‹ Histoire du synode général de l'Église réformée de FranceChapitre 11 sur 70 · VINGT-TROISIÈME SÉANCE · texte numérisé non relu

VINGT-TROISIÈME SÉANCE

MERCREDI à JUILLET.

La séance est ouverte à une heure et demie. Prière de M. le pasteur Crès.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

M. le pasteur (froTz demande l'insertion de deux rectifications au rapport qu'il a présenté au nom de la commission des vœux. Il est inexact que le Consistoire de Vallon (17° circonscription) ait voté pour l'établissement de la confession de foi; il s’est prononcé contre. Il en est de même des Consistoires de Saint-Etienne et de Vernoux.

M. pe MaricHarD demande qu'il soit constaté au procès-verbal que le Consistoire de Bédarieux a des premiers, dans un but de paix et d'union des Eglises, exprimé le vœu que le Synode général ne formulât pas une confession de foi dont le caractère fût obligatoire.

M. Perxessin regrette que le rapport en question ne fasse pas mention des vœux du Consistoire de Marseille. Cette omission sera réparée.

M. VERNgS D’ARLANDES, président de la commission administrative, informe le Synode que les dis-

positions financières, présentées au ministre par la commission, ont été adoptées, et il demande que le Synode se constitue après la séance en comité secret pour entendre le développement de cette communication.

M. le modérateur donne lecture d'une dépêche de M. Lantaret, modérateur des Eglises vaudoises du - Piémont, accréditant auprès du Synode M. le pasteur Prochet.

Sur l'invitation de M. le modérateur, M. ProcHET monte à la tribune. Si l'Eglise vaudoise, dit l’orateur, arrive bien après les Eglises d'Europe et d'Amérique, pour adresser au Synode. ses salutations fraternelles, c’est qu'elle est une des plus

humbles entre les Eglises protestantes, et qu'elle se tient à son rang. Mais si, faisant abstraction de son importance, on mesure le rang qu’elle doit occuper auprès du Synode, d’après ses affections et ses sympathies, elle occupera alors une place plus près du cœur. Cette Eglise vaudoise a été autrefois à vos côtés avant toutes les autres; ses liens avec les Eglises de France sont trois fois séculaires. Je viens de traverser ces Alpes, autrefois traversées dans des circonstances douloureuses par nos pères et par vos pères, qui se sont mutuellement soutenus dans des persécutions communes. L'homme qui envoyait ses dragons dévaster les Cévennes était le même homme qui fit lier de cordes les cent derniers Vaudois.

Et cependant, Dieu fut avec vous et avec nous; nous ne sommes pas morts, vous êtes encore vivants. Malgré les persécutions, vous n'avez pas

cessé d’être de bons citoyens; nous aussi, nous avons persisté de l’autre côté des Alpes à être de bons citoyens. Il n’y a pas de montagnes entre des cœurs chrétiens; la pratique de la foi chrétienne est partout la même. Nous avons eu à lutter contre l’incrédulité et la superstition, et pour ces combats nous avions la même arme (désignant la Bible ouverte sur la chaire), celle que je vois sur cette chaire; et, avec cette arme, nous nous sommes vengés en chrétiens. On a porté le fer et le feu chez nous; nous avons combattu avec l'épée à deux tranchants, avec le feu du Saint-Esprit. Nous n'avons pas porté la mort parmi nos ennemis; comme vous, nous y avons porté la vie. Nous l'avons portée ensemble aux âmes qui sont dans la mort. (7rèsbien!)

Unis dans les souffrances, nous le sommes encore dans la paix et la prospérité, et nous vous demandons, comme signe et marque de cette union fraternelle, d'envoyer des délégués au Synode de nos Eglises qui se réunira en septembre. (Applaudissements.)

M. LE MODÉRATEUR, au nom du Synode, remercie l'orateur des paroles qu'il vient de faire entendre. Si petite par le nombre que soit l'Eglise qu'il représente, cette Eglise a la grandeur que donnent les épreuves subies, le témoignage rendu à la vérité, le mystère d’une antique origine, car la science historique n'a pu déterminer encore dans quel temps reculé ont apparu pour la première fois ces premiers témoins de la vérité, fondateurs des Eglises vaudoises. Un nouvel avenir s'ouvre devant ces

Eglises avec la régénération de l'Italie ouvrant ses portes à l'Evangile. La devise vaudoise « Zuæ lucel in tenebris » se réalise d'une manière plus éclatante que jamais. Le Synode général des Eglises réformées de France exprime aux Eglises vaudoises sa cordiale et affectueuse sympathie, qu'il résume dans un vœu fraternel, à savoir que, dans le nouvel avenir qui les attend, les Eglises vaudoises soient dignes de leur passé. (Applaudissements.)

M. le pasteur CamBErorr dépose la proposition suivante, en demandant qu’elle soit mise à l'ordre du jour de demain :

« Nul ne pourra être consacré au saint ministère et exercer les fonctions.de pasteur au sein de l'Eglise réformée de France, sans avoir adhéré formellement et par écrit à la déclaration de foi votée par le Synode dans sa séance du 20 juin 1872. (Sensation.)

« Les situations acquises seront respectées, mais les pasteurs actuellement en exercice seront invités, . au nom de la vérité et de la charité, à s'abstenir de toute attaque publique contre les principes de foi proclamés par le Synode.

« E. Cambefort. »

M. Mazzer propose le renvoi à la commission d'organisation ecclésiastique.

M. Dine demande la discussion immédiate.

M. Coran appuie le renvoi, et prie la commission de déposer son projet le plus tôt possible.

M. ze mopéraTeuR et M. JALABERT insistent pour que l’on suive l’ordre du jour. Cette question viendra en son lieu.

M. Er. Coquerez demande qu’elle soit traitée et tranchée à bref délai. Cette question très-grave est posée très-nettement par la proposition Cambefort. Il s’agit de savoir si l'Eglise sera ou ne sera pas déchirée en deux. Le Synode doit à l'Eglise et à lui-même de trancher cette question le plus tôt possible. (Très-bien! à gauche.)

M. Pernessin appuie cette opinion, et, sur la proposition de M. le modérateur, l'assemblée décide que cette question sera mise à l’ordre du jour du surlendemain vendredi 5 courant.

M. LauRExs, rapporteur de la commission, a la parole sur l’article 4 du titre du Synode particulier. La commission, revenant sur sa décision première, fixe à un an au lieu de trois ans la durée des pouvoirs des membres du Synode particulier. Cette modification est particulièrement fondée sur l’inconvénient qu'il y a à laisser dans l’expectative, pendant trois ans, une partie des pasteurs et des laïques parmi lesquels se recrutera le Synode particulier.

Cette nomination étant faite par le Conseil presbytéral, la plus grande fréquence des élections n'aura ni l’inconvénient d’agiter les Eglises, ni celui d’exiger des déplacements incommodes, comme c’eût été le cas si la nomination des membres du Synode particulier eût été dévolue, soit au suffrage universel, soit au Consistoire.

M. CoLanr propose comme amendement le texte même de l’article primitif de la commission ainsi CONÇU :

« Les membres du Synode particulier sont nommés pour trois ans. »

Dans l'esprit des auteurs du projet, le Synode particulier sera un tribunal doctrinal; on saura d'avance les cas de cette nature qu'il aura à juger, et la fréquence des élections aurait ce grave inconvénient que les juges seraient élus en vue des cas sur lesquels ils auraient à se prononcer. Ce serait constituer pour eux un énorme privilége.

L'amendement mis aux voix est adopté; le projet de la commission est écarté.

Un article additionnèl est proposé par la commission ; il est ainsi CONÇU :

« Dans les Eglises qui n’ont qu'un seul pasteur, si ce pasteur, désigné pour le Synode particulier, se trouve par un empêchement quelconque dans l'impossibilité de s’y rendre, le Conseil presbytéral pourra le remplacer par un de ses membres. »

M. VaurIGAUD propose de nommer, en même temps que les titulaires au Synode particulier, des suppléants qui prendraient régulièrement la place des titulaires empêchés, comme on l’a fait pour le Synode général. Il y aurait là une utile simplification.

Cet amendement, repoussé par la commission, l'est également par le Synode.

L'article additionnel proposé par la commission est adopté.

L'article 5 est mis en discussion :

« Le Synode particulier se réunit au moins une fois par année, et plus souvent si les circonstances l'exigent. Dans chacune de ses sessions, il désigne le lieu de la session suivante. »

Cet article est adopté sans observation.

Sur l’article 6, M. le pasteur E. DE MAGNIN présente l’amendement suivant :

« Le Synode particulier élit à la majorité absolue des suffrages un président pasteur, un vice-président laïque et deux secrétaires, l’un ecclésiastique, l’autre laïque. Le bureau est renouvelé pour chaque session. »

L'article 6 ainsi modifié est adopté.

L'article 7 est ainsi conçu :

« Le bureau ainsi constitué veille à l'exécution des décisions du Synode, convoque le Synode suivant et prépare la matière de ses travaux. »

Après une observation de M. Colani sur le sens précis que la commission entend donner au mot « veiller, » interprété par M. Laurens dans le sens d’une action directe ayant pour but l’exécution des décisions synodales, l’article est adopté.

M. Monnier dépose un article additionnel ainsi conçu :

« Les membres du bureau du Synode précédent, les pasteurs et anciens de l'Eglise de la localité dans laquelle se réunit le Synode, assistent de droit à ses séances avec voix consultative. »

L'orateur estime que cette addition a un caractère d'utilité et d'équité. Les membres du bureau sont chargés de recueillir les pièces des affaires sur lesquelles le Synode est appelé à prononcer. Ils ont la charge de convoquer le Synode et de préparer son travail. Il est donc juste de leur donner droit d'assistance avec voix consultative ; c’est d’ailleurs une disposition de l’ancienne discipline.

M: VauriGauUD conteste cette assertion. Il s'agit,

dans la disposition disciplinaire citée, d'admissions exceptionnelles, dépendant du bon vouloir de l'assemblée et non d'un droit établi.

L'amendement mis aux voix est rejeté.

ArT. 8. « Le Synode ne peut délibérer que si la moitié de ses membres assistent aux séances. Les procès-verbaux en sont signés par les membres du bureau, après leur adoption par le Synode.

« Des ampliations, signées du président et de l’un des secrétaires, en sont transmises aux présidents des Consistoires de la circonscription. »

L'article est mis aux voix et adopté.

Arr. 9. « Sauf les cas réservés au Synode général, le Synode particulier statue en dernier ressort sur toutes les contestations sürvenues dans l'étendue de sa circonscription. »

Sur ce premier paragraphe, M. Coanr propose la rédaction suivante : « Le Synode particulier statue, sauf appel, sur toutes les contestations... etc. »

L'assemblée connaît le sentiment de l'orateur sur la valeur du Synode particulier. Cet élément, dit-il, ne lui inspire aucune confiance, et une des principales raisons de cette appréciation, c'est que le sort désigne une partie des membres de ce Synode. Un corps ainsi constitué ne peut ni ne doit trancher aucune affaire en dernier ressort.

M. Laurens dit que les affaires de peu d'importance sont mieux résolues par la disposition contestée par M. Colani; que pour les autres, le droit d'appel est réservé.

M. Coran: demande que les cas réservés soient spécifiés.

M. VauriGauD répond qu’il y à certains cas sur lesquels le Synode particulier ne peut pas décider, par exemple, lorsqu'il y a un conflit où il est partie intéressée. En somme, toutes les questions d'ordre général, celles qui intéressent l'Eglise, seront réservées au Synode général.

M. le pasteur Die demande la suppression pure et simple du premier paragraphe. En faisant cette motion, l’orateur reste conséquent avec ses principes, voulant l'autonomie de la paroisse et voulant réduire le Synode particulier au rôle de Comice électoral. Ce paragraphe va à l'encontre de telles idées; l’indépendance de la paroisse se perd dans la prépotence du Consistoire, les Consistoires sont opprimés à leur tour par les Synodes particuliers, et ceux-ci par le Synode général. C’est votre système, il est déplorable, il n’est autre chose que la papauté de la majorité. ( Vives protestations à droite.)

M. DE SEynes. — Ce n’est plus l’autonomie de la paroisse que vous demandez en réclamant la suppression du paragraphe, c’est l'autonomie du ministre des cultes, car il y aura des contestations, il faudra les trancher, et, si vous contestez aux Synodes ce droit nécessaire, c’est pour l’attribuer forcément au ministre des cultes, statuant, selon vous, en dernier ressort. (Z'rès-bien !)

M. Maui ajoute qu'il ne s’agit pas de trancher toutes les questions, mais seulement les contestations. Il y a, du reste, une contradiction entre cet

* article et celui voté hier (art. 16), attribuant aux

Consistoires la décision sur toutes les contestations de son ressort.

M. Coran maintient son amendement.

M. Marrer en détermine le sens précis, qui est d'interdire au Synode particulier toute décision absolue, de l'empêcher de rien terminer.

Mis aux voix, l'amendement est rejeté et le premier paragraphe est adopté.

Le second paragraphe est ainsi conçu :

« Il veille sur tout ce qui concerne la célébration du culte, l’enseignement de la doctrine et la conduite des affaires ecclésiastiques. »

M. CoLant. — Je propose au Synode un nouvel amendement portant sur le second paragraphe; je demande la suppression pure et simple des mots suivants : « Il veille à l’enseignement de la doctrine. » Songez-y, Messieurs, avec cette clause, vous aurez des procès de doctrine, vous les rétablissez au moment où on les supprime partout. La majorité dés Consistoires ne veut pas de procès de doctrines. Par ces seuls mots, vous ruinez tout votre projet, car vous le rendez inacceptable. Ah! si je n'écoutais que mon sentiment personnel, je voudrais que vous les adoptiez; je m’en réjouirais, parce que cela renverserait votre projet, mais j'estime que la fin ne justifie pas les moyens, et c’est pour cela que je vous demande de les retirer.

M. LauRENs. — Je ferai remarquer que ces mots sont la reproduction pure et simple d’une clause de la loi de germinal.

M. Er. Coque. — M. Laurens cite la loi de germinal ; mais cette loi vise la confession de foi de

la Rochelle, qui était, je l’avoue, fort peu connue alors ; eh bien ! je demande si c’est cette loi que votre commission à voulu viser.

M. Bagur. — Je propose de remplacer les mots « enseignement de la doctrine » paï ceux d’enseignement religieux. Cela évitera de décider quelle est la doctrine dont il s’agit, ce que votre article n'indique pas, et puis l'expression aura quelque chose de moins roide. ( Vive approbation à gauche.)

M. VauricauD. — Je constate d’abord un fait, c’est qu'on vient d'avouer que la loi de germinal vise la confession de la Rochelle : c'est là ce qu’on nous avait dénié jusqu'ici.

M. JazagerT. — Nous le nions encore.

M. VaumGaur. — Vous le niez, mais M. Etienne Coquerel l’avoue, et il nous demande si c'est cette confession que nous voulons viser. Je n'hésite pas à répondre : Pour le fond des choses, oui, pour la forme, non. Je dis pourle fond des choses : y at-il deux manières de connaître Dieu, y a-t-il deux Sauveurs, y a-t-il deux manières d'être réconcilié avec Dieu ? Voilà ce que j'appelle le fond des choses, et voilà ce que nous visons aujourd'hui. Aussi je m'oppose à l'amendement de M. Babut, malgré toute l'affection que je porte à son auteur, Qu'est-ce que cette expression d'enseignement religieux ? Je ne veux blesser personne; mais, enfin, un juif, un mahométan a un enseignement religieux. à

Nous disons ici que notre Eglise a une doctrine,

qu’elle veille à l’enseignement de cette doctrine, de ce fond de doctrines que, par esprit de conciliation ou de paix, nous avons réduit au minimum possible,

concédant tout ce que nous pouvions jusqu’à cette limite extrême où commencerait pour nous l’infidélité.

Nous ne sommes pas de ceux qui disent : « Mugis . amicus Plato. »

À gauche. — Qui est-ce qui a dit cela?

M. VauriGauD. — Il y a des hommes, je ne dis pas dans cette enceinte, ce sera, si vous le voulez, dans un autre monde, il y a des hommes qui voyant d'un côté la vérité, de l’autre des amis, préfèrent leurs amis à la vérité. Eh bien ! nous ne sommes pas de ceux-là. Nous resterons amis jusqu’au moment où commencerait le sacrifice de la vérité. (Vive approbation à droite.)

M. Cozaxi. — La commission accepte-t-elle cette interprétation ?

M. JALABERT. — La minorité de la commission la repousse.

M. VauiGaup a le sentiment d’avoir parlé au nom de la majorité de la commission.

M. Laurens dit que la commission repousse l’amendement.

M. le pasteur PAUL DE MAGniIN. — Si vous visez la confession de foi de la Rochelle, en parlant de l’enseignement de la doctrine, vous devez accepter le fond de cette confession. Or, il y est dit que les enfants morts sans baptême seront damnés. Cette confession, dans son dernier article, prononce l’anathème sur quiconque repoussera un seul de ses articles. (Dénégations à droite. M. Frossard, archiviste du Synode, met sous les yeux de l'orateur le texte de la confession en lui demandant d'indiquer l’article.)

Eh bien! si l’article n’y est pas, tous les conciles se valent. (Z'xclamations.)

M. VauriGaup. — J’ai en mains la confession de la Rochelle; il est matériellement inexact qu’elle contienne rien de semblable; la doctrine dont je parle est celle que ce Synode a formulée.

M. Pauz DE MAGnIN voudrait connaître l'opinion de la majorité de la commission relativement à la doctrine exposée dans la déclaration de foi votée au début de la session.

M. pe CLAUSONNE dit que la question de la doctrine n’a nullement été traitée par la commission. La commission a pris ce terme d’une manière générale, reproduisant le texte de l’article de la loi de l'an X; ce sera l’affaire des Synodes d'apprécier la valeur à attribuer à ces mots et à les définir. Le principe seul est posé.

M. Grorz. — Je vous demande la suppression de ces trois mots : « Il veille à l’enseignement de la doctrine. » Ils me mettent dans la plus grande perplexité. Cette doctrine, ce serait, dites-vous, celle que vous avez votée; or, dans votre déclaration, vous avez fait allusion à la confession de foi de la Rochelle que personne ici ne signerait.

Mais voici déjà la confession de foi de la Rochelle abandonnée ; le Symbole des apôtres est interprété diversement par vous; il peut en être de même de certains passages des liturg'ies visées. Voilà maintenant un pasteur de cette Eglise qui doit enseigner la doctrine promulguée par vous. À chaque pas, il va commettre des hérésies.…

Dans l'Eglise catholique, le premier devoir de celui

qui y entre est de renoncer à son indépendance et de se soumettre à l'interprétation de la foi qui lui est donnée par ses supérieurs. Ici, plus le pasteur sera sévère pour lui-même, plus ses incertitudes seront | grandes; vous serez les juges des controverses, et vous n'êtes pas d'accord entre vous sur les principes qui serviront à juger les contestations! À moins que vous ne vous renfermiez dans un silence qui serait forcément interprété.

Mes amis et moi sommes entrés dans l'Eglise sans qu'on nous ait demandé autre chose que d'enseigner l'Evangile et de chercher à faire du bien aux âmes. Je crois avoir rempli ces conditions; mais les conditions restrictives que vous voulez poser sont mauvaises, et simplement, tristement, je vous dirai en finissant : Amo periculosam libertatem. Vous avez peur de la liberté. (Très-bien! à gauche.)

M. Bors. — Je ne sais si le moment est venu d’aborder cette grave question ; il me semblait que nous étions en quelque sorte convenus d’y venir plus tard, qüand nous traiterions de la consécration des pasteurs. En ce moment de quoi s'agit-il? Simplement de reconnaître que l'Eglise veille à l’enseignement de la doctrine. C’est là un principe général que nous devons poser. Nous aurons à définir clairement plus tard quelle est cette doctrine.

À gauche. — Attendez alors ce moment.

M. Bors. — Pourquoi l’attendre? En ce moment, je le répète, il ne s’agit que d'un principe général.

Maintenant, je voudrais relever un mot qui a été prononcé ici aujourd'hui et qui l'avait déjà été auparavant. On a dit que des pasteurs, en étant consa-

crés, n'avaient point pris d'autre eng'agement que de prêcher l'Evangile selon leur conscience. Est-ce bien exact? Quand vous êtes entrés au service de l'Eglise réformée de France, avez-vous cru entrer dans üne société quelconque? Cette Eglise n'avait-elle pas son culte, ses liturgies, ses fêtes solennelles qui rappelaient des croyances et des faits religieux déterminés? Est-ce que vous ne connaissiez pas tout cela ? Si done vous ne vous êtes pas engagés à prècher ces faits, en croyant à ce qu'ils rappellent, en vérité je ne sais plus ce que c’est qu’un engagement quelconque. {Vive approbation à droite.)

M. Arnanase Coquerez. — C’est moi qui l’autre jour ai dit que je n'avais pris d'autre engagement que celui de prêcher l'Evangile selon ma conscience. Je ne connais pas l’orthodoxie, j'ai été consacré par un pasteur hétérodoxe, mon père; installé par un Consistoire hétérodoxe, celui de Nîmes; j'ai toute ma vie enseigné l’hétérodoxie…

Une voix. — Et les sacrements ?

M. ATHanase CoQuEREL. — Les sacrements, je les ai administrés selon ma conscience; les liturgies, j'en ai usé comme tous les pasteurs, libéraux ou orthodoxes , qui les corrigeaient, estimant , les uns qu'elles disaient trop, les autres qu'elles ne disaient pas assez. (Aires à gauche.) J'ai vécu dans la liberté. Vous avez l'intention de faire une Eglise réformée, autre que celle que nous avons connue et servie. C’est nous qui défendons contre vous l'Eglise. (Zxclamations.) C'est nous qui défendons notre Eglise contre vos innovations révolutionnaires... ( Vives réclamations.)

Supposons, pour un instant, que je pense comme vous; le passé est là, l’histoire est là, les faits sont là; depuis l’origine, l'Eglise s’est continuellement réformée elle-même, d’après un principe chrétien et protestant qu’elle porte en elle-même. Pour moi, l'Eglise réformée, ce n’est pas cette Eglise réformée une fois pour toutes, il y a trois cents ans, par Luther et Calvin, mais une Eglise qui se réforme ellemême d'âge en âge. Vous regrettez cette évolution ; vous trouvez l'Eglise, vous, trop réformée; vous voulez revenir au passé. Nous, nous voulons maintenir l'Eglise dans l’état de progrès où elle est, grâce à Dieu, arrivée. Il s’agit de savoir s’il doit y avoir une haute police de l'Eglise. (Agitation. Cris : A l’ordre!) |

Vous voulez organiser une constitution où la liberté de conscience sera entravée par tous les degrés successifs de juridiction. Je proteste au nom des grands intérêts des âmes protestantes. Je ne défends pas seulement ma conscience de pasteur, mais je défends les âmes et les consciences. Elles doivent être libres, et vous voulez établir sur elles une autorité. Si saint Paul prêchait parmi vous sa doctrine sur la résurrection du Christ et que saint Paul fût un pasteur, vous l'empêcheriez de continuer et le condamneriez à cause de sa doctrine. Notre devoir, à nous, c’est de défendre cette grande, sainte et glorieuse liberté que Dieu nous a donnée. Vous ne nous l'ôterez pas. (Vifs applaudissements à gauche.)

Voix diverses au centre et à droite. — Ce n'est pas la liberté, c’est la licence, c'est l'anarchie.

M. Le monérareur regrette les paroles passionnées

qui donnent lieu à des réclamations qui le sont également. Nous ne viendrons pas à bout de notre tâche si nous ne nous imposons pas tous le devoir de la modération.

M. Coranr. — Il est entendu, Messieurs, que vous définirez la doctrine vendredi. Aujourd’hui, vous voulez constituer un tribunal de doctrine; or, de qui le composerez-vous ? La plupart de nos Eglises sont des Eglises de campagne. Vous aurez Ià des cultivateurs ; ah! certes, je n’ai pas de dédain pour les paysans : c'est ce qu'il ÿ a de plus solide en France; mais ce ne sont pas des théologiens ; avec eux vous aurez des industriels, des commerçants, tous gens ignorant la théologie; ils viendront là avec leur Nouveau Testament.

On leur soumettra l’hérésie de tel ou tel pasteur. Pourront-ils citer le texte grec? Pourront-ils apprécier tel argument de critique? Vous entreprenez une œuvre impossible à réaliser.

M. Jarasert. — Dans la commission dont je fais partie, nous n'avions vu nulle difficulté à conserver cet article sur l’enseignement de la doctrine, qui était l’article 30 de la loi de germinal. Mais après l’explication qui nous en a été donnée par M. Vaurigaud, je ne puis l’accepter. J'y vois votre intention de faire voter l'obligation de souscrire à la doctrine déjà formulée par la majorité de cette assemblée.

Vous préjugez ainsi la discussion qui va commencer dans deux jours; vous précisez ce qui était encore indécis. Jusqu'ici, en lisant cet article, on comprenait que le Synode particulier ne l’exécuterait qu'en prenant pour règle sa conscience : aujourd’hui,

vous lui imposez une règle doctrinale. Je vous propose de substituer aux mots : « l'enseignement de la doctrine, » ceux-ci : « le maintien de la discipline. »

M. FaucHER. — Je m'oppose à la substitution de ces mots. Nous n’avons pas cette discipline dont on parle. Elle n’est pas encore rédigée. Il s’agit de veiller à la doctrine, et vous voyez combien cela est nécessaire, puisqu'on à soutenu ici la cause de la liberté illimitée dans l’enseignement religieux. (Pr0lestations à gauche.)

M. ATH. CoQuEREL. — Un mot d'explication. Jamais nous n'avons parlé de liberté illimitée. Je suis convaincu, pour ma part, que le pasteur a et doit avoir une règle, c’est la conscience de son troupeau; je crois que lorsqu'un pasteur blesse la conscience de son troupeau, son devoir est de s’en aller. Si, au contraire, l'Eglise approuve l’enseignement de son pasteur, la police n'y peut rien.

La clôture de la discussion générale est demandée et rejetée.

M. Pa. CorBière dit que la discussion lui paraît reposer sur un malentendu. Lesuns pensent qu'il s’agirait, au sein des Synodes, de juger l’enseignement doctrinal au point de vue purement théologique, et les autres croient qu’il ne peut être question que de ces vérités primordiales qui constituent le fond de la croyance de l'Eglise. Si, comme l'a dit un des honorables préopinants, il fallait arriver au Synode un Nouveau Testament grec à la main, pour s'y livrer savamment à la discussion des textes, il est sûr que les gens simples de nos campagnes, et généralement

les membres laïques qui se trouveront dans nos Conseils presbytéraux, dans nos Consistoires et dans nos Synodes, ne seraient pas aptes à remplir cette fonction, et qu’on aurait tort de la leur confier. Mais s'il s'agit simplement du maintien de ces vérités courantes qui constituent le christianisme populaire et servent de basé à la piété des fidèles, le bon sens, les bonnes intentions et l'amour de l'Eglise suffisent. Toutes ces choses, on doit les attendre de la part des membres de nos corps ecclésiastiques. Je vote pour l'amendement de M. Jalabert, dont le but est de maintenir la vigilance sur le terrain disciplinaire et de faire cesser le malentendu existant sur le sens du mot doctrine.

M. PécauT. — J'ai regret à ne pouvoir étendre la discussion jusqu’à ses limites naturelles ; il faut me borner, et je voudrais du moins rectifier une erreur. On se plaît à nous dépeindre comme voulant une liberté illimitée dans l’enseignement religieux. Personne n’est opposé plus que moi à la liberté illimitée dans l'Eglise. Il y a dans toute association des conditions dont il faut tenir compte. .

Quand nous réclamons l'autonomie de la paroisse, nous ne la voulons pas absolue : l’absolu n’est pas possible dans cet ordre de choses. Mais voici ce qui nous distingue de vous, c’est que nous avons plus confiance que vous dans les ressources naturelles de la vérité.

Nous n'avons jamais prétendu soustraire aux corps supérieurs ce qui se passe dans une Eglise; nous comprenons fort bien que lorsqu'un abus produit du scandale, on défère cet abus au Consistoire

et que celui-ci le défère à une juridiction plus haute; nous acceptons tous ces degrés, mais nous maintenons que le dernier mot doit rester à la paroisse. C’est la paroisse qui nomme le pasteur; le Consistoire peut y faire opposition, or, s’il a ce droit, nous comprenons qu'il puisse aussi suspendre le pasteur, qu'il use de son droit de vefo, mais à la condition que la paroisse décide en dernier ressort.

Nous reconnaissons le même droit aux Synodes particuliers, quoique ce soient à nos yeux des pièces artificielles ; nous admettons en un mot qu’on puisse toujours être mis en demeure de justifier de sa conduite, mais l'autonomie de l'Eglise locale doit être respectée.

Laissez-moi vous dire que j'éprouve une impression très-pénible. Vous élevez ici, Messieurs, une construction tout artificielle, un édifice sans rapport avec les besoins, avec les nécessités morales de ceux qui veulent l'habiter. Cet édifice, avec ses étages superposés, ne répond en rien à nos MŒuUrs. Vous ne comprenez pas le caractère dominant de nos Eglises qui est l’affranchissement de l'esprit

ecclésiastique...

. A droite. — Oui, nous le comprenons !

M. Vaumçaup laisse échapper le mot de factique. M. Pécaur. — On parle de tactique, permettez-

moi de vous dire que si quelqu'un dans cette assemblée mérite d'échapper à ce reproche, c'est bien moi. Je répète que vous faites une construction artificielle, et pendant ce temps, les pénitents, les âmes vraiment pieuses vous échapperont. Ah ! je me demandais si vous n’alliez pas faire des articles

pour eux, si vous n’alliez pas leur imposer des pénitences publiques, comme le faisaient nos pères ; cela aurait été logique, mais c’est le pasteur seul qui est l’objet de votre discipline. Vous avez réservé toutes vos sévérités pour le pasteur; c’est là une injustice que vous eussiez évitée en laissant en telles matières le dernier mot à la paroisse dûment avertie.

Il ÿ à une demande d’appel nominal pour le vote de l'amendement Colani.

M. Bors précise la question. L'article 9 signifie dans les mots contestés que le Synode a le droit et le devoir de veiller à ce que nulle attaque ne se produise, dans l’enseignement public de la foi dans la chaire, dans le catéchuménat, contre les grands faits chrétiens énumérés dans la déclaration de foi et dans les liturg'ies.

Ceux qui pensent que les corps directeurs de l’Eglise ont le devoir de s'occuper de telles questions doivent voter l’article tel quel.

M. le colonel Denrerr propose de voter sur la partie du paragraphe non contestée, en réservant les mots « l’enseignement de la doctrine, » puis de voter sur les amendements.

Appuyé.

Le paragraphe est voté dans les conditions cidessus.

M. Bois explique que la question posée est celle de savoir si le Synode particulier a le droit de surveillance sur l’enseignement de la doctrine.

M. Corant déclare accepter la surveillance; mais si le Synode particulier doit juger les infractions, il s’y oppose.

L'appel nominal, demandé, est ensuite abandonné.

M. Agr monte à la tribune au milieu d’une vive agitation, pour déposer un nouvel amendement ainsi conçu : « Le Synode.. veille sur l’enseignement des vérités chrétiennes révélées dans la Bible, au maintien de la discipline..…., ete. » Le sens du mot « doctrine » est vague, suivant l’orateur. Si c’est la doctrine de l'Eglise, elle variera avec la majorité des Synodes généraux. Dès lors, sur l’enseignement de quelle doctrine les Synodes particuliers veilleront-ils? Paul nous exhorte à maintenir le bon dépôt de la foi; ce dépôt, ce sont les vérités révélées dans la Bible. De tous les côtés de cette assemblée, on répudie la liberté illimitée de l’enseignement; notre limite, à nous chrétiens protestants, c’est la Bible. La liberté ne peut aller au delà de la fidélité au titre de chrétien et aux vérités révélées dans la Bible.

On pourra faire choix d’un formulaire résumant l'essence des vérités chrétiennes, auquel les pasteurs devront donner une formelle adhésion en entrant dans l'Eglise. Mais les Synodes devront veiller au maintien de toutes les vérités évangéliques. Les termes de l’article sont trop vagues, ils font craindre des abus analogues à ceux que l’orateur signale en Allemagne, où des inspections -ecclésiastiques ont souvent accordé à des formulaires une autorité supérieure à celle de la Bible, et ont attribué aux vérités bibliques une interprétation contraire à leur sens vrai et chrétien.

Ainsi donc, M. Abt propose son amendement comme complétant celui de M. Jalabert, comme

écartant le danger de substituer l’autorité d’un formulaire de foi à l'autorité seule et souveraine de la Bible, enfin comme donnant au Synode à la fois le droit de veiller sur l’enseignement des vérités révélées et la limite de ce droit.

L’amendement n'étant pas appuyé n’est pas mis aux voix.

M. LAuRENS.— On a dit que nous étions des novateurs, des révolutionnaires. Nous le sommes si peu que nous voulons conserver ce qui est. C’est une disposition de la loi de l’an X. Veut-on la retenir, veut-on la rejeter? En deux mots, l'Eglise a-t-elle ou non une doctrine? Si elle en a une, elle a le droit de la faire respecter.

Une voix. — C’est la vraie question.

M. le modérateur met successivement aux voix l'amendement Babut, puis l'amendement Jalabert. Ils sont également rejetés.

La rédaction de la commission est mise aux voix et définitivement adoptée.

Suspendue pendant un quart d'heure, la séance est reprise à cinq heures.

M. le comte ne Præissac dépose une proposition relative à l'impression des procès-verbaux officiels et des actes du Synode. Cette proposition est appuyée. Après quelques observations de MM. Colani, Dhombres et de Cazenove, il est entendu qu’une commission spéciale de sept membres sera nommée demain pendant la suspension de la séance, et s'occupera immédiatement des voies et moyens.

La proposition est ainsi conçue :

« Les membres soussignés du Synode ont l’hon:

neur de déposer la proposition suivante, en demandant l'urgence :

« Considérant que la publication officielle des procès-verbaux et des actes du Synode général est attendue avec une vive impatience, tant par les Eglises de France que par celles de l'étranger, dont plusieurs ont envoyé au Synode des délégués et des lettres exprimant leurs vœux fraternels pour les travaux de l'assemblée;

« Considérant qu’à l'ouverture de chacune de nos séances il a été rendu unanimement justice au soin parfait, à l'intelligence et à l'impartialité avec lesquels les secrétaires du Synode ont rendu compte de ses séances;

« Considérant que, malgré les soins qui y ont été apportés, les publications officieuses de ces procès-verbaux n’ont pas un caractère suffisant d'authenticité ;

« Considérant que, dans l'intérêt de l'exactitude de ces procès-verbaux, il est nécessaire que les orateurs qui ont pris part aux délibérations du Synode soient, «autant que possible, admis à vérifier les épreuves de l'impression en ce qui les concerne ;

« Une commission de sept membres, un par bureau, sera nommée immédiatement, et s'occupera sans retard des voies et moyens relatifs à l'impression et à la publication des procès-verbaux officiels et des actes du Synode général, et à leur envoi à chacune des Eglises de France.

« Ont signé : Comte de Preissac; Henri Bordier ; A. Viguié; Ernest Dhombres. »

M. DE SEYNES dépose une proposition relative à l'envoi par le Synode d’une adresse au congrès pénitentiaire pour le relèvement moral des prisonniers, qui s’ouvre aujourd’hui en Angleterre.

Cette communication obtient l'approbation générale. La voici :

« Les soussignés, membres du Synode général des Eglises réformées de France, ont l'honneur de présenter la proposition suivante :

« Considérant que la question du relèvement des prisonniers est l’une des plus sérieuses préoccupations du jour; que cette question est l'objet d’une enquête faite par une commission de l'Assemblée nationale, et qu’elle sera soumise à l'examen d’un congrès pénitentiaire universel qui doit s'ouvrir à Londres le 3 juillet prochain, auquel seront représentés tous les pays du monde civilisé;

« Considérant que l'Eglise réformée ne doit demeurer étrangère à aucune des grandes préoccupations morales de notre époque ;

« Considérant combien il importe à des chrétiens de remplir le devoir tracé par la parole de leur Maître : « J'étais en prison et vous m’êtes venu voir >:

€ Considérant les sérieux résultats obtenus par des efforts persévérants en différents pays, et notamment en Angleterre et en Amérique ;

€ Considérant tout le bien qui pourrait être fait en France et en Algérie par un ensemble de mesures ayant pour but la visite des prisons et le patronage des prisonniers ;

« Le Synode envoie un témoignage de sympathie au congrès de Londres, et exprime le vœu que le

relèvement des prisonniers, objet des travaux de ce congrès, soit organisé en France et en Algérie en faveur des prisonniers protestants.

« Ont signé : F. Ollier, Ernest Dhombres, J. de Seynes. »

La discussion continue sur le troisième paragraphe de l’article 9, ainsi conçu :

« Il présente au gouvernement les candidats aux chaires vacantes ou nouvellement créées dans les Facultés de théologie. »

M. Coani propose d'ajouter ces mots : « qui seront aussi appelées à donner leur avis. »

Cet amendement est appuyé par M. le professeur Bois. |

M. Coxaxt explique son addition par l'utilité évidente de la constatation de la capacité théologique des candidats.

M. Larnac. — Le Synode ne pourra-t-il présenter des candidats qu'après cette constatation de capacité, ou pourra-t-il les présenter sous la réserve qu’elle aura lieu?

M. Corant laisse les détails à l'appréciation des Synodes ou de la discipline. I1 ne veut qu’établir le principe que les Facultés de théologie concourront à cette nomination des candidats.

M. Mazzer.— Il est entendu que chaque Synode particulier présente son candidat, et que le ou les candidats, qui auront eu le plus de voix synodales, seront ceux qui seront présentés à l'acceptation du gouvernement.

MM. Jaragerr et Bots présentent des modifications

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