‹ Histoire du synode général de l'Église réformée de FranceChapitre 21 sur 70 · MERCREDI MATIN 10 JUILLET · texte numérisé non relu

MERCREDI MATIN 10 JUILLET

La séance est ouverte à neuf heures moins un quart du matin.

Prière de M. le pasteur Couderc.

M. le modérateur invite M. de Richemond à vouloir bien prêter son concours à MM. les secrétaires sur leur demande, en raison de l'augmentation de travail causée par une double séance.

Le Synode, constitué au début de la séance en comité secret, pour examiner quelques affaires particulières, et consulté par M. Louis Vernes, faisant fonction de modérateur, décide que la séance sera publique après la clôture de la discussion relative à ces affaires.

La séance est déclarée publique à partir de dix heures.

La Société de prévoyance en faveur des veuves et des orphelins de pasteurs, sollicite le patronage direct du Synode. La commission propose et le Synode accepte qu’un témoignage de sympathie et de bienveillance soit adressé à ladite Société.

M. Moxxir donne lecture du rapport de la commission des vœux, sur les gweslions se rapportant au culle et à la liturgie.

Ce rapport est ainsi conçu :

« Les questions de culte et de liturgie, bien que distinctes, sont intimement unies et doivent être considérées ensemble. Plusieurs vœux se rapportent à des modifications à apporter à notre culte.

« Le Synode de la première circonscription (Saint- Quentin), exprime le vœu que le Synode général introduise dans la liturgie des modifications destinées à lui donner un caractère plus vivant, à attribuer à l'adoration une place plus importante, et à permettre aux fidèles de prendre au culte une part plus active et plus directe,

« Le Synode de la septième circonscription (Bordeaux), demande l'établissement d’une liturgie générale, embrassant les chants et tous les actes du culte et amenant le développement des actes d'adoration, de la prière et du chant.

« Le Consistoire de Nérac prie le Synode d'étudier les moyens de donner plus de solennité au culte et d'y attribuer une part plus grande à la participation des fidèles.

« Des vœux analogues sont exprimés par le Consistoire de Toulouse, ceux de Vallon, Dijon et La Mothe-Saint-Héraye, les Conseils Presbytéraux de Pau, Orthez, Saint-Antonin, auvezin, Le Caylar, La Mure et Saint-Sauvant. Le Conseil presbytéral de Jailleu demande qu'il ne soit pas fait de modification au culte dans le sens de l'Eglise anglicane,

« Plusieurs vœux se rapportent uni quement à la révision de la liturgie, qui est généralement reconnue nécessaire. Le maintien et la révision de la liturgie sont demandés par les Consistoires de La Tremblade

et de Toulouse, les Conseils presbytéraux de Bayonne et de Pau. Les Consistoires de Dijon et du Vigan, les Conseils presbytéraux de Jaillew, de Grenoble et de Mens demandent formellement que la liturgie revisée soit rendue obligatoire. Le Conseil presbyléral de Tréminis voudrait au contraire que la lecture n'en fût que facultative.

« Quelques Conseils presbytéraux voudraient qu'il y eût une liturgie pour les sépultures. D'autres demandent formellement qu’il n’y ait point de prescriptions obligatoires pour ces cérémonies.

« Questions se rapportant à la discipline et à son application.

« Plusieurs corps denotre Eglise ont demandé qu'il soit fait un travail d'ensemble sur la discipline ecclésiastique.

« Le Synode de la première circonscription (Saint- Quentin), émet le vœu que le Synode général prépare une révision de la discipline qui, tout en maintenant les points fondamentaux, la mette en harmonie avec la nouvelle loi organique et avec les besoins actuels de l'Eglise.

«Le Consistoire de Néracdemandele rétablissement et la révision de la discipline pour assurer la paix et la dignité de l'Eglise.

«Le Consistoire du Vigan demande que le Synode général mette en vigueur une discipline qui reproduise autant que possible les dispositions de l'ancienne.

«Le C'onsistoire de Toulouse, les Conseils presbyté-

raux de Sauveterre, Saint-Sébastien, Bellocq, Bagnères, Orthez, Pau, Salies, Mens, La Mure, Osse, Jailleu, Codognan, formulent des vœux analogues.

€ Le Consistoire de Vallon, le Conseil presbytérat . de Grenoble demandent au Synode de rédiger une discipline d'accord avec les besoins de l’époque.

« Le Consistoire de Vauvert a étudié un projet complet de révision qui a été publié.

« Outre ces vœux généraux, quelques questions spéciales de discipline ont été recommandées à l’attention du Synode, notamment celle du catéchuménat.

« Le Consistoire de Bourges demande que la question soit étudiée. Le Conseil presbytéral de Saint- Antonin voudrait qu'on donnât plus de solennité à la réception; celui de Æens, que le catéchuménat actuel fût maintenu; celui de HWauvezin, que le mode fût modifié; ceux de 7yéminis, La Mure, Jailleu, Codognan, désireraient que la cérémonie de la réception fût supprimée; ceux de Codognan et du Caylar demandent qu’il soit rédigé un catéchisme uniforme.

« Le Conseil presbytéral de Bayonne voudrait qu'il fût établi des règles pour la conduite à suivre dans les mariages mixtes.

« Plusieurs corps demandent qu'il soit pris des mesures pour la bonne préparation des candidats au ministère évangélique.

« Le Consistoire de Dijon et le Conseil presbytéral du Caylar expriment le vœu que les candidats soient obligés à un stage on à une suffragance.

« Le Conseil presbytéral de Toulouse demande que

les professeurs de théologie soient tenus de témoigner officiellement, non-seulement des connaissances qu'ont acquises les étudiants, mais aussi de leur piété et de leur vocation.

«Le Conseil presbytéral de Bellocq voudrait que les Consistoires suivissent la conduite et les études des étudiants en théologie de leur ressort, et que leur autorisation et celle du Synode fussent nécessaires pour les consacrer.

«M. Cellier, de Nîmes, demande A ee: du ministère gratuit.

« D’autres vœux se rapportent à l'exercice même du ministère pastoral.

«Le Consistoire de Toulouse demande que les Consistoires et les Conseils presbytéraux veillent à l’exécution des règlements disciplinaires, et que les pasteurs soient obligés de déclarer qu'ils croient aux principes contenus dans le Symbole des apôtres.

« Le Conseil presbytéral de Saint-Martial, que les pasteurs ne puissent pas changer la liturgie.

«Le Consistoire de Florac, que des règles uniformes soient fixées pour des fonctions pastorales.

«Le Synodede la neuvième circonscription transmet le vœu d’un de ses membres, demandant qu'il soit pris des mesures pour que les Eglises ne soient pas laissées sans secours spirituels proue l'absence de leurs pasteurs.

« Quelques vœux se rapportent à la rédaction d’un « formulaire unique de consécration garantissant « mieux la fidélité évangélique : » tels sont ceux du Consistoire de Saint-Jean-du-Gard, du Consistoire de Nérac et des Conseils presbytéraux de Saint-Sé-

bastien, Mens et Grenoble. Ce dernier voudrait que le candidat fût tenu d'adhérer à la confession de foi et à la liturgie de l'Eglise réformée.

« Vœux se rapportant à divers projets.

« La commission a groupé sous ce titre diverses demandes qu’elle serait prête à étudier au cas où elles lui seraient renvoyées dans ce but, mais pour lesquelles elle ne se croit pas appelée à proposer actuellement de solution particulière.

«Le Synode de la quatrième circonscription (Nantes) demande qu'il soit adressé à l’Assemblée nationale le vœu que l'instruction primaire soit reconnue obligatoire, gratuite et laïque.

« Le Synode de la septième circonscription, le Consistoire de Dijon et celui de Bourges demandent que des mesures soient prises pour prévenir les faits regrettables auxquels donnent souvent lieu les inhumations protestantes.

« Le Conseil presbyléral de Bayonne demande que les pasteurs infirmes soient maintenus dans leur Eglise avec un suffragant.

« Le Consistoire presbytéral de Mauvezin, celui du Caylar et le Consistoire de Vallon demandent la création d’une caisse centrale pour venir en aide aux œuvres d'intérêt général. Ce dernier corps propose de pourvoir pour sa part aux frais des Synodes particuliers et généraux.

«Le Conseil presbytéral du Caylar voudrait l’établissement d’un journal ofliciel de l'Eglise réformée de France.

«Le S'ynode de la quatrième circonscription (Nantes)

demande que les Synodes particuliers favorisent dans leur ressort l'établissement de conférences religieuses historiques, littéraires et scientifiques.

«L'Union évangélique du Lot-et-Garonne et le Comité de l'Eglise réformée évangélique de Clairac, profondément reconnaissants de ce que le Synode ait formulé la foi de l'Eglise réformée, expriment le vœu que cette déclaration soit rendue obligatoire.

« Questions el pétitions diverses.

« La commission a réuni sous ce chef les questions sur lesquelles elle a cru pouvoir se prononcer, et pour lesquelles elle propose une solution, sans que leur importance ait semblé suffisante pour en faire l’objet d’une étude spéciale.

«Sept membres du Consistoire d'Aiques- Vives demandent que le chef-lieu dela Consistoriale soit transporté à Vergèze, localité tout à fait centrale et située sur le chemin de fer, tandis qu’Aigues-Vives est à une des extrémités de la circonscription, et à deux kilomètres de la station.

«La commission estime que cette question ne devra être soumise au Synode général qu’en cas d'appel, après la décision des corps compétents, en vertu de la nouvelle loi organique.

«Les mêmes pélitionnaires se plaignent de la répartition des représentants par le Consistoire.

« Cette demande sera sans objet après la mise en vigueur de la nouvelle loi organique.

«Il en est de même d’une pétition analogue du Conseil presbytéral de Saint-Martial.

« Le Conseil presbytérat d'Arvert se plaint de ne pouvoir obtenir du Consistoire de la Tremblade la nomination d'un pasteur libéral. Une pétition de cent soixante membres de l'Eglise, se prononçant en un. sens contraire, exprime son attachement à la vérité évangélique. Le Consistoire présente un mémoire sur les faits qui se sont passés depuis la mort du dernier pasteur d'Arvert, et eonclut en déclarant qu'il ne se croit pas libre de nommer un pasteur qui ne soit pas évangélique, mais qu’il s’en remet à la décision du Synode.

«La commission estime que cette question, comme les précédentes, sera résolue par le fonctionnement de la nouvelle loi organique.

« La Sociélé de prévoyance et de secours mutuels, établie à Bordeaux en faveur des veuves et des orphelins de pasteurs appartenant à l'Eglise protestante de France, demande à être adoptée par le Synode comme institution de l'Eglise réformée de France.

« La commission estime qu’un prochain Synode pourra examiner la question des mesures à prendre en faveur des œuvres et des sociétés religieuses qui seront reconnues d’un intérêt général pour nos Eglises, mais qu'il est impossible d'entrer actuellement dans l'examen de cette question. Elle pense que le Synode doit se borner à exprimer ses sentiments de sympathie et de bienveillance pour l'œuvre des veuves et orphelins de pasteurs.

« L'Alliance évangélique de l'Eglise réformée du Havre d'une part, et une lettre adressée au Synode par des membres de cette Eglise d’une autre part,

font connaître, en se plaçant à deux points de vue opposés, la situation de cette Eglise.

« La commission estime que le Synode ne peut aborder l'examen de cette question spéciale ; mais elle espère qu'elle sera résolue par le fonctionnement de la plus haute organisation de l'Eglise, et qu’il y a lieu d’en renvoyer l'étude au Synode particulier.

«Un grandnombre de membres de l'Eglise de Royan et les membres du conseil de l'Eglise évangélique établie dans cette localité demandent qu’il leur soit accordé la nomination régulière d’un pasteur pour prêcher l'Evangile dans une Consistoriale où les doctrines nouvelles règnent exclusivement. Ils proposent pour remplir ces fonctions M. le pasteur Curie, qui les édifie actuellement.

«Lacommission estime que cette question doitavoir été étudiée par le Synode particulier avant d’être résolue par le Synode général.

«Elleexprime le même avis au sujet d’une demande de la fraction évangélique de l'Eglise réformée de Tonneins, qui, après avoir fait connaître sa situation, formule en outre le vœu général de la séparation des deux tendances qui existent dans l'Eglise réformée et de la formation de deux Eglises distinctes.

«Le Consistoire de Sommières, celui de Royan et ses sept Conseils presbytéraux demandent la division de l'Eglise de Paris en plusieurs Cousistoires ou Con- -seils presbytéraux.

«Une proposition analogue ayant été faite par quelques membres de l'assemblée, un rapport spécial sera présenté par un des membres de la commission. (La question est jugée.)

«Un des membres de l'assemblée ayant proposé que des mesures soient prises pour que le président du Synode puisse correspondre en franchise avec les présidents de Consistoire, la commission estime, à l'unanimité, qu'il ny a pas opportunité à intervenir actuellement auprès de l'Etat pour obtenir cette faveur. »

La lecture de ce rapport donne lieu à quelques Observations qui se résument dans cette opinion, que partage à peu près unanimement le Synode, qu'il faut décider le renvoi de ces questions aux Synodes particuliers, suivant l'esprit de la nouvelle loi que le Synode vient de voter, plutôt que de s’en tenir à Zœ lettre de la loi encore en vigueur aujourd’hui. On devra donc recourir dès à présent aux Synodes particuliers, institués par la loi de germinal an X, et mis en vigueur par le décret du 29 novembre 1871 et par les circulaires qui ont interprété ce décret.

Relativement à l'Eglise de Royan, M. Paris demande l'ordre du jour pur et simple sur la difficulté soumise au Synode. Il se fonde sur ce fait qu'il ne peut y avoir deux poids et deux mesures, et que l'ordre du jour, adopté hier pour l'Eglise de Paris, doit être appliqué, non-seulement à l'Eglise de Royan, mais en particulier à celle du Havre et aux autres, dont ila été question dans le rapport actuellement présenté.

L'assemblée, consultée, adopte l'ordre du jour pur et simple pour toutes les questions de cette nature et ne les renvoie pas aux Synodes particuliers.

M. Pa. Corgière présente un rapport sur l'affaire du Consistoire de Montagnac, créé en 1810, séparé

en deux en 1852. Les Consistoires de Montagnac et de Saint-Pargoire,restes de la Consistoriale primitive, furent réunis à celle de Montpellier en 1867. Tous les corps ecclésiastiques qui ont dù être utilement consultés dans cette circonstance, donnèrent un avis favorable au rattachement projeté. Le conseil municipal de Montagnac émit seul un avis contraire. Des décisions consacrèrent la mesure gouvernementale, qui devint exécutoire en 1867.

Depuis, d'anciens membres du Consistoire de Montagnac et cent onze protestants de cette ville (qui ne sont pas tous électeurs) ont demandé que l'autonomie de l'ancien Consistoire de Montagnac fùt rétablie. Mais Saint-Pargoire ne veut pas quitter Moritpellier ; mais le pasteur de Montagnac et une notable partie du troupeau ne le veulent pas non plus. Tout se réduit à la demande des cent onze pétitionnaires, qui rencontrent opposition parmi tous les autres intéressés, gouvernement, corps ecclésiastiques, pasteur et fidèles.

Les conclusions de la eommission, proposant l’ordre du jour, sont adoptées.

M. Faucuer dit que le Consistoire de Marseille à formulé des vœux sur la confession de foi, sur la discipline, sur le catéchuménat, qu'aucun de ces vœux n’est mentionné dans le rapport de la commission, mais que, par contre, on a mis à l'actif du Consistoire de Marseille des plaintes contre la délimitation des circonscriptions synodales (Rapport de M. Grotz), qu'il n’a jamais émises.

M. Brevron, membre de la commission des vœux, explique que ces vœux du Consistoire de Marseille

ne Sont pas arrivés par la voie régulière du ministère ; ils sont arrivés trop tardivement à la commission, et après un premier classement sur les données duquel le rapporteur à fait son travail : de là leur omission involontaire dans le rapport.

M. Aru. Coquerez signale une erreur d'impression dans les comptes rendus officieux. Le compositeur a mis le mot « Synode » au lieu du mot « Consistoire » de Montpellier dans la mention d’une délibération de ce dernier corps.

Quelques explications sont échangées entre MM. les pasteurs Dhombres, Ath. Coquerel, de Cazenove et de Seynes, relativement aux corrections à apporter aux procès-verbaux pour l’impression officielle.

Le sentiment général de l'assemblée est qu'il faud'a se borner aux corrections grammaticales, aux fautes d'impression, et à la modification des seules phrases qui présenteraient un sens contraire à la pensée des orateurs. Ceux-ci seront consultés par le bureau dans ce cas, et feront leurs observations par écrit. Le bureau reste chargé de décider en dernier ressort.

. M. Daoweres présente le rapport de la commission nommée pour examiner la question des Facultés de théologie. La perte de Strasbourg a donné à cette question une importance particulière. L'idée de la translation à Paris de la Faculté de théologie rencontre beaucoup d'appui et de sympathies. Mais, dans ce cas, la Faculté de Montauban ne se trouverait plus dans des conditions suffisamment viables, et la commission conclut à l'établissement à Paris des deux Facultés de théologie protestantes, réunies

en une seule. Les professeurs y seraient alors appelés, des chaires luthériennes y seraient créées, et il y aurait à Paris un grand centre d'enseignement protestant qui y manque absolument, et cela au préjudice de nos intérêts moraux et matériels.

L’orateur insiste sur les grands souvenirs attachés à nos vieilles académies protestantes, dont il importe de perpétuer la tradition. Il propose, au nom de la commission, le transport à Paris de la Faculté de Montauban, enrichie de chaires luthériennes. Il ne méconnaît pas que la moralité des jeunes candidats ne soit exposée à Paris à de graves écueils, qu’il ne puisse être regrettable de passer sans transition de la vie cultivée et du milieu éclairé de la capitale dans quelque obscure paroisse de campagne. Mais il croit que ces périls peuvent être conjurés par une séminarisation rigoureuse et l'admission des élèves au sein de quelques familles honorablement connues.

L’orateur insiste sur le relief donné au protestantisme par la place officielle qui lui serait faite dans le monde savant. La culture générale est d’ailleurs plus développée à Paris; le milieu ambiant est plus étendu. Au point de vue de la prédication, le jeune candidat se formera par le contact des chaires des différents cultes chrétiens. Le ministère pastoral est plus complexe, le champ d'activité varié et intéressant : réunions d’évangélisation, maisons de santé, établissement de diaconesses, écoles du dimanche, évangélisation des soldats. La carrière est vaste.

Les conclusions du rapport demandent la suppression de la Faculté de Montauban etson transfert à Paris.

Dans le cas où le Synode ou le gouvernement ne donneraient pas suite au vœu émis par la commission, M. le pasteur Bapur propose qu'il soit demandé au gouvernement de créer deux chaires de plus à la : Faculté de Montauban, l’une d'enseignement scientifique, l’autre d’études historiques.

M. JaraBert s’unit complétement aux premières conclusions de la commission, le transport de la Faculté de théologie de Strasbourg à Paris, pour toutes les raisons développées par M. le rapporteur. Mais il ne peut s’unir à ces conclusions, en ce qui concerne la suppression de la Faculté de Montauban. Assurément, il serait désirable et meilleur que cette Faculté fût transférée dans une ville pourvue de Facultés de lettres et de sciences, telle que Toulouse ou Montpellier. Mais il ne peut admettre qu'ayant deux foyers protestants de lumières et d'enseignement théologique, on les réduise à un seul, lorsque le gouvernement, en maintenant au budget les crédits de la Faculté et du séminaire de Strasbourg, nous en offre deux.

Tout au plus accepterait-il la substitution à la Faculté de Montauban d’une école secondaire dans le Midi, où les élèves feraient trois ans d’études et viendraient passer leurs examens de théologie à Paris. Mais il votera pour le maintien de la Faculté de Montauban, sans préjudice du transport à Paris de celle de Strasbourg.

La séance est levée.

il 21

Page 1