‹ Histoire du sol de l'EuropeChapitre 6 sur 349 · U CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

U CHAPITRE PREMIER

par les astronomes, nous apprennent qu’il existe, dans l’espace, des sphères plus volumineuses encore.

Le rayon moyen de la terre est d’environ 6,370 kilomètres. Nous disons rayon moyen, parce que, en effet, ce rayon va en diminuant un peu de l’équateur au pôle. Le sphéroïde est donc légèrement aplati sous ses pôles; et la mécanique montre encore que c’est là une conséquence de la force centrifuge engendrée par le mouvement de rotation. Dans l’expérience de Plateau, quand on perce la goutte d’huile par une aiguille, et qu’à l’aide de petites palettes attachées à l’aiguille on imprime au globule un mouvement de rotation, on voit aussi la sphère se déprimer sous ses pôles, et se renfler en même temps sous son équateur. Cette déformation va en augmentant, à mesure que le mouvement communiqué au globule devient plus rapide.

La terre nous offre donc précisément la figure qu’elle a dû prendre, sous l’influence et l’action mutuelle de ses molécules constituantes et de sa vitesse de rotation. Ce n’est pas seulement la mer qui nous présente cette rondeur; la masse générale y participe. Malgré les inégalités des parties solides de la surface, malgré les saillies des montagnes, la portion continentale du globe s’écarte fort peu du sphéroïde général. Suivant une comparaison de Biot souvent répétée, les aspérités de notre globe sont moins sensibles que celles de la peau d’une orange.

Page 1