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CHAPITRE VIII

fluence de l’élément civilisateur. Peut-être furent-elles souvent réduites en esclavage, à la suite de la conquête. On observe, en effet, que les Celtes avaient une caste sacrée, une caste militaire et des serfs. 11 a toujours existé, dans les contrées celtiques, une classe inférieure dénuée de droits civils.

Après ce grand mouvement d’extension, par le Danube, nous trouvons les Celtes en contact avec les peuples du bassin méditerranéen. Nous les voyons réagir longtemps, avec une vigueur marquée, contre ces voisins du Midi. Ainsi, lorsque Alexandre fait son expédition deThrace, les nations celtiques du bas Danube lui envoient une ambassade (— 536). Un peu plus tard (— 2"8), nous voyons d’innombrables essaims celtiques sortir des régions du Danube inférieur, sous le commandement d’un chef qui portait le nom éminemment gaulois de Brennus, et se précipiter sur la Grèce. Leurs principales colonnes franchissent l’Hellespont, et vont s’établir dans l’Asie Mineure, entre les fleuves Sangarius et Halys, où se fonde une nouvelle Galatie, peuplée de Gallo-Grecs.

Les tribus celtiques avaient fait plusieurs invasions dans l’illyrie. Les grandes Alpes, dit Polvbe, étaient habitées, dès les temps les plus anciens, par des tribus gauloises. Les Alpes des Grisons, le Tyrol et les vastes régions qui s’ouvrent ù l’est entre les branches divergentes des montagnes, étaient peuplés de Celtes. Une de leurs peuplades, lesNoriques des Alpes autrichiennes, était alliée de Rome, longtemps avant de devenir un peuple conquis.

Sous le nom de Boiiens, les Celtes occupaient la Hongrie, la Bohême, la Franconie, la Bavière; sous celui de Belges, laWestphalie, les Pays-Bas et le nord de la France; sous celui de Gaulois, ils couvraient le reste de ce grand pays. Ils s’étaient répandus et mêlés plus ou moins aux Ibériens, dans la péninsule hispanique. Enfin, sous le nom de Liguriens (Ligwyr, hommes de la côte), ils s’étaient emparés des rivages du golfe de Gênes, et poussaient incessamment leurs incursions en Italie, et dans les iles du bassin tyrrhénien.

MOUVEMENTS DE PEUPLES, *55

Les Celtes étaient en possession, comme on l’a vu, des passes du Brenner et de la route de la Corniche. Au rapport de Tîte- Live, ce serait cependant par le Mont-Genèvre ou le petitSaint- Bernard qu’ils auraient pénétré pour la première fois en Italie. Plus de sept siècles avant notre ère, ils étaient établis sur la rive septentrionale du Pô; et refoulant peu à peu la race étrurienne, ils finireut par s’étendre jusqu’à l’Apennin. Ils occupèrent donc, dans toute son étendue, le grand bassin lombardovénitien, qui prit le nom de Gaule Cisalpine. Les populations qui l’habitaient restèrent longtemps semi-agricoles, semi-pastorales. Quelques expéditions franchirent l’Apennin : telle fut celle qui vint mettre le siège devant le Capitole ( — 390). Toutefois l’élément celtique n’a pas dépassé d’une manière permanente l’arête apennine.

Les limites que nous venons de tracer marquent la plus grande extension de la race celtique. A partir de cette époque, elle devient inférieure vis-à-vis des races voisines, plus vigoureuses ou plus développées : elle est pressée au nord par l’élement plus neuf des Germains, et au midi par la civilisation latine. Le consul Cornélius Scipion lui porte les premiers coups. Il balaye le terrain au sud du Pô.dansla.Cisalpine. Les tribus celtiques, au nombre de cent douze, lui résistent avec énergie. Comme elles étaient, à cette époque, fixées au sol, il fallut les exterminer pour les réduire. Les Celtes combattirent en désespérés : il ne resta que les enfants et les vieillards, qui furent mêlés aux immigrants romains (—190).

Cette réaction fut le signal d’autres défaites. Bientôt l’élément romain déborda dans la Gaule. Enfin, au m* siècle de notre ère, le latin s’était substitué à la langue celtique, dans presque toute l’étendue de la France et de la Belgique.

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