‹ Histoire du suffrage universelChapitre 3 sur 11 · I.ù confiance du i^ouvernemenl , son inaction · texte numérisé non relu

I.ù confiance du i^ouvernemenl , son inaction

en présence des banquets ne durèrent point longtemps, et le 2 décembre 1847, à l’ouverture de la session , le discours du Troue titallusion à la campagne des banquets qui fut traitée « d’agitation que fomentent les passions ennemies

nu aveugles. »

Une occasion allait du reste se présenter et permettre au gouveiiiement de joindre les actes aux ])aroles, la répression aux menaces. Il n’eiit garde de la laisser échapper. Un banquet réfoi*iniste avait été organisé à. Paris par des électeurs du 12® arrondissement et devait avoir lieu le

1 V) janvier. Un avis du préfet de police interdii le banquet et déclara que l'autorité s’opposerait formellement à cette manifestation. Un même temps, le ministre de l’Intérieur, M. Duchâtel. annonçait à la Chambre des Pairs que le gouvernement était désormais décidé à interdire

les banquets.

(Jn discutait alors l’Adresse à la Chambre des députés^ et les plus vifs débats étaient engagés au sujet de la phrase du discours de la couronne dirigée contre les lianquets. MM. Odilon Barrot, Duvergier de Hauranne, L. de Malleville, etc., soutinrent la parfaite légalité des banquets ; M. Duchâtel, ministre de l’Intérieur, assimila les banquets aux réunions publiques, et déclara que

LE ÎVrOUVEMENT REFORMISTE

le' gouvernement, résolu à les interdire, ne céderait pas devant les manifestations, quelles qu’elles fussent. « Le gouvernement n’hésite pas à dire qu’il ne cédera pas, » tel fut l’ultimatum du ministre de l’Intérieur.

L’opposition fut battue à la Chambre, et l’Adresse votée à une forte majorité. Mais cette nouvelle victoire devait être fatale au gouvernement qui, dans le cours de la discussion , se refusa encore à prendre, coreme le lui conseillaient des députés conservateurs euxmêmes, c< l’initiative des réformes sages et modérées que réclame l’opinion publique. »

La commission du 12® arrondissement qui avait remis le banquet au 22 février afin de permettre aux députés, retenus à la Chambre par les débats de l’Adresse, d’y assister, décida qu’elle ne reculerait pas devant les menaces du ministère.

Mais les députés de l’opposition, qui aA^aient d’abord promis leur concours, redoutant les conséquences d’une collision entre la force armée et le peuple, décidèrent, après de nombreuses hésitations et au dernier moment, de ne pas se rendre au banquet et de déposer sur le bureau de la Chambre une demande de mise en accusation contre le ministère.

Cet acte d’accusation, signé par cinquante-troiti

députés, fut eu effet déposé flans la séance du 22 février sur le bureau du président de l’Assemblée, qui leva aussitôt la séance, sans mêinD annoncer ce dépôt.

Parmi les principaux griefs articulés contre le Ministère dans cette pièce figuraient les suivants relatifs au régime électoral :

Nous proposons de mettre le Ministère en accusation comme coup>il)!e ; D’avoir, par corruption systématique, tenté de substituer à la libre expression de l'opinion publique les calculs de l’intérêt privé et de pervertir ainsi le gouvernement représentatif;

D’avoir trafiqué, dans un intérêt ministériel, des fonctions publiques ainsi que de tous les attributs et privilèges du pouvoir, etc., etc.

Cet acte d’accusation, la marche des événements le rendit inutile, car deux jours après sa présentation, non-seulement le ministère, mais encore la royauté elle-même^ étaient renv^ersés.

M. Marrast, président de la commission dit banquet, avait décidé au dernier moment que le banquet n'aurait point lien ; mais, malgré ce contre-ordre, des groupes nombreux se dirigèrent, le 22 février, dès le matin, vers la Madeleine et les Champs-Elysées, où se trouvait remplace ment choisi pour le banquet .

LE MOUVEMENT REFORMISTE

TJ

Le 22 dans rapres-niidi, les rasseinblemeuLs grossissent à chaque instant et sont difficilement contenus, refoulés ou dispersés par la troupe. Des cris de Vive la reforme! A bas les Ministres ! partent des groupes; des barricades s’élèvent et la révolution commence.

Le 23, la garde natinnale prête son appui à l’insurrectiofi et parcourt les rues de Paris aux cris de : Vive la réforme! Le roi Louis-Philippe lui-même est accueilli parce cri, devenu le mot d’ordre de la Révolution, que pou-se, en le voyant, le poste de la garde nationale placé en faction aux Tuileries. Sur les instances de plusieurs de ses conseillers, le i*oi, découragé, se décide à changer son ministéi*e; mais il est trop tard, des collisions entre le peuple et la troupe ont amené un commencement de lutte, puis bientôt une prise d’armes presque générale.

Le 24, des barricades s’élèvent de toutes 2 )arts dans Paris, la troupe fraternise, avec le peuploj la Chambre des députés est envahie et un gouvernement provisoire nommé par acclamation prend la place du roi, réduit à s’er.fuir à l’étranger.

Ainsi, pour n’avoir pas su prendre à temj^s.

comme le lui conseillait ISÎ. Duvergier de Hautanne, l’initiative de « réformes modérées », la

royauté avait misérablement péri, et avec sa chute coïncidaient ravénement des a réformes ra' dicales, » l’établissement du suffrage universel dont M. Guizot avait dédaigneusement déclaré, il y avait à peine un an, que le jour ne vienclrai/ JAMAIS.

ET

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