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CHAPITRE VIII

religion et les coutumes de ses ancêtres. Un développement social et religieux qui porte un cachet tout septentrional, suivit ces premières immigrations de la race germaine en Scandinavie, et nous en verrons l’influence se reporter plus tard vers le tronc du continent.

Passés dans la plaine du nord, les Germains gagnèrent rapidement vers l’ouest, et se trouvèrent en contact avec les Celtes. Tantôt ils se superposèrent à ceux-ci, en formantdes peuplades mixtes. Le plus souvent, ils ne firent que se juxtaposer, en partageant avec les anciens habitants les vastes solitudes de l’Allemagne, et les forêts nouvellement incendiées. Les Celtes conservèrent longtemps le bassin du Danube, jusqu’aux limites de la Hongrie. Mais ils furent dépossédés en Thüringe, en Franconie et en Bohême. Le grand empire suève couvrait la plaine du nord, il y a deux mille ans. Les Marcomans, qui formaient l’un des membres de cet empire, s’étaient fixés dans la Franconie (bassin du Main), lorsque leur chef Maroboduus les conduisit à la conquête de la Bohême, dont il déposséda la race celtique.

Depuis cette époque, l’élément germain continua sans interruption à se rabattre vers le sud. Les Alpes retinrent quelque temps les Germains, du côté des races latines. Cependant les Cimbres et les Teutons, qui venaient des régions occidentales de la plaine du Nord, menacèrent la Cisalpine. Dans une première incursion, les Cimbres défirent les armées consulaires en Illyrie (—114). Mais leur voie d’opération restant derrière les montagnes, ils se portèrent dans la Gaule, par Genève, avec les Teutons, descendirent vers la Méditerranée, et poussèrent même jusqu’en Espagne. A leur retour, les Teutons se préparaient à pénétrer dans la Cisalpine par les passes du Mont- Viso, tandis que les Cimbres descendraient le Brenner et l’Adige. Mais Marius arrêta les premiers avant qu’ils eussent franchi l’arête, et les seconds à leur débouché (—100). Les Germains ne s’établirent donc pas au delà des Alpes, et, quelles que furent plus tard leurs conquêtes politiques, ils n’ont jamais été plus heureux.

MOUVEMENTS DE PEUPLES

Le Rhin leur avait servi quelque temps de limite, du côté de la Gaule. Cependant, avant même l’époque de César, leurs tribus franchissaient déjà celte barrière. Des communautés germaines policées avaient fondé des villes à la romaine, sur la rive gauche : de ce nombre étaient Cologne, Mayence, Spire et Strasbourg. Par ces têtesde pont, des immigrations nouvelles ne cessaient de se répandre dans la Gaule.

Ce fut devant la nation germaine des Franks, dont le nom signifie Libres, que les peuples de cette grande région durent insensiblement se soumettre. Les Franks habitaient primitivement la Saxe puis la Westphalie, et s’étaient étendus dans la Franconie, qui a conservé leur nom. Ils enveloppaient ainsi de tous côtés le massif schisteux du Rothargebirge, où les légions de Varus avaient laissé (i'r siècle) les dépouilles de leurs vaillants combattants. Ils s’avancèrent d’abord dans la Belgique, et pénétrèrent ensuite par le seuil de Picardie, dans le bassin du nord de la France (486). Leur puissance s’étendait au loin en Allemagne; elle allait jusqu’en Thüringe (528), où l’empire des Franks remplaça celui des Marcomans.

Cependant il ne s’agit ici que d’une conquête, et non pas d’une substitution de race ni de population. Les conquérants s’arrogèrent des droits politiques, dont ils tinrent exclus les habitants conquis. Il se forma donc une nouvelle aristocratie. Mais tous les historiens reconnaissent, avec Amédée Thierry, que la proportion du sang germain, mêlé au vieux sang celtique des habitants des Gaules, ne fut pas numériquement d’un vingtième (I). La France moderne ne fut donc pas renouvelée comme population, mais seulement modifiée dans ses institutions.

Parallèlement aux Franks, qui s’étaient substitués dans l’Ouest à la puissance des Marcomans, les Goths devinrent la nation dominante de l’Est. On avait vu l’empire raarcoman se propager le long du Danube, en descendant le fleuve, et ses armées se rencontrer avec celles de Marc-Aurèle , au-dessous

(O AmédU Thierry, Histoire des Gaulois, inlrod., p. 8.

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