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PÉRIODE MODERNE

fouant à la période moderne, elle ne comprend plus que des actions parfaitement semblables à celles qui se passent encore

sous nos yeux. Les mêmes agents produisaient des phénomènes pareils, par les mêmes modes. Des eaux, chargées de particules étrangères, donnent naissance à des concrétions ou des tufs; les mouvements des flots et des vents produisent des dunes, des levées, des alluvions, des dépôts; les matières solides elles-mêmes fournissent des éboulis et des terrains mouvants. Les glaciers augmentent chaque année leurs moraines. La végétation naturelle et surtout la culture modifient et développent la couche superficielle du terrain. Les êtres organisés ont quelquefois une part sensible dans la formation des masses nouvelles : pour le règne végétal, dans l’accroissement régulier des tourbes; pour le règne animal, dans le développement des bancs madréporiques; pour l’homme, dans l’édification des travaux publics.

Mais combien l’importance de ces modifications est restreinte, au prix des révolutions qui ont fait sortir le relief du sein des mers! Ce qui caractérise l’époque moderne ce n’est plus la création, c’est la stabilité; ce n’est plus le mouvement, mais le repos. Les phénomènes ne se poursuivent jusqu’à nous que sous des formes remarquablement affaiblies. Aux ridements gigantesques de la surface ont succédé de simples tremblements de terre, qui trouvent à peine la puissance de déranger quelques lieues de rivages. Aux éjaculations grandioses de roches ignées , qui couronnaient autrefois les déchirures de la croûte, ont succédé les éruptions locales et restreintes des derniers volcans. Nous ne connaissons plus, en fait d’inondations, que les engorgements de quelques lacs de montagnes, ou les débordements périodiques des cours d’eau. La nature inorganique repose; mais les êtres organisés se répandent à la surface de la terre, et l’homme a commencé la conquête du globe.

Comme le soldat, c’est en marchant devant soi, les armes à la main, qu’il achèvera cette conquête, et que la planète entière deviendra son domaine. Il faut qu’il franchisse les montagnes, qu’il traverse les déserts, portant partout la pioche et la charrue. Mais qu’il prenne d’abord pleine et entière possession de l’Eu-

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