SÉRIE DES ROCHES ENDOGÈNES
La roche endogène se divise en trois classes principales, que nous nommerons immédiatement : les roches granitoïdes, qui se rapportent aux granités; les roches porphyroïdes, dont les porphyres sont le type, et les roches vulcaniennes, qui doivent plus particulièrement leur apparition au procédé volcanique, comme les laves. Mais pour prendre une idée de l’influence géographique de ces roches, c’est moins dans le cabinet qu’il faut les voir que sur le terrain. La Bretagne et l’Auvergne sont des pays granitiques ; le Morvan, une partie du Màconnais sont porphyriques; les environs de Coblentz et deGiessen sont entrecoupés d’éjaculations vulcaniennes.
Les roches ignées étant un mélange de silicates, avec ou sans excès d’acide silicique, leurs caractères varient suivant l’intimité du mélange et suivant la nature des bases. D’après l’intimité, les différents silicates forment des cristaux plus ou moins distincts et reconnaissables, ou bien la matière est tellement brassée, que les éléments y sont presque confondus. Au point de vue de la nature des bases, c’est tantôt la potasse, tantôt la magnésie, tantôt enfin la soude ou la chaux, qui tiennent la place la plus importante, toutefois après l’alumine qui occupe presque invariablement le premier rang. Ainsi la série des roches ignées nous offre d’abord des substances hétérogènes, qui sont le résultat de l’association de plusieurs espèces minérales, suivant des règles assez constantes; puis on finit par arriver à des masses homogènes. Elle nous présente en même temps la substitution progressive de tel alcali, la potasse par exemple, par un autre alcali, la soude. Nous devons bien nous pénétrer de ces aperçus généraux, qui seront pour notre objet même un véritable fil conducteur. .