MOUVEMENT NORMAN
A peine les Arabes abandonnaient-ils notre continent, qu’un autre peuple, qui joignait aussi l’esprit d’entreprise à un caractère expansif, arriva du septentrion, et déborda sur tous les rivages. Les Normans ou ® hommes du Nord » appartenaient à ces anciennes émigrations germaines qui avaient peuplé la Scandinavie. Nous avons déjà dit qu’elles y avaient pris un développement particulier, fortement empreint des traces du climat, et que ce développement avait réagi sur les populations gothiques. Odin et les Ases avaient inventé les caractères runiques, perfectionné la religion, et amené cette société du Nord à une certaine civilisation particulière.
Les Normans prirent une expansion essentiellement maritime. Ils montaient des barques à deux voiles et à rames, qui tenaient environ cent hommes, avec les provisions de biscuit, de bière, de fromage et de viande fumée. Dès le vur siècle, nous les voyons faire irruption dans les îles Britanniques, et bientôt après coloniser les Féroé, l’Islande, le Groenland, et pousser même jusqu’en Amérique (1).
Dans ce même temps, les côtes de France en étaient infestées. Les Normans remontaient les fleuves et mettaient les villes au pillage. Ils établissaient un grand nombre de petits États littoraux. Ils ne tardèrent pas à pénétrer dans la Méditerranée, conquirent la Sicile sur les Arabes et la Fouille sur les Grecs. Ils ravagèrent les sanctuaires de l’Italie, et gravèrent leurs caractères runiques jusque sur les flancs des fameux lions de Venise (2).
Mais au xn* siècle, ce débordement des hommes du Nord était arrêté. La race germanique, dominée désormais par le
(1) Al. de Huhboldt, Histoire de la géographie du nouveau continent , édit. in-8° ; tome II, p. 100-102.
(2) C’était les lions que Morosini avait enlevés au Pirée d’Athènes (Grimn, Deutsche Iiiinen, S. 209).
MOUVEMENTS DE PEUPLES
monde latin, ne conserve plus de caractère militant, si ce n’est toutefois du côté des Slaves, qui l’enveloppent à l’Orient.