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CHAPITRE III

. Madrid à la Corogne, qui franchit d’abord l’arête d’Elstredo au Puerto Manzanal (1), descend ensuite dans le vallon encaissé du Sil, et passe enfin les Pyrénées au col de Piedrahita, pour se diriger vers Lugo.

Le nœud est aux sources du Sil, à la roche de Penaranda ; le relief y reste peu inférieur au point culminant de la section orientale, sur la frontière de France. Après le nœud, les deux arêtes d’Elstredo et des Pyrénées, qui se sont jointes sous un angle aigu, restent confondues. Une autre route importante les franchit bientôt, c’est la grande voie des Asturies, qui va de Léon à Oviédo. Les passages sont moins élevés dans cette section que dans la partie franco-espagnole. Les Asturies sont riches par leurs mines ; les Romains y exploitaient déjà le plomb, l’or et l’argent. Cette partie de l’arête formait le mons Vindins de Ptolémée.

Des Asturies orientales partent deux routes, qui vont atteindre, sur le reversées deux branches supérieures del’Èbre, et qui aboutissent toutes deux à Burgos. La première part de Saint-Vincent de la Barque (San-Vicente de la Barquera) ; c’est la moins élevée, mais en même temps la moins fréquentée. L’autre vient deSantander; elle passe un peu plus haut; mais elle relie un point plus important.

Un peu plus loin, la dépression commence. Deux routes qui côtoient l’arête à peu de distance du rivage, viennent l’une de Bilbao, l’autre de Bayonne, en sens opposé. A mi-chemin de ces deux villes elles se rencontrent; et tournant alors brusquement au midi, elles se confondent dans un chemin de passage qui se rend à Vittoria. L’arête est si peu prononcée dans cet espace, que le col n’a pas l’élévation de l’Ardenne.

Mais au delà de Pampelune, la seconde section de la chaîne commence bientôt à se dresser. Son faîte élevé se poursuit d’une seule masse jusqu’à la Méditerranée. Aussi ce faîte fut-il toujours tourné, dans les relations de la Péninsule avec les Gaules. Les marches se sont toujours exécutées en passent par

(1) Voyez plus haut la description de l’Arête d'Elstredo, p. 270.

Bayonne ou par Perpignan. Ces deux débouchés furent ceux des armées romaines, ceux des barbares Germains, ceux des Arabes, ceux de toutes les attaques modernes. Mais aussi le vainqueur éphémère qui poursuivait l’invasion en négligeant de les occuper, se trouvait enfermé. En 543, Childebert et Clotaire ayant fait le projet de dépouiller les Visigoths, descendirent en Espagne par la dépression de Vittoria, et tournant à gauche vinrent ravager le 'bassin de l’Èbre. Ils le parcoururent dans toute sa longueur à la tête des Franks. Mais au moment de rentrer en France par Perpignan, ils trouvèrent le général visigoth Teudiclès qui occupait le passage au bord de la mer, sur la pointe de l’éperon, et qui leur fermait la sortie de la Péninsule.

Si l’on ne profite pas des deux dépressions extrêmes qui limitent le massif franco-espagnol, on est exposé à se trouver arrêté par des obstacles majeurs; car les cols de celte section des Pyrénées sont d’une grande élévation, même par rapport à l’altitude moyenne du faîte. Déjà en partant de Pampelune, si l’on veut se rendre en droite ligne en France, l'arête offre des difficultés. C’est dans l’un de ces passages, celui qui descend à Saint- Jean Pied-de-Port, qu’eut lieu le fait d'armes de Roland en 778.

Un massif qui n’est encore que secondaire suit la passe de Roncevaux; puis vient la grande route centrale des Pyrénées franco-espagnoles, le port de Camfranc. 11 mène de Saragosse à Oléron, et par là dans le bassin de l’Aquitaine. Mais malgré sa situation, malgré l’intérêt qui s'attache à l’existence d!une grande communication par Saragosse, cette route est peu digne des deux grands peuples qu’elle devrait lier. C’est, à la vérité, une route charretière, et presque la seule qui franchisse cette section de la chaîne entre Pampelune et Perpignan. Mais elle est irrégulière et très-difficile : il faut la tracer à nouveau, et la doter de travaux d’art.

Après le port de Camfranc commencent les hautes saillies granitiques : celle du Vignemale est la première. Au pied sud-est du Vignemale traverse la passe de Gavarnie, qui descend à l’une des branches supérieures du Gave (c’est-à-dire

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