique et rouvre la Manche en y déchirant les terrains. Les côtes de la Baltique reculent en même temps vers le Nord. Il n’y a peut-être aucun point de l’Europe qui n’ait ressenti le contre-coup de cette révolution. Mais les effets vont généralement en s’affaiblissant, à mesure qu’on s’éloigne des axes de faîte.

Il restait .encore au milieu de l’Europe, sur divers points, des nappes d’eau d’une certaine étendue. L’inclinaison du sol a fait écouler ces masses vers les mers. Elles ont dû laver, avant d’atteindre leur nouvelle demeure, l’espace maintenant élajrgi du continent. Aussi ont-elles laissé, dans un grand nombre de lieux, des traces imposantes de leur passage. Il s’agit ici d’un

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