‹ Histoire du travail et des travailleursChapitre 15 sur 100 · Exposition de 1900, rapport cité · texte numérisé non relu

Exposition de 1900, rapport cité

diable », comme ils dénonçaient dans les robes décolletées des « dames du temps jadis » des « fenêtres d'enfer», trouvant que bien peu de femmes de la cour fussent « vêtues sans péché ».

Si la mode était capricieuse, elle était tyrannique, et l'on croirait que c'est une scène d'aujourd'hui mise en vieux langage, celle qu'on trouve dans les Quinze Joies du mariage. On y voit une bourgeoise qui se plaint à son mari de s'être trouvée à une fête plus mal vêtue que toutes les autres ! « Par ma foy, dit-elle, il n'y avoit si petite en Testât dont je suis qui n'eût robe d'escarlate, ou de malignes, ou de fin vert, fourrée de bon gris ou de même vert, à grandes manches et chaperon à l'avenant, à gant cruche, avecques un tissu de soye rouge ou vert, traynant jusques à terre et tout à fait à la nouvelle guise1. »

Ce 'que décrit avec envie notre bourgeoise coquette, c'est la toilette des bourgeoises du temps jadis. Il n'y manque guère que les chaussures à la poulaine, que portaient surtout les hommes, et dont la pointe était si longue (parfois plus de 50 centimètres) qu'on la rattachait à la tige ! Corroyeurs et teinturiers de peaux profitèrent de la consommation de cuir. L'industrie des peaux s'installa en France : jusqu'au milieu du xive siècle, on les avait fait venir des pays étrangers. Nécessité est mère de l'industrie.

Histoire de la chemise, mère du papier. Et l'industrie crée l'industrie, témoin la curieuse histoire de la chemise, mère du papier. Avant le xive siècle, la chemise était un luxe. Jusqu'alors, les riches seuls portaient la chemise en fine laine, en soie, en toile. Mais ils avaient soin de l'ôter avant de se mettre au lit, peutêtre parce qu'elle coûtait très cher, peut-être parce qu'on avait gardé l'habitude de la considérer comme un objet

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