Fontaine, les Grèves et la Conciliation
2. P. Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des richesses.
Ce n'est pas tout. La grève a été pour la classe ouvrière une école d'union et de solidarité. Si les syndicats n'ont pas toujours organisé la grève, la grève a souvent organisé ou renforcé le syndicat. Les gros sous de l'ouvrier s'en vont très loin soutenir les camarades en lutte sur un point du territoire, et c'est une habitude prise, et c'est .toutes les corporations qui s'aident les unes les autres, et c'est la classe des travailleurs tout entière qui se sent intéressée au succès des grèves partielles. C'est là un fait considérable.
On a dit que les grèves étaient une cause de ruine pour un pays. Ce serait nier l'évidence que prétendre qu'elles n'occasionnent de pertes ni pour les patrons, ni pour les ouvriers, ni pour le pays. Les grèves ont parfois des répercussions lointaines : il en est ainsi des grèves qui frappent les industries premières : mines» docks, chemins de fer. Mais, comme le disait Martin Nadaud : « S'il était vrai que les grèves à aucune époque aient tété une cause de ruine pour un pays, la Russie, l'Espagne, l'Italie, l'Autriche et toutes les nations où l'ouvrier est encore foulé aux pieds par les lois seraient plus riches que la France et que l'Angleterre. »