‹ Histoire du travail à FlorenceChapitre 2 sur 29 · INTRODUCTION III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION III

(l'un ciel fin et léger, au cœur d'un pays tiède et fertile où la pâle verdure dos oliviers se marie à la silhouette élancée des noirs cyprès. On a chance, dit-on, de mieux comprendre, de mieux pénétrer ce qu'on aime, et je suis allé pendant des mois respirer Tair toscan et vivre dans la ville ensorceleuse pour en rapporter, si possible, un peu du parfum de ce délicieux jardin de Tltalie.

Mais je puis justifier mon choix par des raisons, sinon meilleures, en tout cas moins personnelles.

J'ai choisi Florence pour l'étudier, parce que, de même qu'on peut embrasser tout entière du haut des collines environnantes son harmonieuse conformation, de même on peut isoler et saisir dans son ensemble l'évolution régulière de ses destinées. Arrivée à une autonomie presque parfaite, échappant par des prodiges d'adresse et d'énergie aux ambitions multiples qui tentaient de l'assujettir et de l'absorber, elle a pu étendre en tous sens sur le monde du moyen âge sa puissance économique, comme un grand chêne qui pousse en liberté ses branches aux quatre coins de l'horizon.

J'ai encore choisi la ville du lys rouge, parce que les corporations d'arts et métiers y prirent un essor si magnifique et si complet, que non seulement elles y devinrent les organes même de la vie républicaine, mais aussi qu'elles peuvent être considérées comme le type achevé de ce genre d'organisation. On peut même dire que, brisant le cercle étroit de la ville où elles étaient nées, dépassant presque les limites du temps où elles vivaient, plusieurs d'entre elles offrent, dans un espace plus restreint, une esquisse, et, plus qu'une esquisse, une première forme du capitalisme. A cet égard, le sujet que je veux traiter a beau appartenir entièrement aux âges disparus, il est d'une

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