II. — La terre qui pleure
Doléances des cahiers de 1789; misères; « paysans du
Danube » ; toujours des serfs ; dure mainmorte ; vexations féodales : le « cri universel des paroisses » en 1789; ruines accumulées par des droits intolérables; les dîmes et la culture; le paysan de Rousseau; douceur de vivre au temps des rois; paysans attelés comme des « animaux farouches », vivant d'herbe et de racines; témoignages des contemporains ; la Catastrophe : après la terre qui pleure, la terre qui donne.
On a écrit la Terre qui meurt; ilfaudrait écrire la Terre qui naît, et puis aussi la Terre qui pleure.
La « terre qui naît », c'est la terre qui s'affranchit peu à peu, depuis ie moyen âge, du servage féodal, des forêts immenses, des jachères improductives et des routines ancestrales, la terre qui prépare lentement les riches pâturages et les belles moissons du xixe siècle.
La « terre qui pleure », c'est le drame du blé, le drame du pain; c'est le paysan sur son champ nu, au temps des disettes et des ravages de la guerre, au temps des dîmes, des impôts dévorants et des famines, où le travailleur des champs mange des racines. La « terre qui pleure », c'est la terre de la misère et de la vieille souffrance humaine.