ÉROSION
L’action des eaux courantes sur le lit qui les renferme les charge des diverses substances qu’elles tiennent en suspension ; mais elle a aussi pour conséquence de modifier à la longue les formes ou les accidents de la vallée. L’action des eaux sur les corps qui se rencontrent à leur passage dépend de leur vitesse, et la vitesse dépend à la fois de la pente du lit et du volume des eaux.
La pente du sol détermine l’écoulement, conformément aux lois du mouvement le long des plans inclinés. Mais il faut tenir compte du frottement qu’exercent le fond et les berges, c’est-àdire les différentes parois du chenal. La plupart des rivières forment des nappes d’eau très-larges, relativement à leur épaisseur. La Tamise à Londres a 400 mètres de large et 4 mètres seulement de profondeur. Il en est de même de presque tous les fleuves. Quand le niveau s’élève, sans toutefois que la veine déborde, l’étendue des surfaces qui frottent est à peine augmentée sur les parois latérales; elle n’est pas changée sur le fond. La résistance ne croît donc pas aussi rapidement que la masse. Il en résulte que la crue est accompagnée d’une augmentation de vitesse.
Ainsi deux circonstances favorisent la puissance érosive des