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Les Artisans et les Domestiques d'autrefois

construites en bois, « des vaisseaux pressés les uns contre les autres, qui présentent tous leur poupe au quai du port ». Dans un coin de la cour, un escalier sous un auvent; au fond, les dépendances; enfin une cave aux profondeurs parfois mystérieuses, complètent la maison.

L'artisan vit presque autant dehors que dedans. L'été, dans les villes du Midi, non seulement on étale, mais on s'installe dans la rue, on y prend ses repas en plein air, sous les yeux des passants et sous la menace de quelque catastrophe due à l'encombrement.

L'atelier.

Mais « c'est à l'œuvre qu'on connaît l'artisan ». Ne nous attardons pas à visiter les maisons, pénétrons dans les ateliers. Il suffit d'aller chez les artisans qui s'occupent de la nourriture et du vêtement.

Au xvine siècle, les boutiques de boulangers sont plus nombreuses qu'autrefois, parce que beaucoup de particuliers ont renoncé à faire et même à cuire leur pain euxmêmes. « Bois vert et pain frais sont la ruine d'une maison, » avaient dit les ménagères du temps jadis. En 1765, il y avait à Troyes 70 boulangers, alors qu'en 1533, pour une population beaucoup plus forte, il n'y en avait que 41.

La boutique du boulanger, c'est une chambre basse qui donne sur la rue. Au fond, s'ouvre le trou noir du four. Bien en vue, une « monstre de bois »■ où les pains sont étalés ; une paire de balances près de la fenêtre, à travers laquelle on sert le client; à côté, les « tailles » sur lesquelles la boulangère marque le pain fourni à crédit, car le crédit était déjà une habitude. Çà et là, près des murs, des maies de chêne, des paniers, des rouleaux, des claies, des pelles de bois. Souvent le boulanger blute lui-même sa farine avec un moulin à bluter.

Les boutiques des pâtissiers sont presque aussi nombreuses et plus attrayantes. Elles avaient eu une grande vogue au siècle de Gargantua, comme tous les métiers de bouche. A Paris, elles faisaient alors l'étonnement de

Lippomano, ambassadeur vénitien. « Voulez-vous, disaitil, votre provision toute prête, cuite ou crue : en moins d'une heure, les rôtisseurs et les pâtissiers vous arrangent un dîner, un souper pour quinze, pour vingt personnes, pour cent personnes; le rôtisseur vous donne la viande; le pâtissier, les pâtés, les tourtes, les entrées, les desserts; le cuisinier, les gelées, les sauces, les ragoûts. »

Au fond de la boutique du pâtissier, la gueule béante du four; à la devanture, des transparents huilés derrière lesquels, le soir, à Paris, on fait défiler une galerie de grotesques; à l'intérieur, les instruments du métier, la batterie de cuisine quand le pâtissier est en même temps traiteur. Cette batterie est souvent riche : poissonnières, tourtières, chaudières de cuivre toutes reluisantes, moules, râpes, rouleaux couverts d'argent. Près de la fenêtre sont étalés les gâteaux. La pâtissière trône devant ses balances.

Dans la boutique du rôtisseur, on voit plusieurs broches tourner lentement devant un grand feu clair, tandis que le jus des rôtis tombe goutte à goutte dans de grandes lèchefrites. Les viandes et les volailles rôties sont exposées aux yeux des clients, attirés par leur teinte croustillante et dorée. C'est un plaisir de gourmet de visiter la Rôtisserie de la reine Pédauque dans le délicieux roman d'Anatole France.

Voici Y auberge de la Tête rouge, à Troyes :

Son enseigne pend à l'entrée d'une rue étroite, à quelques pas de la rue la plus marchande. La cuisine, qui ouvre sur la cour, sert sans doute de salle à manger. Les chambres sont au rez-de-chaussée et au premier étage; chacune d'elles contient au moins deux lits. Ces lits, bien garnis de matelas de laine et de plume, sont entourés de rideaux de serge verte ou jaune. Les murs sont couverts de tapisseries communes, dites de Bergame. On frémit en pensant aux insectes et aux papillons à qui ces tapisseries peuvent servir d'asile! L'auberge, qui contient quatorze lits, possède un grenier où est empilé le contenu de vingt-cinq voitures de foin, et une cave où l'on conserve onze muids et trois feuillettes de vin, à 25 francs le muid, l'un portant l'autre.

Le tarif est réglé par la police. A Troyes, en 1702, couchée d'un homme à cheval, 45 sous; dîner, 25 sous; à table d'hôte, 20 sous.

Les hôtels sont fréquentés parles voyageurs; les gens du pays vont à la taverne, au cabaret, au café, chez le limonadier. L'installation du limonadier est rudimentaire : deux seaux d'eau, deux citrons et une once de sucre. La taverne était souvent enfumée, depuis l'importation du tabac (xvie siècle). Les cafés étaient plus riants, avec leurs larges fenêtres.

Les boucheries de Troyes, sur la propreté desquelles la police, comme partout, veillait particulièrement, étaient installées sous un large et profond hangar, ouvert aux deux extrémités, où régnait une demi-obscurité et une certaine fraîcheur qui éloignaient les mouches. Derrière chaque étal, la bouchère, fraîche et souriante, riche, — car la boucherie prospérait, — montrait avec orgueil ses pendants d'oreilles, ses bracelets, ses colliers et ses bagues.

Les cossoniers et les revendeuses promenaient de porte en porte dans leur charrette ou leur brouette1, boutique ambulante, les légumes, les fruits ou le poisson qu'annonçaient des cris divers.

Mais voici les artisans qui s'occupent du vêtement; ils travaillent presque tous assis. Le bruit du métier du tisserand sort du fond d'une cave, d'une chambre du rezde-chaussée ou du premier étage. Le maître travaille seul ou avec ses apprentis, souvent, dans les campagnes, pour le compte des paysans qui lui fournissent le chanvre. Il peut avoir plusieurs métiers, cependant, chez lui ou chez des ouvriers en chambre. Il vend rarement luimême aux clients la toile qu'il tisse; il la vend aux marchands.

1. La tradition attribue à Pascal l'invention de la brouette. C'est une plaisanterie. Pascal n'en a fait que la théorie mécanique. La brouette est très ancienne; elle apparaît dans les vieux manuscrits du moyen âge. Souvent alors la roue est placée au milieu du coffre, ou bien il y avait deux roues.

Il en est de même parfois du drapier drapant, qui tantôt travaille pour le marchand drapier, tantôt expose et met en vente les étoffes sorties de ses métiers : draps' blancs et gris, tiretaines, droguets, serges aux couleurs variées. Le drapier a pour auxiliaires les teinturiers, les foulons, les pareurs, organisés en corporations distinctes.

Le bonnetier, dans sa boutique, travaille et vend. Il fait et vend surtout des bas et des bonnets. Le xvme siècle s'est coiffé des bonnets les plus divers : en velours, en brocart, en satin blanc et rayé, en taffetas pour hommes, femmes, garçons, filles; bonnets à chaînettes pour la nuit, bonnets d'Allemagne, bonnets à la turque, bonnets carrés pour les magistrats, pour les eccclésiastiques, etc.

Pourtant, on en vend moins que de chapeaux. Leckpelier les fabrique ordinairement lui-même. « En voici un qui demeure à Troyes sur un pont qui traverse un petit bras de la Seine. Son atelier est sur la rivière, dans une petite chambre où se trouvent une chaudière, des tonneaux, un mortier, des rouleaux, un cent et demi de « formes de bois à faire chapeaux ». C'est là qu'il façonne les chapeaux de feutre ou de laine foulée qu'il fait teindre ensuite. Il en a peu de prêts, car, au moment de son décès, en 1693, il en possède seulement treize, estimés vingt livres. »

Dans la boutique d'Arnould Desalle , cordonnier de Troyes, on pouvait voir, en 1685, une assez grande quantité de cuirs, six paires de bottes à 15 livres la paire, onze paires de souliers à 55 sous la paire, quelques paires de mules et de souliers de femme, enfin des embauchoirs et des formes.

En 1629, Jérémie Nicqueuse, maître savetier, travaille dans sa cuisine; quatre planches de bois blanc ferment sa boutique; pourtant il n'est pas pauvre. En général, le savetier travaille en plein air, dans une échoppe, au coin des rues, sous les yeux du client, comme le cordonnier.

La gaieté du savetier est proverbiale autant que sa linotte. Il cause avec le client, il plaisante, il chante, parfois du matin jusqu'au soir comme celui de La Fontaine. Sa gaieté est contagieuse. On raconte qu'un cordonnier français, établi à Stockholm, ne cessait de chanter; d'abord on se moqua de lui, puis, sa manie ayant gagné les autres artisans, toute la ville, paraît-il, chanta en travaillant !

Le tailleur aussi travaille aux regards du client soupçonneux. Accroupi sur sa table, près de la fenêtre, il taille et coud le drap qu'on lui confie ; car il ne fournit pas la matière première et il ne gagne que sur la maind'œuvre. Il gagne peu. Parfois, dans les campagnes surtout, il se rend à domicile. Cependant, au xvine siècle, quelques tailleurs sont aussi marchands d'étoffes et même de vêtements tout faits. Dans le magasin d'un tailleur de Saint-Denis : douze habits de drap de nuances variées, plusieurs autres de drap plus fin, des culottes de peau de mouton et de peau de daim, des petits habits et des robes pour enfants, des jupes et des robes « à usage de femme ». C'est déjà un « magasin de confection ».

Figaro ! Dans sa boutique peinte en bleu, voici Figaro, le peigne à la main, les rasoirs à portée, entouré de ses garçons qui préparent des perruques à la mode du jour. La perruque fait fureur, et Figaro bavarde.

Arrêtons-nous ici ; la visite des ateliers serait sans fin. Ceux que nous venons de voir suffisent à nous ouvrir un horizon précis sur l'organisation matérielle de la petite industrie, des petits métiers d'autrefois.

Le gain.

Que gagnaient les artisans ? H est difficile de le savoir. Sans doute, ils ne faisaient pas fortune comme les marchands, mais ceux qui se ruinaient étaient aussi rares que ceux qui s'enrichissaient. Ils gagnaient « tantôt plus, tantôt moins », et leur vie paraît tissée de jours pâles, en général sans misère comme sans richesse. « La majorité

travaille sans bruit, sans plainte, vivant au jour le jour, modestement, mais sûrement. »

Il y a des exceptions : les uns tombent dans la misère, les autres montent vers la fortune.

Le travail subit des crises, des industries naissent, d'autres meurent, et s'il y a des artisans qui en profitent, il y en a qui en pâtissent. Que faire quand la maladie venait se joindre au chômage et à la mévente ? « Voici un jeune ménage de tisserands, en 1614; les enfants sont morts en bas âge; la mère a été longtemps malade; on a mis en gage la clavelière d'argent de la femme ; on a emprunté sur le hochet d'un des enfants. Non seulement on n'a pas pu payer son loyer depuis neuf mois ; mais le propriétaire s'est laissé toucher et il a prêté neuf livres au jeune ménage. Que d'autres on pourrait citer qui, dans la dernière maladie d'un époux, ont emprunté,' donnant en gage un ou plusieurs bijoux, une écuelle d'argent, une tasse, deux tasses, des vêtements! D'autres ont trouvé un parent, un ami, un confrère, un voisin compatissant, qui leur ont prêté des sommes plus ou moins élevées. L'artisan ne va pas mourir à l'hôpital comme le compagnon ; mais il meurt parfois dans la misère, et quand on a payé l'apothicaire, le médecin, la garde, les frais d'enterrement et ceux de l'inventaire, que reste-t-il à sa veuve et à ses enfants? »

Mais il y a les heureux. Un charpentier lègue 200,000 livres à l'Université de Paris pour créer des bourses dans les collèges. Le chapelier Le Prévost, de Paris, débute, en 1757, avec 41,000 livres; il invente le chapeau de soie et réussit; il a bientôt 40,000 livres de rente, une table luxueusement servie, 12,000 livres de vaisselle d'argent, des équipages élégants, une femme qui porte de superbes dentelles, des robes de prix et des diamants. Chez Charpentier, l'excentrique cordonnier pour dames, deux laquais, en livrée, introduisaient les clients, les conduisaient à travers un riche appartement jusqu'à une belle chambre à coucher où Charpentier, vêtu en petit maître,

venait prendre leurs ordres. « Je vis ici en philosophe, » répondait le cordonnier quand on le complimentait sur la richesse et l'élégance de son installation.

Parce qu'il s'était toujours levé de grand matin, le vinaigrier de , Mercier avait amassé 100,000 livres avec sa brouette. Tous les artisans se levaient de grand matin, mais tous n'amassaient pas 100,000 livres. Ceux qui laissaient 1,000 à 1,500 livres étaient presque riches. Un relieur, en 1689, laisse 100 livres à partager entre sa femme et ses ouvriers.

Pourtant, il y a parfois de l'argent dans les bas de laine ou dans les murs : un pâtissier de Troyes conserve précieusement 1,800 livres; un boucher, 440; un cordonnier, 400; en 1764, un entrepreneur de bâtiments a chez lui une somme de 10,304 livres, et ses clients lui doivent environ 20,000 francs.

D'autres possèdent leur maison. Au xvne siècle, une maison d'artisan vaut, en province, de 600 à 1,200 livres; sous Louis XV, de 800 à 1,800; sous Louis XVI, de 2,000 à 3,500 livres. A Marseille, on pouvait acheter un étage seulement. A Paris, elles coûtaient plus cher : en 1633, le tapissier Poquelin, père de Molière, payait la sienne 8,500 livres. Parfois, quand ils ont épousé une héritière de la campagne, les artisans possèdent des champs ou des vignes : ils aiment la vigne, car ils aiment le vin.

La chambre de famille.

La chambre de famille reflète le degré d'aisance de l'artisan. On ne connaissait au xvne siècle, pas plus qu'au moyen âge, de salle à manger spéciale, ni de salon; il n'y avait pas de chambre sans lit, et l'on vivait, on mangeait, on recevait dans la chambre où l'on couchait, comme cela se fait encore dans beaucoup de campagnes. Cette chambre s'étendait en profondeur; elle recevait le jour à travers d'étroites vitres verdâtres, du papier huilé, quelquefois des vitraux. Rarement des rideaux. Un lit au fond; contre les murs, un buffet, une armoire ou un coffre

pour les vêtements, le linge, les papiers et les bijoux; de la vaisselle de cuivre, d'étain ou d'argent des escabelles, des chaises « caquetières », un fauteuil primitif; des estampes, des peintures à l'huile, des images pieuses; au milieu, une table; enfin, une vaste cheminée, avec des broches et des tournebroches, de hauts chenets, et, sur le manteau, parfois un tour de tapisserie, des pièces de faïence, tasses, vases ou pots, des chandeliers ou des lampes. Tel était l'aspect général de la chambre de famille.

La table.

Le pot-au-feu était le mets national des artisans.

Ils se nourrissaient principalement de bouillon, de bœuf bouilli, de légumes, de pain et de vin.

A la fin du xvme siècle, la nourriture du peuple de Paris se composait : à midi, de la soupe et du bouilli; le soir, de la persillade ou du bœuf à la mode; le dimanche, de gigot; presque jamais de poisson, rarement de légumes, parce que raccommodage coûtait trop cher. Paris, pourtant, était « envié des provinciaux, qui ne faisaient pas chez eux si maigre chère », dit un contemporain.

Vers la même époque, à Lyon, une famille d'artisans de quatre personnes consommait par jour 8 livres de pain à 2 sous, 2 livres un quart de viande à 7 sous, et trois demi-bouteilles de vin à 6 sous, sans compter 60 livres par an de légumes et d'épicerie. La dépense annuelle de bouche se serait élevée, pour cette famille, à 800 livres. Les repas de fêtes étaient plus plantureux, surtout les

Boucher.

festins de noces et de corporations. En 1614, un marchand tailleur fête la naissance de son fils; il a convié deux fripiers, deux teinturiers et deux couturiers. On a mis à la broche un cochon de lait, un canard, un chapon, deux lapereaux, deux épaules de chevreau et une oie, — le poumon et le foie étant fricassés à part et formant un plat plus distingué. La Saint-Martin, les Rois, le mardi gras, la Saint-Jean, sont l'occasion, sinon de festins pareils, du moins de repas où la volaille remplace le bœuf traditionnel.

L'habit.

Au temps de la Renaissance, l'artisan avait porté des costumes voyants où brillaient le velours et la soie. Au xvne siècle, ses vêtements sont plus modestes, de couleur sombre. A peine s'il y a un collet de velours et quelques passementeries à son manteau gris. Au siècle suivant, il y aura plus de recherche et de variété : voici un bonnetier avec des culottes de panne violette et un manteau de bouracan musc; un vinaigrier de Saint- Denis avec un habit de drap olive garni de boutons d'argent, et une veste de drap d'or; un chapelier de Paris avec une redingote bleue; un imprimeur de Troyes avec des culottes de peluche et des bas café-au-lait. Dans le Midi, la vanité s'habillait de soie et de chapeaux à plumes, et l'on dit que les artisans de Montpellier jeûnaient pendant la semaine pour briller le dimanche et les jours de fêtes.

C'est à Paris que les artisans étaient peut-être le plus « glorieux » : à la veille de la Révolution, des savetiers "s'y habillaient comme des magistrats, des cordonniers étalaient des « perruques à circonstances », des souliers bronzés, des habits noirs très fins, des dentelles riches. Un boucher, qui a 50,000 écus de fortune et qui aspire à la main de Mlle Phlipon, la future Mme Roland, se fait voir à la promenade, le dimanche, en bel habit noir et fines dentelles. Mais ce ne sont là que des exceptions. La réalité moyenne était moins voyante.

Habitudes.

L'artisan français paraît sans grande ambition; il se contente de peu; il n'a pas l'initiative et l'obstination de l'Anglo-Saxon. On l'accuse parfois d'être peu laborieux : c'est qu'il, travaille « sans fracas » comme le disait une Anglaise qui voyageait en France à la fin de l'ancien régime. Sans doute, il travaille avec une certaine lenteur, mais il travaille bien; il est fier de son habileté professionnelle consacrée par son brevet de maître.

« Ils sont bons et honnêtes, dit un étranger en parlant des Français, et très sensibles aux honnêtetés qu'on leur fait. Un artisan à qui vous demandez le chemin, quittera sa boutique pour vous le montrer, et si, en le remerciant, vous l'appelez monsieur, il se trouvera fort récompensé de sa peine. »

Plus poli que l'artisan anglais, l'artisan français est aussi plus sobre. L'ivrognerie est exceptionnelle. « Ce vice est à peu près inconnu en France, dit un Anglais en 1776. Le peuple se couche de bonne heure et se lève de grand matin. Il en résulte qu'il est léger, actif, gai, et qu'il jouit de toutes ses facultés. Il en résulte aussi qu'il est rarement malade et qu'il donne peu d'encouragement aux médecins. »

Economie et sobriété vont ensemble. L'artisan épargne. La ménagère est comme la fourmi :

Ni mon grenier ni mon armoire

Ne se remplit à babiller, dit-elle.

Cependant, les artisans s'accordent quelques plaisirs : de bons repas les jours de fêtes, de noces, de baptêmes; les danses, aux beaux soirs d'été, à l'ombre des ormes du mail; la taverne quelquefois; la promenade en ville, sur les remparts, à la campagne; les réjouissances publiques, les fêtes de la rue et les fêtes religieuses.

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