DONALDSON, Û
SoïNi, contralto ;
CoRTEz, première dugazon ;
WuiLHARïHE, deuxième dugazon ;
JosT, duègne ;
Mignon, première danseuse noble ;
Zetti, première danseuse demi-caractère ;
Barbero, première danseuse travesti.
On voit que plusieurs artistes de la saison précédente avaient été de nouveau engagés. Parmi les nouveaux venus, nous ne voyons à citer que M"^*^ Soïiii, qui avait déjà tenu l'emploi de contralto en 1897-1898.
Uépertoire lyrique. — Les trente-neuf œuvres suivantes furent reprises pendant la saison 1900-1910 :
L'Africaine (2). La Dame Blanche (1).
]x Barbier de Séville (2). Don Juan li^
Carmen (12). Les Dragons, de Villars (2).
Camlleria rmticana (."J . FauH (7).
Le Chalet i^j. La Favorite (1).
Le Chemineau il). La Fille du RégimenI (/t).
Les Contes d'nof])nann (2). CidlUriDne Tell 2 .
CupiiHia (1) . Ilandel (2 .
Ilérodiadr 2 Les Nocrx flr Jeannrlte ffi).
Les Hufjuenots (4). Paillasse (6)
Le Jongleur de Not)e-Daine (6j. Le Roi d'Ys (i).
La Juive (1). Samson et Dalila (o).
Lakme: (7). Siqurd (i).
Lolienrjrin (fî). -Si J'e/ois Ro/ (2).
Low/sp 3). î'/î^'ïs (3j.
Le Maître de Chapelle (2). La Traviata (2j.
Manon. (10). ie Trouvère (7).
Mignon ('à). La Vie de Bohème (i).
Mireille (o). irerf/(er (2).
/.a Navarraise (3).
Le ténor Zaïiico. — Avant de passer à la rubrique consacrée aux artistes étrangers à la troupe, venus en représentation, nous croyons devoir consacrer une mention spéciale au ténor Zamco qui, quoique russe d'origine, faisait, comme un bon Normand, partie de la troupe, tout en n'en faisant plus partie.
En effet, engagé comme fort ténor et porté en cette qualité au tableau officiel de la troupe, cet artiste fit preuve d'une telle inexpérience, le jour de l'ouverture, dans Guillaume Tell, que, malgré la suppression des débuts, le public protesta, demanda et obtint sa résiliation.
Cependant, tenant à justifier son choix et voulant donner à M. Zamco une revanche artistique, M. Fermo lui fit chanter entre deux actes de Carmen l'air de L'Africaine : « 0 Paradis sorti de l'onde », celui d'Aida : « Si j'étais ce soldat », et enfin, le grand air de Paillasse. Ce fut une révélation, car les notes élevées sortaient avec une facilité et une pureté extraordinaires. Quelques jours après, une seconde audition produisit la même impression sur le public, et les habitués manifestèrent le désir d'entendre à nouveau ce fort ténor dans une pièce du répertoire.
Pour leur donner satisfaction, on monta Le Trouvère, et M. Zamco chanta le rôle de Manrique, jouant avec les uî et les contre-ut dont il émaillait la partition qui n'en comporte pas. Une certaioe inexpérience se manifestait encore, et l'italien étant plus familier à l'artiste, c'est en cette langue qu'il interprétait son rôle où sa voix fit merveille.
Après une longue indisposition, l'artiste reparut, toujours clans Le Trourhr, et son air bon enfant, son désir évident de bien faire, sa vaillance, conquirent le public, et le vieil opéra de Verdi fit des salles combles, surtout en populaire. Et, cependant, le bon public qui applaudissait à tout rompre, ne comprenait absolument rien, car le sujet dn Trouvère, même en français, est déjà bien compliqué ! ,
Enfin, M. Zamco aborda le dllficile rôle de Raoul des Huguenots, et eut d'excellents moments, par exemple dans la terrible romance du premier acte; dans tous les cas on lui pardonna beaucoup, car il était devenu l'enfant gâté du public.
Mais qu'est devenu cet oiseau rare, ce ténor à la voix si puissante ?
Artistes en représentation. — Parmi les artistes venus en représentation, une mention spéciale est due à Mi^e Louise Mancini, de l'Opéra, qui fit preuve d'une souplesse de talent et d'une étendue de voix remarquables en cbantant, parfois au pied levé, les rôles les plus divers, car elle tint successivement ceux de Mathilde dans Guillaume Tell, de Salomé dans Hérodiade, de Thaïs, d'Eisa dans Lohengrin, de Marguerite dans Faust, de Brunehilde dans SIgurd, du page Urbain dans Les Huguenots, et de Charlotte dans Werther.
Après Mii« Mancini nous avons à citer :
]\/[me Marguerite Carré, de l'Opéra-Gomique, dans Manon et La Vie de Bohème ;
Mme Bréval, de l'Opéra, dans Carmen;
M^^ Georgette Leblanc, dans Carmen et Thdis ;
MUe Dreux, dans La Juice et .Si j'étais Roi ;
M"*^ Odoyer, dans Si j'étais Roi ;
Mme Talexis, de l'Opéra de Nice, dans Le Chemineau ;
M. Muratore, de l'Opéra, dans Faust et Carmen;
M. Alïre, de l'Opéra, dans Les Huguenots.
M. Prêcheur, danseur de l'Opéra, dans Coppélia;
Enfin, M°^« Hatto et M. Franz, de l'Opéra, et M™» Bonheur- Chaix, notre ancienne contralto de 1904-1905, prêtèrent leur concours à une leprésentation de Lohengrin, donnée au profit des inondés de la Seine-Inférieure.
Nouveautés. — Pendant cette saison turent montées quatre œuvres dont il ne restera pas graud'cliose.
Thérèse, drame lyrique en 2 actes, de Jules Claretie, musique de Massenet. Première représentation le 10 novembre 1909, avec M™« Soïni (Thérèse), MM. Saimprey (André Thorel), et Bruzzi (Marquis de Clairval). Cette œuvre ne fut donnée que lieux autres fois.
Quo Vddis, opéra en o actes et 7 tableaux, de Henri Gain, musique de Jean Nouguès. La première représentation eut lieu le 23 décembre 1909, et l'interprétation fut confiée à MM. Pascual (Vinicius), Roselly (Petroue), Saimprey (Chilon\ Sorrèze (Néron), Cotreuil (l'apôtre Pierre); M"i''^ Comte (Lygie), Dallety (Eunice), Soïni Poppée). Les autres rôles, moins importants, étaient tenus par M™''^ Donaldson, Gortez, Wuilliarthe, MM. Rougon,^Burgat, Maire, Dalbies, Lenglier (Ursus), Legrand (Croton), etc.
Les décors magnifiques avaient été brossés par M. Rambert; la mise en scène, fastueuse, avait été réglée à merveille par M. Jahn ; le ballet était renforcé et couiplélé par des danseurs; enfin, la salle était, aux premières représentations, éclairée du haut en bas. Le tout formait un spectacle superbe pour les yeux, et cette précaution n'était pas inutile, car, réduite à ellemême, la musique eût semblé plutôt maigre.
Et, cependant, cette œuvre eut vingt-quatre représentations, produisant une recette totale de 60,967 francs.
L' Anniversaire, drame lyrique en 1 acte, de Jean Ferval, musique d'Adalbert Mercier. Première et unique représentation le 14 janvier 1910, avec M^es Soïni, Donaldson, MM. Cotreuil et Lavarenne.
Charlotte Cordaij, drame lyrique en 3 actes et o tableaux, d'Armand Sylvestre, musique d'Alexandre Georges. Première représentation le 9 février 1910, suivie de deux autres. M^e Georgette Leblanc chanta le rôle de Charlotte Corday qu'elle avait créé en 1!)01 à rOpéra-P()|)ulaire de Paris. Les autres interprètes étaient M"i« Corlez, MM. Sorrèze, Saimprey et Rougon.
liépei*(oire d'opérette. — M. Ferme, qui avait négligé complètement l'opérette pendant sa première année d'exploitation, reprit ce genre au cours de la saison 1909-1910, sans en abuser toutefois, et donna ainsi :
Lfi Fille du TnmboHr-Majn)'{2). Les MoKsqKi'taiipsaii Courent (^).
Mam'zdle Nitoiiche (1). Les P'tites. Micini (2).
La Mascotte (2). Bip-Rip (2).
Miss Hébjett (3).
Soirée concertante. — M. Gaston Perducet organisa pendant la saison une soirée au prolit de la Glianson Normande. Après une partie de concert on donna La Terre Normande, de Jacques Hébertot.
Représentations draniatiqnes en conrs de saison. —
Notons sous cette rubrique :
Modestie et Connais-toi, de Paul Hervieu, par la tournée Baret, avec Paul Mounet, de la Comédie-Française;
VAne (le Buriilan, de de Fiers et de Caillavet, également par la tournée Baret;
Le Scandale, de Henry Bataille, avec M^*'' Berthe Bady, de la Benaissance, la créatrice du rôle de Cbarlotte Ferroul ;
L' Arlcsienne, avec M. Alexandre, de la Comédie-Française;
Beethoven, pièce en 3 actes, de notre concitoyen Bené Fauchois, qui interpréta lui-même le rôle du grand compositeur. L'orchestre du Théâtre-des-Arts, sous la direction de M. Mathieu, exécuta les morceaux qui servent de prélude aux actes, comme les ouvertures de Coriolan et de IJonore, et des fragments de la deuxième et de la huitième symphonies qui se mêlent à l'action ;
// Hait une Berç/èie, de Bivoire, et Suzette, comédie de Brieux, avec Mil" Suzanne Desprès, de la Comédie-Française;
La Tête à l'envers, de François Lorson, et Chanlauclair . . . de lune, avec M^e Anna Thibaud, la reine de la chanson, qui se Ht entendre dans son répertoire ;
Un Anç/e, de Capus, par la troupe des Variétés, comprenant les excellents interprètes qui sont M™*^** Lavallière, Marie Magni(!i-, Marguerite Ugalde, et MM. All)ert Brasseur, Guy et Prince.
Dernières seinaiin's d'exploiCulioii. — i*our remplir ses ileruières seiiuiines cl'exploitalioii réglementaires, .M. Fermo donna :
fji Tour (le i\esle ;
Heureux père, La Gaffe de Bridour. Alfred ou le Ju(/e île Pair rnalijrè lui, avec Dranem, qui interprétait son répertoire de l'Eldorado;
La liencontre, de Pierre Bertou, avec M'»'^^ Cécile Sorel ei Robinne, MM. Grand et Brunot, de la Comédie-Française ;
Sire, de Henri Lavedao, avec Huguenet, de la. Comédie-Française ;
Chanteeler, de Rostand, par la tournée Hertz et Coquelin;
La Bigote, de Jules Renard, Lu ('ruche et Lu Peur des Coupa, de Courteline, avec Colette Willy et Mévisto ;
Modestie et Connais-toi, avec M. Le Bargy, de la Comédie- Française.
Représentations ayant précédé et suivi la saison. —
Pendant le mois de septembre et au commencement d'octobre 4909, diverses œuvres dramatiques furent représentées:
Le Boi, avec Albert Brasseur, des Variétés ;
La Tosea, avec M^ie Brille;
Donnez Grand' Mère , et L,e Cheminean, de Ricbepin, par la tournée Parny ;
L'Oiseau Bleu, de Capus, et L'Écentail, de de Fiers et de Caillavet, par la tournée Baret;
Les Bun/rares, de Victor Hugo, avec M"i'" Segond-Weber, MM. Albert Lambert fils et Paul Mounet, de la Comédie-Française ;
(yiirano de Bergerac, par les artistes de la Porte-Saint Martin.
Après la saison, c'est-à-dire en mai, juin et juillet 1910, nous avons à signaler :
Le Procès lie Jeanne d'Arc, le drame d'Em. Moreau, avec \|mf, Sarab Bernbardt et les artistes de son théâtre ;
Mick et Lip, de Jean JuUien, L'Amour veille, de de Fiers et de Caillavet, avec M™» Blanche Toutain ;
Bug Blas, avec M™e Lara. MM. Albert Lambert (ils et Brunot, de la Comédie-Française ;
V Amour veille, avec M™e Jane Martiny et M. Georges Berr, de la Comédie-Française ;
Hamlet, avec M™" Lara et M. Albert Lambert fils ;
Enlin, La liabouillense, le drame d'Em. Fabre, forma le spectacle gratuit du 14 Juillet.
Recettes. — La saison lyrique proprement dite produisit 287.088 f. 90
A quoi il convient d'ajouter les représentations antérieures et postérieures à la saison. . . 53.259 05
Ensemble 340.347 f. 95
Les recettes, déjà très bonnes en novembre et en décembre, progressèrent beaucoup en janvier, grâce à Quo Vadis , qui poursuivit une si brillante carrière au point de vue financier.
Faits divers. - Nous avons vu que, depuis 1897, les dames n'étaient aduiises aux places du rez-de-chaussée qu'après avoir enlevé leur chapeau.
Un arrêté du Maire, en date du 30 septembre 1909, étendit ces dispositions aux loges de côté et aux fauteuils de balcon; toutefois, par un communiqué inséré dans les journaux quelques jours après l'ouverture de la saison, la Direction faisait savoir que les chapeaux seraient de nouveau tolérés au deuxième rang des fauteuils de balcon et dans les loges.
DIRECTION FERmO Année théâtrale 1910-1911
Le Conseil municipal, dans sa séance du 14 janvier l'JKJ, accepta la demande de M. Fermo tendant à obtenir la concession du Théàlre-des-Arts pour la campagne 1910-1911, Il fit en même temps, sur la demande de celui-ci, quel([ues légères retouches au cahier des charges :
Report au 15 octobre de l'ouverture de la saison fixée auparavant au 8, afin de permettre aux artistes, choristes et musiciens retenus dans les casinos de villes d'eaux ou de bains de mer d'arriver en temps utile pour prendre part aux premières répétitions ;
Versement du solde de la subvention à la lin de la saison lyrique, et non plus à la fin du septième mois d'exploitation obligatoire.
Le rapporteur de la question au Conseil municipal. M.Lucien Valin, concluait en même temps au maintien de la subvention fortement battue en brèche depuis plusieurs années et, pour cette raison, crut devoir développer les arguments à l'appui et qui peuvent se résumer ainsi :
Il n'est pas vrai de dire que le public abandonne le théâtre ; il y vient, au contraire, quand ou y donne de beaux et bons spectacles.
Le personnel du théâtre fait sur place des dépenses et les habitants de la banlieue ou des environs ne sont pas sans laisser quelque argent à Rouen quand ils viennent au spectacle ; la subvention nest donc pas perdue, car elle accroît le mouvement commercial de notre ville.
Enfin, la suppression de la subvention équivaudrait à la suppression du genre lyiique et. partant, à la fermeture du théâtre.
Ces raisons parurent convaincantes, car le Conseil atlopta le cahier des charges à l'unanimité moins i voix.
Et cependant ne peut-on pas se demander si la somme allouée
par la Ville est bien employée quand elle sert à monter des pièces qui ne contribuent certes pas à faire l'éducation musicale de la masse.
Et, par contre, les crédits votés pour acquisitions nouvelles dans les Musées et la Bibliotlièque publique sont tout à fait insuflisants et presque dérisoires, si on les compare au chilire de la subvention !
Le public, dira-t-on, a les spectacles qu'il mérite. C'est exact, et on ne peut blâmer un directeur de monter des pièces qui lui donneront du bénéfice. Mais si le théâtre joue ce qui rapporte et ne joue pas ce qui est beau, à quoi sert celte subvention ?
Saison lyrique. — L'ouverture de la saison eut lieu le 12 octobre avec Les HugnmoU, et la ti'oupe fut constituée comme suit, sans qu'aucune modification ultérieure y eût été apportée : MM. Théodore Mathieu, chef d'orchestre ;
Tasset, deuxième chef d'orchestre ;
Jahn, régisseur général ;
Gaillard, fort ténor;
SoRRÈzE, ténor demi caractère ;
Pascual, ténor demi-caractère;
(iRiLLiÈRES, ténor léiJier, assumant l'emploi de 2" ténor;
Nucelly, baryton de grand opéra ;
Saimprey, baryton d'opéracomique ;
Aumônier, basse noble;
Bruinen, basse chantante ;
RouGON, deuxième basse ;
DuBUARD, trial ;
Ometz, laruette ; Mmes Magne, forte chanteuse falcon ;
Blot, chanteuse légère de grand opéra ;
Ducau, chanteuse légère d'opéra-comi((ue;
KmooFF, contralto;
Streletski, première du gazon ;
Ql'ercy, deuxième dugazon ;
Lamberti, duègne;
Sberna-Grillières, maîtresse de ballet;
;\[ra^s Blanche Mignon, première danseuse noble; Zetti, première danseuse deini-caraclère; Barbero, première danseuse travesti.
Nous retrouvons donc bien des artistes de la saison |)récédente, mais à côté d'eux quelques revenants sont à signaler : M. Nucelly, qui avait échoué quelques années auparavant, dans l'emploi de baryton; M^''' Blot, la chanteuse légère de 11)06-1907; M. Bruinen, qui avait déjà tenu l'emploi de basse chantante en 1902-1903; enlin, la maîtresse de ballet, M^'^Sberna-Grillières, qui avait été danseuse noble pendant la même saison.
Képei'toire lyrique. — V^oici la liste des trente-six œuvres reprises pendant la saison :
L'Africaine 2 .
Àïda 0 .
Le Barbier de Sêvilie (2).
Carmen (8).
Cavalleria Rusticana (3).
Le Chalet (2).
La Dame Blanche (o)K
Les Drayons de Villars (2).
Faust 8).
La Favorite (2).
La Fille du Ré(jimenl (2).
Cuillaume Tell (o).
Hœnsel et Cretel (3).
Haixdet (2).
Un-odiade (1).
Les HiKjuenots (4).
Le Jonf/lear de Notre-Umne ('.)).
La Juive 2 .
Lakiiir (Ji).
Lohemirin 3 .
Le Maître de ChaprUr (2 .
Manon (10 .
Mignon Oi).
Mireille (6:.
La Navarraise 3).
Les Noces de Jeannetle (3).
Paillasse (2).
Ilujoletto (i).
Roméo et Juliette (2).
Samson et Dalila (2).
Sifiard (2).
La Tosca (2).
Le Trouvère (1).
La Vie de Bohème (1 .
Le Voyafie en Chine (1).
Werther ii).
Artistes en représentation. — Comme tous les ans, le rôle de la Carmencita fut interprété par des vedettes de l'Opéra- Comique et on entendit MI^^n Bailac et Marié de l'Isle, qui y remportèrent chacune leur succès. M. Clément, également de rOpéra-Comi(jue, chanta une autre fois le rôle de don José.
Le rôle de Faust fut rempli à souhait par deux ténors de l'Opéra : MM. Muratore et Campagnola, et ce dernier s'était produit auparavant dans lioméo et .Juliette.
I. Y compris la repivsiMitalion ilu S juin l'.Ml doiiur'O à l'occasion des Fûtes du Millénaire noniiand.
]\Ime Marguerite Carré, de l'Opéra-Comique, donna une nouvelle audition de La Vie de Boliènu'.
M'i'^ Geneviève Vix, du même théâtre, eut un vif succès dans Manon et La Tosca.
]\lmeCaro-Lucas, de l'Opéra, chanta le rôle d'Eisa, de Lohewjrin.
\Ime j)ratz Barat, notre ancienne pensionnaire, repritses rôles de chanteuse légère dans Uanisel et (iretel, Manon et Fji Dame Blanche, et, dans cette même o'uvre de Boieldieu, M. Francell, de rOpéra-Comique, vocalisa à ravir le diflicile rôle tie Georges Brown.
Nouveautés. — Trois œuvres nouvelles, dont une seule, la première, présentait de sérieuses qualités.
Aphrodite, drame musical en 5 actes et 6 tableaux, par Louis de Gramont, d'après le célèbre roman de Pierre Louys, musique de Camille Erlanger, La première représentation fut donnée le 44 décembre 1910 avec M.'^'^^ Blot (Chrysis), Kirdorlï (Ghimairis et Bacchis), Ducau (Myrto), Strelelski (Rhodis), M. Pascual ( Demelrios ) MM. Aumônier, Grillières, Bougon, Maire, Mmes Quercy, Debons, Lamberti, Castille, etc..
De nouveaux décors brossés spécialement par M. Rambert. une mise en scène très soignée et très réussie et le mérite intrinsèque de la partition eussent du assurer le succès, mais peut-être à cause de la faiblesse et de la froideur des deux ])rincipaux interprètes, l'œuvre languissait, et le public se faisait rare, quand M. Fermo eut la i)onne inspiration de faire appel à Mil" Chenal, de l'Opéra-Comique. Ce fut pour beaucoup une révélation, le rôle fort important de Chrysis prit alors toute sa valeur, et les quatre représentations (|ui furent ainsi données vengèrent le compositeur,
Aphrodite eut neuf représentations ayant produit 20,803 fr. 80 de recettes; c'est assez dire que les cinq premières avaient été bien peu suivies.
M. Erlangei-, qui avait été acclamé lors de la première représentation, dirigea lui-même le 4® acte à la sixième.
Iji i'ibi, drame musical populaiie en 4 actes et 5 tableaux, de Henri Gain, daprès le roman de Uichepin, musiciue de Gabriel Dupont. Première représentation le 4 janvier 1911, avec
— 2(io —
Ml'" Vix, de l'Opéra-Comique (la Glu), M^e Magne (Marie-des- Anges), Mii« Ducau (Naïc), MM. Nucelly (Gillioury), Sorrèze (Marie Pierre!, Bruinen (docteur Cézambre), Grillières (conile de Kernan).
De très beaux décors avaient été faits par M. Ranibert, et la mise en scène ne laissait rien à désirer.
Par l'intérêt du livret et le mérite de l'interprélalion, celte o'uvre eut un certain succès et fut donnée dix fois (recette 22,246 fr. 20).
M"e Mastio, de l'Opéra, remplaça MH" Vix à trois représentations.
Soléa, drame lyrif|ue en 4 actes et 5 taljleaux. d'isidor de Lara, l'auteur de Moina et de Messaline. Pour faire un peu de bruit et de réclame autour tie l'œuvre, une avant-première fut donnée le 25" février 1911, dans l'après-midi, en présence de quelques notabilités |)arisiennes et de beaucoup d'amis de l'auteur. La véritable première eut lieu le 27 février, et les principaux rôles étaient tenus par M""*^ Magne (Soléa), MM. Gaillard (Lioncel), Saimprey (Riinabonjbas)
M. Rambert s'était encore surpassé, et cette (euvre eut neuf représentations produisant 20,493 fr. 30 de recettes.
Ces deux cbifïres sont les mêmes que pour Aphrodite, et, cependant, MM. Erlanger et de Lara n'eussent pas dû rencontrer le même accueil de la part du public.
A propos de ces ceuvres nouvelles, il se lit quelque bruit dans la presse, car un membre de la Commission consultative s'y plaignit, non sans raison, (|ue les nouveautés promises n'étaient jamais données.
La seconde année de son ex|)loitalion, .M. Fernio avait, en effet, annoncé Quo Vuilis et Ajiliroilitr, et avait substitué à cette dernière œuvre Charlotte Cor'lay.
Pour l'année qui nous occujje, les nouveautés acceptées i)ar la Commission étaient Aphroilite i'[ Ixm niiirhutle, de Massenet, et de cette diMiiière œuvre il n'était |)lus question. Que devenait le cabier des charges? Les choses n'allèrent pas bien loin, car la Commission, réunie s|)écialement, autorisa M. Fermo à renvoyer Don Quichotte à l'année suivante, et constMilit à compter Soléa comme la seconde (euvre imposée.
Mais celte discussion présageait de nouvelles hostilités au sujet de l'observation des clauses du cahier des charges, et nous verrons, eu nous occupant de la campagne 1^11-1912, que divers incidents surgirent et que la justice fut appelée à dire le dernier mot.
Képei'toire d'opérette. — Pendant la saison quatre opérettes seulemeut furent reprises :
Lu FilU'dii Tanihoiiy-Majo}' (l). Ln MtixcoKe (2).
Le Gyfiiid Mofiol (1). Les Mousquetaires a k ('oin-cnl (2.).
Mais une œuvre nouvelle surgit: La Veuee Joyeuse, opérette en 3 actes, adaptation française de G. de Caillavet et de Fiers, musique de Franz Lehar.
La première fut donnée le 27 janvier 1911, avec MH*? Suzy Delsart, du théàlre Apollo, engagée spécialement (Missia Palmieri , MM. Grillières Danilo), Saimprey (baron Popofi), Dubuard (Figg) ; M^^^ Streletski, Laniberti, MAL Rougon, Maire, Dalbiès, Roger, etc.
L'orchestre était conduit par M. Szulc, du Théàlre Apollo,
Fort bien montée, très richement même, interprétée d'une façon remarquable par toute la troupe, cette opérette eut cette année-là vingt-neuf représentations, donnant un total de 83,538 fr. 35 de recettes.
On ne dira pas que les Rouennais n'aiment pas la musique! Mais nous croyons devoir rappeler que les vingt-six représentations de Lohenijrin, lors de la création, ne firent que 63,758 francs de recettes, et encore grâce à un exode de Parisiens.
Kepréseiitation draiiiati(jiie en cours de saison. — Une
seule représentation de ce genre eut lieu; le programme comportait Iji Vierge Folle, de Henry Bataille.
DeiMiîères semaines d'exploitation. — Cette tiernière péiiode d'exploitation oi)ligatoire ne ht pas grand bruit. On y donna :
f.'AwHiion, pièce en i acte, de M""" Marie Gex, et \antho chez les Courtisttnes , de .lacques Richepin, musi(|ue de scène de Xavier Leroux ;
Plusieurs représentations de Ltt Jeunesse des Monsijuetaires et (le Mnijt Ans après. d'Alexandre Dumas;
Mndesiie, en 1 acte, de Paul Hervieu, et Mnn Ami Tnhli/, de Rivoire et BesnartI, par la tournée Baret ;
Montmartre, de Pierre Frondaie, avec une troupe du théâtre de la Renaissance ;
Enfin, L'Aiglon, avec M^e Blanche Dufresne.
Hepi'éseiitations ayant précédé et suivi la saison. —
Quelques représentations furent données en août el septembre 1910 :
Le lioi, par la tournée Achard ;
L'Aiglon, de Rostand, avec Sarah Bernhardt;
Le Bois Sacré, avec Max Dearly et .M"^« Blanche Toutaiu :
La Main (hins le Sac, en un acte, de Bousquet, et La lieme île 1910, revue opérette, de Rip, avec Polin dans le principal rôle;
Enfin, Hernani, avec M^^e Segond-Weher et M. Albert Lambert fils, de la Comédie-Française, MM. Albert Lambert père et Marquet, de l'Odéon.
Les fêtes du Millénaire Normand qui eurent lieu à Rouen au mois de juin 1911, donnèrent lieu, du 4 au 11, à diverses représentations sur notre première scène.
Tout d'abord, pour honorer trois de nos plus célèbres compatriotes, on joua le quatrième acte du Comte d'Essex, de Thomas Corneille, Le Menteur, de Pierre Corneille, avec Dehelly, de la Comédie-Française, et le (|uatrième acte de l^ouis XI, de Casimir Delavigne.
Puis un concert fut donné au profit du rachat de la maison natale de Pierre Corneille, avec le concours de la Société Chorale de la Fédération du Con)merce de Christiania et de la Musique municipale. M. Texcier, professeur au lycée, lut des vers de Camille Ce, et une ballade de Jacques Hébertot termina le spectacle. Ce fut une vraie soirée de gala, et toutes les notabilités de la ville y assistèrent.
Le lenilemain, MH'-'' Robinne et Lifraud. de la Comédie-Française, vinrent interpiétei" trois actes de l'sijrhé, la tragédie-ballet de Corneille et de Molière, dont la musique fut exécutée sous la direction de M, Anfrv. Une conférence de M. Julien Tiersot
sur liclln-ophon, tloiil furent joues des fragments, et des rondes et des chansons normandes, commentées par M. Tranchepain, complétaient le spectacle.
La Dame Blanche devait naturellement trouver place dans cette série consacrée à la Normandie. Le Comité lit appel à M. Clément, de l'Opéra-Comique, et à M^^'? Tesorone. Les autres rôles étaient tenus par les artistes de la troupe dont la saison venait de finir. Les chœurs et l'orchestre étaient dirigés par M. Lallitte.
Enfin, le dernier jour, 11 juin, une représentation gratuite comporta La Conjuration d'Aniboiae, de Louis Bouilhet. Les reines de Paris, de Calais et de Normandie, escortées de leurs demoiselles d'honneur, avaient pris place aux fauteuils de balcon, et le public leur fit un accueil enthousiaste.
La représentation offerte à la population rouennaise à l'occasion de la Fête Nationale se composa de Papillon dit Lijonnais le Juste et de L.a Marseillaise, pièce en un acte.
Recettes. — Les recettes de celte campagne théâtrale ont
encore augmenté et se sont élevées:
Pour la saison lyrique, à 307. 428 f. 30
Pour les représentations ayant précédé et suivi
cette saison, à 35.774 »
Ensemble 343.202 f. 30
Le mois le plus fructueux fut le mois de février, qui donna 68,583 fr. 65 de recettes, grâce à Lai Veure Joyeuse, dont le succès ne s'épuisa pas.
Nous avons cependant la satisfaction de constater que la plus belle recette fut faite lors de la représentation de La Datnc hlanche, donnée en matinée, avec le concours de M. Fraucell (4,147 fr. 55).
Faits divers. — Le plancher de l'euiplacement réservé à l'orchestre fut encore abaissé. Cette mesure parut présenter de farauds avantages, au point de vuetle la sonorité, pour les instruments en cuivre, mais donna de moins bons résultais pour les instruments à cordes.
DIRECTION FERMO Année théâtrale 1911-1912.
M. Fernio ayant exprimé au Maire, dans les premiers jours (le janvier 1911, le désir de continuer l'exploitHÙon du Théàtre- (les-Arls pour une nouvelle saison, comme le |)ermettait le cahier des charges, sa demande fut accueillie favorablement.
Saison lyrique. — La troupe fut constituée comme suit :
MM. Théodore Mathieu, chef d'orchestre ,
Théodore Alenus, deuxième chef d'orchestre ;
Depère, rég-isseur général ;
Cremel, premier ténor;
Geyre, ténor léger ;
Grillières, ténor léger, assumant l'emploi de deuxième
ténor ; Bruyas, baryton d'opéra ; Delpret, baryton d'opéra-comique; Aumônier, basse noble ; Baer, basse chantante ; RouGON, deuxième basse ; DuBUARD trial ; Ometz, laruette ; \fmos Magne, forte chanteuse falcon ; Lina Dilson, chanteuse légère :
RoMANiTZA, chanteuse légère, qui résilia en novembiv; Berthe Soyer, contralto ; Mativa, première dugazon; DuBREUiL, deuxième dugazon; Feitlinger, duègne; Sberna-Grillières, maîtresse de ballet ; Blanche Mignon, première danseuse noble ; Labbé, première danseuse demi-caractère ; Barbero, première danseuse travesti.
M. Mathieu faisait ainsi sa quatrième année de chef d'orchestre. A coté de lui, nous retrouvons MM. Grillières, Aumo-
nier, Roiigon, Dubuard, Omelz, M™«^ Magne, Sberiia-Grillières, Mignon elBarbero qui avaient fail partie de la précédente troupe. M. Baër avait déjà tenu son emploi en 1908-1909, M™- Soyer était déjà connue comme étant venue en représentation cbanter .s'ûfms-oH et Dnlila plusieurs années auparavant.
Répertoire lyrique. — Les vingt-neuf œuvres suivantes furent reprises pendant la saison :
L'Africaine (2). Lakiiié (o).
Li> lUnbiev de Hh-iUe (2). lohenuriu (1).
Carmen ((j). Manon (7).
Cavalleria Rusticana (2). Mif/non (3).
Le rhemineau (3). Mireille (3).
La Dame Blanche (3). Jm Navarraise (2).
les Dragons de Yillnrs l;. Les Noces de Jeannette (1).
Faust (7 . Paillasse (2).
La Fille du Régiment (3). Rigoletto (2).
nuillaume TeÙ (1). Samson et Dalila (2).
Handet(\). " Sigurd (i).
Hnodiade (1). La Tosca (2).
les Huguenots (2). Le Trouvère (1).
Le Jongleur de Notre-Dame (2). ]yertlier (3). L.a Juive (1).
Artistes en représentation. — Plusieurs artistes se firent entendre pendant la saison, notamment des ténors et barytons de grand opéra, les titulaires de ces emplois étant notoirement insuffisants.
Nous citerons :
Mlle Chenal, de l'Opéra, qui, en dehors de L'Aiihe liouye, chanta Carmen et La Tosca ;
Mlle Geneviève Vix, de l'Opéra-Comique, dans Manon;
Mlle Danlhesse, de l'Opéra-Comique, dans Mignon:
M™" Jane Arald, ex pensionnaire de l'Opéra, dans Ilamlet et Rigoletto ;
Mil*' Suzy Delsart, du théâtre Apollo, ilans l'opérette ;
M. Fontaine, de l'Opéra, dans sigurd, Les Huguenots, et Le Trouvère ;
M. Escalaïs, de l'Opéra, dans La Juive ;
M. Boulogne, de l'Opéra, dans SIgnrd. Le Cliemineau et Hêro- (liade :
iM. BuLirbon, de rOpéra-Coiiiique, dans Le Cliniiincau ;
M. Albers, de l'Opéra-Gomique, dans La Toscd ;
M. Roselly, de l'Opéra, noire ancien baryton, dans Lu Toscn, Hamlet, Rirpletto, (inlllaumc Tell :
Enfin, M, Franz, de l'Opéra, qui se montra, comme toujours, incomparable dans Lohcnffrin ; mais la représentation de gahi donnée à cette occasion fut troublée par des protestations violentes et, d'ailleurs, très justifiées, contre l'insuHisance par trop évidente du baryton Bruyas, que la Commission consultative avait cepenrlant admis quelques jours avant.
Xoiiveautés. — Sous cette ruliri(|ue, nous avons à signaler quelques belles œuvres :
La LJijende du Point <l/Ari/entnn, opéra en 1 acte, de Gain et Bernède, musique de Félix Fourdrain. La première fut donnée le 3 novembre 1911, et fut suivie de deux autres représentalions. La distribution en avait été confiée à M™'** Magne (l'Ouvrière), Romanitza. qui résilia peu de temps après (la Vierge), M. Rougon (le Mari).
Don Quichotte, comédie héroïque en o actes, d'Henri Gain, musique de Massenet. La première représentation eut également lieu le 3 novembre 1911, avec MM. Baër (don Quichotte), Delpret (Sancho-Pança), M™" Soyer (Dulcinée), et MM. Gril- Hères, Servin, M^^''^ Dubreuil et Mérol. De fort beaux décors brossés par M. Ramberl, une mise en scène soij^née et une interprétation excellente firent le succès de cette pièce qui fut jouée dix fois, profluisant une recette de 19.519 fr. 70.
Tiefland (Terre-Basse), drame lyrique en 2 actes, avec prologue, adaptation française de Jean Bénédict, d'après Rodolphe Lothar, musique d'Eugène d'Albert. Gette pièce tomba absolument à plat, peut-être à cause de son titre qui ne fut pas compris et du livret qui présentait des situations vraiment choquantes. En tous cas, la partition méritait mieux, et avait d'ailleurs eu un véritable succès sur plusieurs scènes étrangères. Quoi qu'il en soit, la première représentation eul lieu le 13 décembre 1911 (recette 992 fr. 6o) ; quant à la seconde et dernière qui fut donnée deux jours après, elle produisit une recette de 217 fr. 90 ! Les principaux rôles étaient tenus par M™" Magne et MM. Geyre, Delpret, Aumônier, Grillières.
L'Auhe HoiK/e, drame lyrique inédit ea 4 actes et 5 tableaux, d'Arthur Bernède et Paul de Glioudens, musique de Camille Erlanger, représenté pour la première fois à Rouen le 5 janvier 1912. Les rôles avaient été distribués de la manière suivante : M"'' Chenal, de l'Opéra fOlg-a), M™« Berthe Soyer (Natacha), MM. Cremel (Serge Markariew), Baër (Kouraguine), Bruyas (Pierre du Ruys), Grillières (^Vassili), iVumouier (le Grand Duc Grégorief), Rougon (Lovarof), etc. Cette partition originale, d'une orchestration très soignée, eut un vil succès auquel contribuèrent un grand luxe de mise en scène et de costumes et les nouveaux décors dus à M. Rambert. M^J^ Chenal, qui avait un rôle écrasant, y fit montre des grandes qualités de chanteuse et de comédienne, déjà appréciées du public, et l'œuvre eut huit représentations produisant 21,679 fr. 75 de recettes.
L'Aigle, épopée lyrique inédite en 4 actes et 10 tableaux, de Henri Gain et Louis Payen, musique de Jean Nouguès. Cette œuvre fut représentée pour la première fois' à Rouen le 2 février 1912, avec une mise en scène absolument merveilleuse. Tous les tableaux se passaient dans des décors splendides dus à MM. Rambert, de Cassina et Roger, et les costumes étaient inspirés des peintres de l'époque. On admira surtout la scène du Sacre, reproduction exacte du tableau de David, la terrasse des Feuillants, le bal de Frascati, la retraite de Russie, avec une grande scène dans laquelle le célèbre tragédien de Max déclamait L' Expiation, de Victor Hugo, etc. La troupe presque entière figurait dans la pièce, et les principaux rôles étaient tenus par M. Albers, de l'Opéra-Gomique (Napoléon), M'n» Jane Henriquez, de l'Opéra (Joséphine), M"^^ Magne (Marion), MM. Cremel (Barras), Baër (Toussaint), Bruyas (Junot), Aumônier (Duroc), etc. M. de Max fut remplacé après les premières représentations par M. Baër. M. Delpret tint, à son tour, le rôle de Napoléon, et Mi^^ Lenepveu celui de Joséphine.
En somme, « cette grande épopée avait, comme le dit M. Adolphe Jullien dans le Journal des Débats, tout juste le prix d'un long spectacle cinématographique, accompagné de la musique rudimentaire habituelle. » Elle eut, cependant, un
immense succès, et vingt-deux représentations produisant 07,250 francs de recettes.
Di'janirc, tragédie lyrique en 4 actes, de Louis Gallet et Camille Saint-Saëns, musique de C;imille Saint- Saëns. La première représentation eut lieu le 23 février 1912, avec MM. Fonlaine. de l'Opéi-a (Hercule , Roselly, également de l'Opéra CPIiiloctète), xMm«s Magne iDéjauire), Soyer (Phénice, Dilson (lole).
Les costumes étaient fort riches, mais pour les décors, on s'était contenté de rafraîchir quelques toiles sortant du magasin de la Haute- Vieille-Tour.
Nous avons le regret de dire qu'une œuvre de cette valeur, due à un compositeur qui honore la musique contemporaine, n'eut que trois représentations (recette 8,949 fr. 70).
Djonlis, drame lyrique en 3 actes, poème et musique de M. Raymond Chanoine-Davianches, notre concitoyen, qui faisait ses débuts, au théâtre tout au moins. Son œuvre, quoique écrite dans la forme wagnérienne, ne manquait pas d'originalité, et témoignait d'une connaissance approfondie de la technique musicale. Aussi, la première représentation •qui fut dorjnée le 14 mars 1912 fut un succès, et l'auteur fut appelé sur la scène et acclamé. Les principaux rôles furent créés par M'""* Dilson (Sfana), Soyer (Wolda), MM. Roselly (Djordis), Baër (Wall), Cremel (Wilkin). Deux autres représentations eurent lieu avant la clôture de la saison.
Ueprésentatioiis extraordinaires. — Mii/ncn fut donné le 20 octobre 1911 à la mémoire d'Ambroise Thomas, né à Metz, en août 1811, et après la représentation M. Grillières vint dire des vers de M, Marins Dillard, devant un portrait du compositeur, entouré de draperies et de pahnes.
Une autre représentation plus intéressante fut donnée le 27 mars 1912, au bénéfice de M. Théodore Mathieu, chef d'orchestre.
L'orchestre exécuta l'ouverture du Tannhauser, kare, la partition nouvelle de M. Deulsch de la Meurthe, l'ouverture et la farandole de L'Arlèsicnuf, puis M™- Henriquez et M. Roselly chantèrent des fragments du Tttnnhauat'r, et M"" Henriquez se fit entendre dans Iji Procpsuion, de César Franck, hjnnlis termina le spectacle.
Répertoire d'opérette. — L'opéretle triompha encore cette année-là, car Jji Veuve Jo,jeuse eut vingt-deux représentations, et deux nouveautés furent données au public.
Jm Divorcée, en 3 actes, de Victor Léon, adaptation française de Maurice Vaucaire, musique de Léon Fall, avec M™''» Suzy Delsarl et Jane Arald, el MM. Grillières, Baër, Dubuard, etc. Première représentation le 29 décembre 1911, suivie de onze autres;
liêre (le Valse, 3 actes, de Doerman et Jacobsen, adaptation française de Xanrof et Chancel, musique d'Oscar Strauss, toujours avec M™"^ Suzy Delsart el Lenepveu et MM. Grillières, Dubuard, Rougon, Onietz. Sept représentations, dont la première le 20 mars 1912.
Dernières semaines d'exploitation. — Pour finir la durée de la saison obligatoire on donna encore quelques représentations de néve de Valse, puis :
Le Roi s'amuse, avec la tournée Achard ;
Léonie est ^n avance nu le Mal joli, et Xantlio chez les Courtisanes, également avec la tournée Achard ;
La Flambée, de Kistemackers, avec la tournée Baret ;
Primerose, de de Fiers et de Caillavet, également avec la tournée Baret ;
Le (ioi'it du Vice, de Lavetlan, avec M"""^» Blanche Pierson et Robinne, et M. Dessonnes, de la Comédie-Française.
Incidents de la saison. — Nous avons dit que la représentalion de tMlient/rin, donnée avec le concours du ténor Franz, de l'Opéra, avait donné lieu à de violenles manifestations contre le baryton Bruyas. Quelques jours après, une représentation du Trouvère, dans laquelle M. Fontaine, de l'Opéra, tenait le rôle de Manrique, vit le renouvellement de scènes semblables dirigées contre le même artiste; mais alors, pour i)ermeltre à la police d'appréhender les sitïleurs, on allumait le lustre en grand chaque fois que le comte de Luna devait paraître en scène; le spectacle ne man((uail pas de pittoresque avec cet éclairage vaiiant selon le timbre de la voix du personnage.
Le journal La Dépêche reprocha alors à la Commission consultative de ne pas avoir exigé le remplacement de M. Bruyas,
et, à celte occasion, voulut prouver par des faits, connus qu'il n'y avait plus de contrôle ni de j,^arautie pour le public (ce qu'avait dit d'ailleurs déjà un membre de la Commission dans une lettre publiée par les journaux). 11 concluait en faisant jçrief de cette situation à la Municipalité et à .M. Fermo. Celuici, alors, assigna La Dépêche devant le Tribunal civil, lui réclamant 10,000 francs de dommages-intérêts.
L'alïaire fut plaidée les 24 et 29 janvier 1912 par M*» Jouvin pour M. Fermo et par M« Métayer pour le journal, et nous engageons vivement les amateurs à relire le résumé des plaidoiries; ils y trouveront des détails toujours intéressants et souvent amusants sur l'exploitation du Tbéàtre-des-Arts pendant ces dernières années. Par jugement du 19 février, M. Fermo fui débouté de sa demande et condamné aux dépens.
Des débats et des motifs du jugement, il résultait que La Dépêche n'avait fait qu'user d'un droit absolu en commentant les infractions au cabier des cbarges, dont la principale était l'abus de l'opérette.
Un autre incident violent est à noter: le diinancbe 18 février, en matinée, M^" Vix, de l'Opéra-Comique, chantait le rôle de Manon, quand elle fut prévenue par téléphone ({ue son service la réclamait le soir à Paris pour chanter ce même rôle, par suite de l'indisposition d'ime de ses camarades. Elle dut donc prendre le train de 4 h. ol, abandonnant son rôle après l'acte de Saint-Sulpice, et pour terminer la représentation, M'''' Dilson chanta les deux derniers tableaux.
Mais l'annonce de ces différents faits avait élé confiée à M. Baër. Plusieurs spectateurs, dont un abonné des fauteuils, .M. ])..., ayant réclamé le régisseur |)arhint au pul)lic, dont c'était incontestablement le rôle, M. Fermo se mil à invectiver sou abonné et voulut le faire expulser par le Commissaire de police, qui s'y refusa d'ailleurs.
Le même jour, en soirée, M. Fermo et M. D... s'élanl rencontrés au contrôle, l'entrevue manciua plutôt de cordialité.
Terminons en rappelant (|ue dans la séance du Conseil muni cipal du 20 mars 1912. M. Bénard (examina en détail la gestion
de M. Fermo, et en tira cette conclusion que les spectacles donnés ne justifiaient pas la subvention.
Il est juste de dire que pendant que L'MijIe et La Veuve Joyeuse se succédaient sur l'atliclie du Théàtre-des-Arls , les amateurs de musique pouvaient entendre Le Déhu/e^ de Sainl- Saëns, la neuvième symphonie de Beethoven, Le Ihiradis et la Péri, de Schumann, Joseph, de MéhuI, toutes œuvres de premier ordre données par des Sociétés locales composées d'amateurs, et non subventionnées.
Représentations ayant précédé on snivi la saison. —
Pendant le mois de septembre 1911 avaient été donnés :
Le Bois Sacré, avec Max Dearly et M^^^- Lucile Nobert ;
Lucrèce Boir/ia, avec Mi^^ Lucie Brille ;
Les Marionnettes, de Pierre Wolf, et Le Voijar/e aii Caire, par la tournée Baret ;
L.e Respect de l'Amour et Tartuffe, avec M. Le Bargy de la Comédie-Française ;
Enfin, Le Tribun, de Paul Bourget.
En juin et juillet 1912, c'est-à-dire après la saison ol)ligatoire, nous trouvons :
ïj' Mariage d'Hakonma , opérette de Laurent Kalet, dans laquelle se trouvait une scène ([ui permit à Mayol d'interpréter une partie de son répertoire ;
Le Petit Café, de Tristan Bernard ;
Le Duel et En Visite, de Lavedan, formant le spectacle gratuit du 14 Juillet.
Rei)résen talion an profit tl'Artliéniise Laniy. — Le
5 juin 1912 fut donnée une représentation extraordinaire au bénéfice de M"»*^ Arthémise Lamy, âgée de quatre-vingt-six ans, habilleuse du Théâtre-des-Arts depuis cinquante ans.
La bénéficiaire, retenue par la maladie, ne put malheureusement pas assister à cette fête donnée à son profit, ainsi que l'expliqua M. Fermo en commençant et en remerciant en son nom les artistes qui avaient bien voulu prêter gracieusement leur concours.
Pour prouver leur estinu» à la vieille habilleuse, plusieurs
comédiens rciioiiniics avaient tenu à (igurer au prograïuiiie fort i)ien coiiiiiosé.
Après Ij' lUiiser, de Tliéodore de Banville, IntfM-prété à ravir par Mil'' Duluc et M. Brunot, de la Comédie-Française, M. René Fauchois, l'auteur tie Beethoven, joua une scène d'une de ses œuvres inédiles qui se passe au début de la Révolution, et dans un à-propos en vers fit l'éloge de la bénéficiaire.
Puis, M. Albert Lambert, de l'Odéon, et M. Paul Monnet, de la Comédie-Française, se lirent applaudir dans diverses poésies .
Mme Régina Badet, de l'Opéra-Comique, remporta un vif succès dans des danses grecques.
Le spectacle se termina par Asile de Xnit, une pièce en 1 acte, de Max Maurey, et Iji Chance du Mari, de de Caillavet et de Fiers, avec Dumény et M"^*^ Blanche Toutain.
La recette s'éleva à 4,000 francs, mais M™'' Arlhémise Lamy n'en jouit pas longtemps, car elle mourut quelques jours après, le 12 juin.
Bilan de la saison. — Les représentations données au cours de la saison lyrique produisirent une recette totale de 332.79Df.l5
A quoi il convient d'ajouter pour le mois de septembre 1911 et les mois d'avril, mai et juin 1912 28.279 30
Ensemble 361. 074 f. 45
Fst-il besoin de dire que ce beau résultat linancier est dû à L'Mfjle et à La Veiice Jonerine'? L'œuvre de Nouguès lit même le maximum lors de la première représentation qui en fut donnée (4,339 fr. 05). Au contraire, Tiefland fit le minimum r217 fr. 90|.
Faits <livei*s. — Pour remédier aux inconvénients plusieurs fois signalés dans la presse, on rehaussa de 40 centimètres la partie du plancher où se trouve le quatuor des instruments à cordes, dont la résonnance se trouva ainsi mieux mise en valeur.
DIRECTION FERMO Année théâtrale 19i2-1913.
M. Feniio iivHiil demandé et obtenu pour la ciiuiuièuie fois la concession (le l'exploilalion constitua sa troupe delà uianière suivante:
MM. Théodore Mathieu, chef d'orcheslre ; Lelong, deuxième chef d'orchestre; J)EPÈHE, régisseur général; Fontaine, fort ténor ; JoLBERT, ténor léger; Grillières, ténor léger, assuuiani reui|)Ioi de deuxième
ténor ; Valette, baryton de grand o|)éra ; Delhaye, baryton d'opéia-comi(|ue ; Aumônier, basse noble ; Baer, basse chantante ; RouGON, deuxième basse ; DuBUARD, trial ; Ometz, laruette ; j\|in,s Mazarin, forte chanteuse falcon.
DoNALDSON. chanteuse légère; D'Oliveira, contralto ; Clouzet, première dugazon; Marty, deuxième dugazon ; Delaras, duègne,
Sberna-Grillières, maîtresse tle ballet ; Blanche Mignon, première danseuse noble ; ScARDOVi, puis ScHiFNER, première danseuse demicaractère ; Barbero, première danseuse travesti.
M. Mathieu avait donc conservé son bâton de chef tl'orchestre et s'en servait avec une maîtrise de plus en plus appréciée, et M. Depère continuait à |)résider à la mise en scène. Du côté du chant nous retrouvons de l'année précédente les
trois basses : MM. Auiiiuiiier, Baër et Roug(Hi; M. Grillières, M. Duldiard, M'^c Sl)eiiia -Grillières, maîtresse de ballet, et ym.s Blanche Mignon et Barbero
M™e Donaldson avait appartenu à la troupe de la saison 1909-1910, M. Fontaine avait chanté diverses œuvres l'année précédente et créé Drjanire, et M™' Delaras, duègne, avait tenu sou même emploi en 1906-1907 et 1907-1908.
En donnant la dernière liste qui figurera dans cet ouvrage, nous devons une mention spéciale au brave Ometz qui appartint à notre première scène en 1884- 188o (direction Olive Lafon), et y revint en 1896 pour ne plus la quitter depuis. Un tel exemple de lidélilé est rare, et loin de s'en plaindre, les habitués constatent souvent que si le père Ometz a perdu quelques noies en njème temps que quelques illusions, il a su conserver les traditions de bien de rôles où il sera diflicilement remplacé.
Signalons enfin que les deux chanteuses légères, primitivement engagées, durent résilier presque aussitôt : l'une par suite d'insuflisance vocale, l'autre pour cause de malatlie. Un de ces em|)lois resta vacant toute la saison, et M. Fermo dut faire appel à des artistes du dehors pour assurer la marche du répertoire.
Képerloire lyi*i(|iie. — On reprit les trente-quatre (euvres suivantes pendant la saison 1912-1913 :
L'Africaine (4).
Curinen l'.l).
Cavelleria Riixlicîinn (\).
Le Chalet (1).
Le Chemineuii (2).
Ln Dame Blanche i\).
Lea Dra(jons de Villars (\).
Faust (7).
La Favorite :i .
La Fille du Régiment ('A).
l'.uiUanme Tell (3).
llandet 1 .
Hérodiade (ij.
Les Hnqnennts ((i;.
Le Jomjleitr de Nnlre-Daiiie (\).
La J II ire (2).
Lukiné (5).
Lohengrin (2).
Louise (12).
Le Maître de Chu pelle (4).
Manon ('.)).
Marie-Mafjdeleine (\).
Mignon {'i).
Mireille (3).
Les Noces de Jeannette (3).
Riçjoletto (2).
Signrd (3).
Si j'étais Roi (3).
La Tosca (2).
Le Trouvère 1).
La Vie de Bohème (l).
La Vivandière (2).
L^e Vogage en Chine 3).
Werther (2).
Disons tout de suite que le deuxième acle du yoijaiic en Chine, dont l'action se passe dans un casino, au bord de la nier, servit de prétexte à des intermèdes variés et diversenienl appréciés : on y vit notamment Dranem. dont les chansons parurent un peu osées pour un public de matinée, un jour de iMi-Carême. On avait mêmeatïicbé, pour la clôlure de la saison, un match de boxe auquel devait prendre part lechan)pion Klauss, mais la Municipalité, avec juste raison, s'opposa à cette exhibition d'un i^oût douteux sur une scène lyrique.
Il est vrai que l'annonce de Louiac, avec M^^^ Vix, pour ce même jour, avait procuré 45 francs de location !
Artistes eu l'epréseiitation. —Les artistes étrangers à notre scène se lirént entendre jjrincipalement dans le répertoire d'opéra-comique, les deux premiers sujets de la troupe d'opéra, i\Ime Mazarin, forte chanteuse, et M. Fontaine, fort ténor, étant hors de pair et ayant donné des interprétations de tout premier ordre des rôles (jui leur furent confiés, dans différents genres, car ils chantèrent aussi bien Les Huguenots, L'Africaine ou Sif/îird que Louise ou Lu Tosra.
M^^" Heilbronner, de l'Opéra-Comique, outre sa création dans La Terre qui meurt, obtint un vif succès dans Manon, Faust et La Daine Blanche.
M™e Marguerite Carré, également de l'Opéra-Comique, ciianla à nouveau La Vie de Bohème, et tint une fois le rôle de Madame Butterfly.
Mii« Vix, de rOpéra-Comi(}ue. une habituée de notre première scène, s'y lit applaudir dans Carmen.
Mme Deina, de l'Opéra-Comique, interpréta également le rôle delà Carmencita, et tint le rôle de Marion dans La Vivandière, en compagnie de M""^ d'Heillsonn, notre ancienne chanteuse légère de 1907-1î)()8, et d'un ténor de passage, M. Rolan.
On retrouva également dans ce même rôle de La Vicandière M""'' Fierens, l'ancienne pensionnaire de notre théâtre en 11)02- 1903 et 1908-190Î).
Mil'' Danthesse, de r0péra-(4)mi(iue. qui s'était fait entendre l'année précédente dans Miijnon, interpréta les deuxiémeel troisième actes de Werther le jour de la clôture.
Mil'' Marchai, de rOpéra-Coiiiifiue, la créatrice de (irazlclld, cliaiila le rôle de Mignon, et M^'^ Slerda, forte chanteuse, celui lie Racliel, île La luhc.
M. et M'^'' Silvain, de la Comédie-Française, participèreul aux deux représentations qui furent données de L'Arléxienne.
Enfin, La Belle Otéro (c'est ainsi (|ue la désignaient en grosses lettres les airichesl, ne recula pas devant le rôle deCarnien, etn'y réussit guère. Il est vrai quon aurait eu mauvaise grâce à se plaindre, car on était venu plutôt pour la voir que pour l'entendre.
Du côté masculin nous trouvons :
M. Alhers, de l'Opéra-Gomique, dans Le Chemineaa, qui fut dirigé ce )our-là par le compositeur, M. Xavier Leroux :
M. Noté, de l'Opéra, dans L' Africaine \
M. Francell, de l'Opéra-Comique, dans La Dame Hianelie;
M. Nuiho, de l'Opéra, dans Le Jongleur de ^otre-Diune ;
M. Claude-Jean, de la Monnaie, dans Carmen ,
M.Pascual, notre ténor des saisons 1908-1909, 1909-1910 et 1910-1911, dans Manon, Le Jongleur de Notre-Dame et Marie Maijdeleinc ;
Enfin, M. Rigal, un Rouennais d'origine, dans le rôle du Cardinal, de La Juire.
Nouveautés. — Cette saison a été signalée par une grande activité de la part de la Direction qui a monté six o'uvres nouvelles, dont trois inédites ; le public, par contre, a u)is moins d'empressement à venir les entendre.
Madame Butterfly, opéra-comique en 3 actes, de lllica et Giacosa, adaptation française de Paul Ferrier, musique de Puccini. La première représentation fut donnée le (5 novembre 1912 avec la tlistribution suivante . M™*^» Lucie Vauthrin, de l'Opéra- Comique (M'n« Rutterfiy), Clouzet (SousouUi . Marly M^ne pinkerlon), MM, Jolbeit Pinkerlon). Baër (Sharpless , Dalbies (Goro), Crinières iJamadoii). Cette pièce eut cinq repiéscntalions à l'une tiesquelles M'"« Marguerite Carré chanta le rôle de M"»« Bulterlly.
Monna Vanna, drame lyriciue eu \ actes, de Maurice Maeterlinck, musifiuc de Henry Février. Première représentation le
22 noveml)re 1912 avec M^^ Mazarin (Monna Vanna), M. Fontaine (Prinzivalle), Baër (Guido), Auinunier (Marco Colonna). .MM. Grillières, Maire, Rougon, Dalbies. Deux autres représentai ions seulement suivirent.
Les Trois Masques, drame lyrique en 4 actes, de Cli. Méré, musique d'Isidor de Lara. La première eut lieu le 17 décembre 1912 avec M^^^ Mazarin (Viola), d'Oliveira (Mancecca), MM. Nuibo, de l'Opéra (Paolo), Baër (Arlequin), Aumônier (le Moine), Valette (Prati délia Corba), Dalbies (Grosguillaume), Rougon (Vescotelli). Celle œuvre, peu intéressante d'ailleurs, n'eut en tout que trois représenlalious.
La Terre qui meurt, opéra inédit en 4 actes et 5 tableaux, de René Bazin, musique de Marcel Bertrand. La première représentation fut assez solennelle, à cause surtout de la présence de l'auteur du livret qui fut acclamé avec le compositeur. Elle eut lieu le 15 janvier 1913, et le Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arls s'y était fait représenter par M. Bernheim, Commissaire du Gouvernement près les tbéàtres subventionnés. Cette œuvre fut donnée quatre fois, avec M^*^ Heilbronner (Marie-Rose), d'Oliveira (tante Adélaïde), Clouzet (Félicité), MM. Fontaine (Jean Nesiny), Sizes, de l'Opéra (Matburin), Valette (Pierre), Baër (Toussaint Lumineau), Grillières (François). ^
Madame Roland, drame lyrique inédit en 3 actes et 5 tableaux, d'Arthur Bernède et Paul de Ghoudens, musique de Félix Fourdraiu. La première eut lieu le 12 février 1913 et ne fut suivie que de deux autres représentations qui firent de bien faibles receltes. Les rôles avaient été distribués comme suit : j\]mos Mazarin ( M^- Roland), Nilba, de l'Opéra-Comique (Eudora), Delaras (Fleuraiice), MM. Fontaine (Buzol), Valette (Roland), Baër (Bosc), etc.
(iraziella, poème romantique inédit en 4 actes et 5 tableaux, de H. Gain et R. Gastambide, musique de Jules Mazellier. La première et uni(iue représentation, à laquelle assistaient de nombreux parisiens, eut lieu le ii mars 1913 avec M=^'^^ Marchai, de rOpéra-Comi([ue (Graziella), d'Oliveira (la Grand-Mère), Clouzet (Bcppo), MM. Pascual (le Poète). Tordo, un ami de l'auteur (Cecco), Aumônier (le grand-père).
Celle (l'uvre, plus symplioiiiqiie peul-êlre (|ue Ihéàlrale, début (l'un prix de Home, avail été forl appréciée de ceux qui préfèrenl la musique aux décors. Uu accidenl survenu le soir même au lénor Pascual en inlerrompil les représenlalions, et la (iu de la saison arrivant, une seconde audition n'en put être donnée. C'était certainement la plus intéressante des œuvres inédites montées cette année-là.
Képei-loii-e d'opéi-etle. — L'opérette viennoise avec son sempiternel mouvement de valse lente a encore triomphé sur notre première scène.
On a ainsi repris La Veuve Joijetise qui fut donnée quatorze fois, dont onze avec M''"" Suzy Delsarl, deux avec M'"' Mariette Sully, et une avec M°^'^ Jenny Bernais.
Les quatre opérettes suivantes n'eurent (ju'une existence éphémère :
La Mascotte (l). 1^" ''"'ip^''' (- ■
Len Mousquetaires au l'uiirnil (2). lin-r ilr Valse (1).
Une. nouveauté, Le Comte de Luxembourg, opérette en 3 acies, de Franz Lehar, fut représentée pour la première fois le l-r février 1913 avec "Sl^^ Suzy Delsart, M" Richard, MM. Grillières, Calvin, Uubuard, Ometz. Rougon, Maire, et fut jouée
douze fois.
Les trente-trois représentations d'opérettes eurent un certain succès et tirent de belles recettes. Pourquoi d'ailleurs reprocherait-on à un directeur de chercher à attirer le public ?
Concert. - Un très beau concert, dirigé par M. Mathieu, précéda la reprise de Marie-Maijdeleine, le 11) mars 1913. jour du*
Mercredi- Sain t.
On y entendit notamment l'ouverture du Freisclnitz, l'allégro de La Symphonie l>nstomle, la première suite d'orchestre de Peer (iipit, des fragments de Tristan et Isolée, L-s Fleurs perfiiles, symphonie de notre concitoyen M. Raymond Chanoine- Davranches.
Dei-nièi-es seinaiiies d'exploitation. - Les six dernières semaines d'exploitation obligatoire furent remplies par des spectacles variés, et il y en eut pour tous les goûts. Nous les citerons dans l'ordre où ils furent donnés.
f.rs Précieuse^ ridicules et Le Mnlerin iiitih/rr lui, avec Dranem dans le rôle de Sganarelle. Natiiiellemeiit, un inlennède permit à Draiieiii de se faire entendre dans sou répertoire habituel ;
Le Voyage au bout du Monde, pièce d'aventures, de M. Alphonse Gazes, musique de Ja(|uinot (quatre ballets, les Banquises, le Vaisseau fantôme, le Dirigeable, les Vautours vivants, telles étaient les attractions annoncées par l'affiche). Cette pièce fut jouée douze fois ;
Saplw, d'Alphonse baudet, avec Jane Hading dans le rôle qu'elle a créé à la Comédie-Française, et une excellente troupe comprenant notamuient M. Ancelin, qui fut directeur du Théâtre-Français de 'J884 à 1886 ;
Madame Sam Gêne, avec Réjane et la troupe de son théâtre;
Le Français tel (pi' on le parle, de Milo de Meyer, et Mon Oncle Mac Shemj, pièce boulïe de Maurice Ordonneau, avec, comme principaux interprètes, M™^ Madeleine Guitty, du Gymnase, et Milo de Meyer ;
Marie-Magdeleine, drame en 3 actes, de Maurice Maeterlinck, avec M"' Georgette Leblanc-Maeterlinck, MM. .Jacques Fenoux, de la Comédie-Française, Roger Karl et Roger Monteaux, de rOdéon.
La Prise de Berg-op-Zoom, comédie en 4 actes, de Sacha Guitry, interprétée par l'auteur lui-même, M"^" Charlotte Lysès, M. Baron fils dans les rôles par eux créés au théâtre du Vaudeville, etc.
Incidents. — Mentionnons sous cette rubrique l'extrait d'un jugeuieut rendu par le Juge de Paix du 1"'' canton de Rouen, sur la poursuite d'un Elbeuvien. On y trouvera un exposé très clair des faits.
AltoiKhi ('Il fait. (|iiil icsullc des débals et de t'eii(|U('te (pie,
le "l'i ii(>veiiil)r(' dernier. X... jd'il an ^iiicliet dn TlK'àtre-des-Arts, |)()in' l<) reprc'seiitation en iiialiiiee des iliuiuniols, un lauteuil d'orchestre (jn'il paya cimi lianes; (\ur. iiiinii de son hillet. il se rendit à la salle de speclarle et lOiivrense lui allrilma le iiumk'I'o iL''<. (pii ne portail aiieiine mention de location;
nn'ayaiil pris possession de ce laiitciiil. il Idrcliestre ayant commencé I ex(''Ciitioii (le ronveilnr(> des Uuijiirniitx, trois personnes
vimeiil recliimor des laiifcuils qu'elles avaioiil Ioik'-s. paiiiii lesquels se trouvait celui occupé par le Heniaudeur;
Qiu' sur l'iiivitatiou de louvrousc à céder sa place. X . . lahaiidouua au prolil de I Une de ces trois personnes, mais les |)0urparlers qui eurent lieu à ce sujet causèrent une perliirhation dans la salle, l'orchestre cessa de jouer, des cris : « A la porte ! à la porte ! » furent proférés, et des applaudissements ironiques ('-clatèrent ;
Attendu que le demandeur fut très froissé dans son amour propre par les marques dhostilité et les cris antipathiques dont il venait d'être l'objet ; qu'il en éprouva une certaine surexcitation el préf('-ra s'en aller définitivement plutôt que d'assister à la représentation dans l'étal de trouble où il se trouvait, bien qu'on lui oITiit une autre place en échange de celle f|nil Hl»Hii(l(>nn;iit. laipielle. du reste, ('tait à son avis moins bonne que celle qu il occupait;
Qu'il partit en faisant toutes réserves sup- la réclamation qu il pourrait ultérieurement former au sujet de la dépossession de sa place ;
Attendu qu'il est certain, après ce qui venait de se passer, que X... ne devait plus se trouver dans un état d'esprit suftisaninient cahne pour goûter avec plaisii' et en toute tran(|uiHité la belle iiinsii|iie qui! se proposait d'entendre ;
Qu'on s'explique très liien qu'il eût préféré renoncer au spectacle et quitter la salle plutôt <|ue de persister à vouloir écouter dans une mauvaise disposition d'esprit une œuvre d'aïf donl il n l'fail plus i-n état d'apprécier toutes les beautés. . .
Par ces motifs.
Le Tribunal statuant publiquement, coiitradictoireinent, en dernier ressort,
Condamne Fermo à payer à X... la somme de vingt francs, tant pour remboursement du prix du fauteuil, qu'à litre de dommagesintérêts ;
Le condannic. en outre, à tous les dépens.
Ueprésentations ayant précédé et suivi la saison. — Cette rubrique est assez peu chargée, car d'août à octobre 1912 ou eut seulement :
f.e Cœur dispose, de Francis de Croisset ;
La Flambée, de Kisteuiackers, avec Duuiény ;
Hcrnani, avec W^'' Piérat, MM. Albert Lambert et Dessonnes, tous trois de la Comédie-Française.
Pendant les mois de mai. juin et juillet 1!»!.'^ nous trouvons :
Une soirée où brilla surtout Mayol dans son répertoire, et complétée par trois pièces en 1 acte, dans la moyenne ordinaire du café-concert;
ï.a Part du Fru, vaudeville en .3 actes, de Mouezy-Eon et Nancey, avec Brasseur et sa troupe ;
Pour embêter ma Tante et Pétoche, deux pièces du répertoire de l'Eldorado, jouées par les artistes de ce théâtre, avec intermède par M""® Lydia Berthy et M. Montel dans des chansons choisies : 7' ■'iuis valeur, Mariette. J'ai enguetdé /' Patron !
Enfin, Le Père LchonnanI, de Jean Aicard, avec M. et M""'' Silvain, de la Comédie-Française, constitua le spectacle gratuit du 14 Juillet.
Recettes. — Les représentations du répertoire lyrique produisirent une somme de 3l4.141f.20
Les représentations données avant et après la
saison, celle de 39.573 10
Total. . . . 353. 714 f. 30
Cette somme n'était inférieure que de 10,000 francs au produit de la saison précédente, mais il est incontestable que les dépenses furent plus élevées, M^<^ Mazarin et M. Fontaine étant des artistes à cachets fort élevés, et f|ue dans son ensemble la saison ne dut pas être fructueuse.
Les pièces nouvelles ne réussirent que médiocrement, et la belle recette fut constatée le jour de la Mi-Caréme où on donna Le Vonai/e en Chine, avec Dranem dans l'intermède. On réalisa ainsi, en matinée et en soirée. 7,869 fr. 65.
Faits <livers. — M. Bernheim, Commissaire du Gouvernement près les théâtres subventionnés, délégué pour représenter le Sous-Secrétaire d'Etat îles Beaux-.\rts à la première de /.(/ Terre (jui meurt, remit pendant un entr'acte la rosette de l'Instruction publique à M. Mathieu, l'excellent chef d'orchestre, et les palmes d'OHicier d'Académie à M"'^' Sberna-Grillières, maltresse de ballet, et à M. Aumônier, basse noble.
.Vjoutons que {juelque temps auparavant M. Fermo, le directeur, avail été nommé Ollicier de l'Instruction publique.
Communiqués. - Dans une liistoire du Théàtre-des-ArIs, une meuliou doit être consacrée aux coniuuiuitiués adressés aux journaux parla Direction.
Pendant longtemps, les directeurs, par de siuiples et brèves notes, informaient le public des représentations en perspective, des jours où devait s'ouvrir la location pour telle ou telle pièce, et cela suffisait bien.
Mais M. Camoin, un Méridional, inaugura, lors de sa première année de Direction, la littérature spéciale et pompeuse à l'iiidede laquelle il faisait |)onr ainsi dire le compte rendu anticipé des représentations qui, naturellement, devaient toujours être interprétées à merveille.
Ce genre lui a survécu et a même été amplifié, et à titre d'exemple nous reproduisons un des communiqués |)ris absolument au hasard dans ceux de la dernière saison :