ROCHE ENDOGÈNE OU IGNÉE
En dehors de ce qui tombe immédiatement sous nos sens, les indices qui nous restent ne sont pas pourtant dénués d'une certaine valeur. Nous avons assimilé, par exemple, l’écorce du globe à la roche granitique. Lorsqu’on envisage l’extrême variété des minéraux et des roches que l’on voit rangés dans nos musées, on se demande de quel droit nous avons regardé telle roche particulière comme le représentant de la matière du noyau. Mais nous verrons plus loin (1) que la plupart des minéraux n’existent guère, dans le sol, qu’à l’état d’exception ; qu’en outre les grandes masses elles-mêmes qui constituent les principaux terrains, sont moins variées qu’on ne l’imagine, dans leur composition élémentaire. Presque toutes se rattachent, d’une manière plus ou moins directe, à la roche granitique ou aux produits de sa décomposition. D’ailleurs les matières granitoïdes se montrent dans toutes les régions de la terre; et nous voyons, par les produits des éruptions volcaniques, qu’elles doivent être largement répandues dans la constitution des bancs souterrains qui composent l’écorce du globe.
Toutefois, pour ne rien préjuger sur la nature particulière de la roche qui, dans l’état de fusion, a constitué le noyau de notre planète, nous désignerons cette matière sous le nom générique de roche endogène ou de roche ignée.
Lé mot roche n’exprime pas ici la dureté ou la cohésion de la substance, mais seulement l’importance*de la masse que celle matière compose, dans la constitution du globe. Cette roche peut être liquide, solide, désagrégée. Par l’épithète
(I) Chap. III de la première partie.
d'ignée on rappelle son origine incandescente. Par celle d'endogène on l’envisage comme un produit intérieur de la terre.