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Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier, IV

précieux : c'est pourquoi, dans les miniatures, les personnages couchés sont ordinairement nus. Mais, au xiv8 siècle, l'usage de la chemise de toile se répandit à tel point que même les valets de ferme en portèrent. La chemise était désormais un vêtement nécessaire. A la même époque se répandait l'usage des draps de lit en toile; pendant longtemps, comme leur nom l'indique, ils avaient été « en drap ».

Qu'arriva-t-il? Cette chose remarquable que la vulgarisation des toiles prépara de la chiffe à bon marché, et que la chiffe à bon marché permit la fabrication du papier, successeur du parchemin coûteux. Or, sans la fabrication du papier de chiffon, l'invention de l'imprimerie fût restée presque inutile. On pourrait en conclure qu'en vertu de conséquences économiques, l'usage de la chemise a favorisé les progrès de l'esprit humain!

Les merciers. — On ne peut pas séparer les merciers des artisans qui fabriquaient les objets de toilette et d'ameublement, car c'était les merciers qui les revendaient.

Les merciers eurent, dès le xtne siècle, une importance considérable ; et si les grands magasins de nouveautés d'aujourd'hui dressaient leur généalogie, ils trouveraient dans les merciers leurs premiers ancêtres. On sait qu'à cette époque chaque métier ne pouvait faire trafic que des objets qu'il était autorisé à produire. Si aucune exception n'eût été apportée à cette règle, que les lois faisaient observer très rigoureusement, qu'en fùt-il résulté? D'abord que tout commerce de gros eût été impossible ; ensuite que les habitants de Paris se seraient trouvés naturellement privés de ce que l'industrie parisienne ne produisait pas. De là la nécessité d'établir un corps spécial de marchands auxquels toute fabrication fut interdite, mais qui, en revanche, eurent le droit de vendre toutes espèces d'objets. Ces marchands reçurent le nom de merciers ; leur trafic prit en peu de temps une extension considérable. Si nous voulons être fixés sur les produits qui encombraient leurs boutiques, nous en trouvons au xive siècle la très curieuse énumération dans une petite pièce de 169 vers intitulée : Le Dit d'un mercier1 :

J'ai les mignotes ceinturières; J'ai beaux ganz à damoiselètes;

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