‹ Histoire du sol de l'EuropeChapitre 327 sur 349 · NOUVEAU MOUVEMENT MONGOLIQUE · texte numérisé non relu

NOUVEAU MOUVEMENT MONGOLIQUE

Le mouvement germain avait repoussé l'Orient sur l’Occident, en l’y superposant en partie. Les Goths, en se portant dans l’Italie et dans la Gaule, cédaient à la pression qu’exerçaient sur eux des flots de peuples mongoliques. Depuis les extrémités de l’Asie, les nations se jetaient de proche en proche les unes sur les autres. Ce mouvement se propageait à travers les grands espaces vagues de laTartarie, et se rapprochait incessamment de l’Europe. Les régions de plaines, au nord de la Caspienne et de la mer Noire, lui ouvraient un libre accès.

C’était dans ces régions, qui forment un véritable prolongement naturel delà Tartarie, que l’on avait toujours connu des peuples nomades, qui ne cultivaient point, et qui par conséquent n’étaient pas attachés au sol. Les anciens les désignaient sous le nom générique de Scythes, qui s’appliquait à un mode d’existence particulier, plutôt qu’à une race ou à une nation définie. En effet, la vie pastorale est déterminée, dans les grandes prairies européo-asiatiques, par des conditions naturelles, qui la modèlent constamment sur le même type, à quelque race qu’appartiennent les habitants.

Dans ces immenses plaines herbeuses, les tribus de pasteurs mènent leurs innombrables troupeaux d’animaux domestiques, composés principalement de brebis et de chevaux. Mais ils ne peuvent se fixer au sol, car leurs troupeaux devraient infailliblement périr, lorsqu’ils auraient épuisé le pâturage. Il faut par conséquent se mouvoir, ce qui conduit à employer les chevaux comme monture, les bœufs comme attelages, et à placer tout le mobilier de la peuplade sur des chariots. Lorsqu’on s’arrête, il faut se créer des abris : à cet effet, des tentes sont dressées, et, pour fabriquer ces tentes, on emploie ce qu’on a sous la main, c’est-à-dire les peaux mêmes des animaux. On se nourrit de chair, on boit du lait, on extrait de celui-ci une liqueur fermentée.

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