VI INTRODUCTION
apporté des clartés nouvelles, et, sans compter ceux qui ont été attirés d'Allemagne, de France, voire d'Angleterre, par la sirène des bords de TArno, une jeune école, très ardente et très laborieuse, d'historiens italiens s'attache à dissiper les nuages qui couvrent encore l'époque héroïque de leur grand passé national. Or, il est utile, de temps en temps, de résumer et de coordonner des travaux épars et sans lien ; de constater, de consolider, si je puis m'exprimer ainsi, ce qui est acquis pour toujours; d'opérer une synthèse provisoire qui, en marquant le point où Ton est arrivé, fixe le point d'où l'on doit désormais partir; d'établir une sorte de palier, de reposoir sur l'escalier sans fin qui monte vers la vérité.
Puis j'ai une autre raison de ne pas m'en tenir à ce qui a été fait hier ou avant-hier. Tout à la fin du sixième tome de Perrens, comme une sorte d'appendice ajouté après coup, on peut voir un cliapitre assez court qui s'intitule : Le régime économique de Florence. Or. j'entends précisément renverser Tordre suivi en cela par mon prédécesseur; faire passer au premier plan ce qu'il a mis au dernier; éclairer ce qu'il a laissé dans la pénombre; et, en faisant saillir des causes plus profondes, expliquer des institutions et des événements qui sont peut-être plus connus que compris.
Augustin Thierry, parlant quelque part iT) des révolutions politiques du moyen âge et rendant pleine justice aux travaux méritoires et insuffisants des Bénédictins pour <m débrouiller l'écheveau compli([ué, fait remarquer que le sens caché des faits, la clef des vieux documents n'ont été
(l) Considérations sur l histoire de France, chap. IV, p. 103. En tête de la sixième édition der^ Récits mérovingiens.