CHAPITRE SIXIÈME
De l’unilon des Eglises.
Anr. 4er. — Nulle Eglise ne pourra prétendre primauté ni domination sur l'autre, ni une province sur une autre.
Arr. 2. — Nulle Eglise ne pourra rien faire de grande conséquence, où pourrait être compris l'intérêt ou dommage des autres Eglises, sans l'avis du Synode provincial, s’il est possible de l'assembler : et si l'affaire pressait, elle en communiquera avec les autres Eglises de la province, et elle en aura leur avis par lettres pour le moins.
Anr. 3. — Les Eglises et les particuliers seront avertis de ne se départir, par quelque persécution qui survienne, de l'union sacrée du corps de l'Eglise, pour se procurer une paix et une liberté à part. Qui en fera autrement, sera censuré, selon que les Colloques et les Synodes le jugeront être expédient.
Arr. 4. — Les disputes de la religion avec les adversaires seront réglées de telle sorte, que les nôtres ne seront point agresseurs : et s'ils sont engagés en dispute verbale, ils ne le feront qu'avec la règle de l'Ecriture sainte, ne donnant point de lieu aux écrits des anciens docteurs, pour le jugement et pour la décision de la doctrine. Ils n’entreront en dispute réglée, que par des écrits respectivement donnés et signés. Et quant à la dispute publique, ils n'y entreront que par l'avis de leur Consistoire et de quelque nombre de pasteurs, qui, pour cet effet, seront choisis par les Colloques ou par les Synodes provinciaux. Ils n'entreront en aucune dispute ou conférence générale, sans l'avis de toutes les Eglises assemblées au Synode national, à peine aux ministres qui y entreront autrement d'être déclarés apostats et déserteurs de l'union de l'Eglise.
Arr. 5. — Les Eglises doivent entendre que les assemblées ecclésiastiques des Colloques et des Synodes, tant provinciaux que nationaux, sont les liens et les appuis de l'union et de la concorde contre les schismes, les hérésies, et tous les autres inconvénients ; afin qu'elles fassent tout devoir, et qu’elles s’emploient par tous moyens, à ce que lesdites assemblées ecclésiastiques soient continuées et entretenues. Et au cas que quelque Eglise ou quelque personne particulière ne voulussent contribuer aux frais qu'il faut faire pour se trouver aux assemblées ecclésiastiques, tels seront grièvement censurés comme déserteurs de la sainte union qui doit être entre nous. Les ministres aussi qui ne tiendront la main à ce que dessus, seront grièvement censurés par les Synodes provinciaux.