CHAPITRE PREMIER
CAZ INTÉRIEURS.
Indépendamment des mouvements qui sont produits par les réactions mutuelles des masses solides de la croûte, il faut en attribuer quelques-uns au dégagement des gaz. C’est un fait d’expérience que beaucoup de corps suréchauffés absorbent ou contiennent des gaz, qu’ils laissent échapper ensuite pendant qu’ils se refroidissent. Ainsi Gay-Lussac a observé que l’argent fondu laisse dégager, en se refroidissant, un grand nombre de petites bulles, qui crèvent à la surface du bain, et qui ne sont autre chose que de l’oxygène pur, absorbé par le métal à une haute température. Les innombrables cellules des laves poreuses ne sont aussi que les réceptacles de substances aériformes, dégagées pendant le refroidissement, et retenues dans la masse d’où elles sortaient, par la viscosité du liquide. Les bouches volcaniques, qui servent pour ainsi dire de cheminées de communication entre le noyau incandescent et l’atmosphère, rejettent d’ailleurs beaucoup de gaz. On ne peut donc douter qu’il ne se dégage des fluides aériformes de la base de l’écorce terrestre, de la région où les roches se refroidissent, et passent de l’état liquide à l’état pâteux et enfin à l’état solide.
Or ces gaz, pour s’élever en vertu de leur légèreté spécifique, sont forcés de traverser les couches supérieures de la croûte. Leur pression est d’abord accrue par la charge que ces couches exercent, comme la pression d’une vapeur sous la charge d’une soupape. Puis, à l’instant où la limite est atteinte, l’obstacle cède.
Souvent le lluide aériforme se crée des issues, se répand par des fuites. Il profite des moindres fentes du terrain pour s’échapper, en vertu de son excès de pression. C’est ainsi que non loin de nous, de ce côté du Rhin, le gaz acide carbonique sort de diverses tissures. Au Laacher-See, il s’échappe au-dessous des eaux du lac, et s’élève en petits bouillons vers la surface. Ce dégagement délétère lue les petits animaux, ce qui a donné
lieu à ce dicton local, où l’effet est exagéré sans doute : « Il « n’y a pas d’oiseau qui puisse traverser au vol le lac Laach. »