CHAPITRE PREMIER
Le eonlre-fort qui sépare l’Adige de la Brenta avait été, dans la première campagne d’Italie, le lieu d’une marche célèbre. L’Autriche venait d’envoyer une seconde armée, celle sous les ordres de Wurmser, au secours de Mantoue. Cette armée, descendue par les deux rives du lac de Garda, et repoussée par les Français, remontait vers le Tyrol par l’Adige. Mais après avoir fait occuper les passes du Brenner, Wurmser conçut le dessein de surprendre Bonaparte, en redescendant par la vallée de la Brenta. Tandis que l’armée française remontait l’Adige à sa suite, il franchit donc le col de contre-fort qui de Trente (Trient) va gagner les sources de la Brenta. Il existe là, dans le contre-fort élevé, une dépression profonde (I403m). Mais Bonaparte, joignant la promptitude à l’audace, sejetadans le même défilé, et tombant sur les derrières de Wurmser alors qu’il descendait tranquillement la Brenta, il le coupa complètement de sa ligne de retraite (bataille de Bassano , septembre 1796).
Le faîte des Alpes carniqucs proprement dites se développe au delàdela«Stradad’Allemagna, setséparelaCarinlhieduFrioul. La principale communication qui les traverse est la route de Villach à Trieste. Mais ici les passages commencent à s’abaisser notablement. Un peu au delà du col, le Terglou nous offre la dernière sommité plongée dans les neiges perpétuelles. Sur le faîte de la grande chaîne, ces neiges vont, au contraire, jusqu’au méridien qui passe par le coude de l’Enns ; elles disparaissent seulement aux approches devienne.
Entre les sillons parallèles de la Drave et de la Save, l’arête se poursuit à peu près dans le même alignement; mais elle s’abaisse sans cesse, perd son caractère alpin, et se revêt d’une végétation plus brillante. Le chemin de fer de Vienne à Trieste, la grande artère du midi dans l’empire autrichien, profite de cet abaissement, aussitôt qu’il est déclaré, et vient franchir le faîte près de Cilly, dans une altitude très-accessible.
Au delà de la Croatie la ride s’efface même de plus en plus, et n’offre, pour ainsi dire, que des campagnes montueuses, entrecoupées de cultures. C’est seulement à l’extrémité de la lan-
LES ALPES
gue de terre, près de la jonction de la Save au Danube, qu’elle reparaît une dernière fois, dans un petit massif plus prononcé, recouvert de chênes. Mais ses pentes ornées de champs cultivés et de vignobles, parsemées de riants villages et de bourgs, enlèvent à ce promontoire, nommé Phrouska-Gora, tout caractère alpestre ou même subalpin. Ce dernier îlot prolongateur domine immédiatement Belgrade ou Beograd, « la ville blanche, » où l’on atteint les grandes plaines tertiaires de la basse Hongrie, recouvertes par le limon diluvien, et moins élevées que les campagnes de la Gascogne ou de la Picardie.
Arête des Alpes subordonnées méridionales.
NOMS DES POINTS
LATITUDE
SEPTEN-
TRIONALE
LOSGlTGDE A l'est
DE PARIS
ALTITUDE
AUTORITÉ
1 Col de Stilfserjocli ou Slelvio
A Aitlrichiens.
qlOrtler ou Orllès. . .
A Autrichiens.
 | Zébrou
A Autrichiens.
3 Botzcn , jonction de l’Etsch cl de PAdige. .
Par interpolation. A Autrichiens.
i 4 La .Marmolatu. . . .
8 Entre Kadinkofel et Bol lina
4 Von Buch.
7 Col Grande
io
4 Zacb.
-J. Von Buch.
I ^jGrand-Nabois ....
| 0 (Cristalbcrg
« Enc. xix' siècle. [
9 Col de Saisniz. . . .
« Fullon.
, 10 Tcrglou
A A u trichions.
! 1 1 Col du Léobcl. . . .
■ (Eôrster).
1 12 Owir
4 Von Buch.
13 Loka
14 Warasdincr ou Karaj wancken-Gebirge . .
. « (Voiler).
la Oslovicza
16 Papôk