GOMMENT FOUQUIER METTAIT EN ACCUSATION
Ainsi, ce jeune homme de seize ans était envoyé à réchafaud pour un prétendu propos qui datait de quinze mois et qui avait été dans le temps même ofTiciellement écarté, et pour un soupçon d'émigration reconnu sans fondement ! Douze furent ainsi condamnés, six acquittés. Par une singulière inadvertance (mais tout s^explique dans la précipitation de ces tueries), la réponse du jury est dite « affirmative pour tous, excepté pour Langlois, Lorget, Fleuriot, Martin, Roudy et Valas, pour lesquels elle est affirmative ^ » ; on voulait dire négative : mais Taulre mot était si familier en pareil cas !
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Fournées correspoodantet a celles de Saint-Laxare : 8 Uiermidor (26 juillet). Comment Foaquier-Tinville mettait en jugement. — La maiaon des Oiseaux : la princesse de Chimay ; les comtesses de Narbonne-Pelet et Rsymond-Narbonne ; la princesse de Monaco, etc.
Le système des amalgames avait du bon. Mais la conspiration des prisons était un moyen bien plus commode. Toutefois, là où elle n'avait pas d'apparence et où il allait des pièces, Taccusateur public se trouvait quelquefois dans l'embarras. Le 7 thermidor, Fouquier-Tin-
Dorat, ce 2 brumaire Tan 5*.
Les adroinisirateurs du district de Dorât au citoyen greflier du tribunal révo- i
lutionnaire.
Nous avons besoin de oonnoitre les motifi du jugement de mort prononcé par le tribunal révolutionnaire c(>ntre Josepb Vérinne le 7 thermidor dernier, aKn de nous déterminer sur la marche i tenir pour la conf scation des biens de set père et mère, qui ne peut avoir lieu si ceux exprimés dans les jouniaux sont insérés dans le jugement. Nous t'invitons au nom de Tinlérét de la République i nous envoyer une expédition conforme de ce jugement par le plus prochain courrier, afin que nous puissions nous fixer sur les démarches ultérieures que noos avons à foire dans l'intérêt de la nation. Salut et fraternité.
(Suivent le* êignatureM.) 1. Archives, W 432, dossier 970, pièce 127.
154 GHAP. XLIJC. - CONSP. DES PRISONS : LES OISEAUX, ETC.
ville écrivait aux citoyens composant la commission populaire séante au Muséum :
Citoyens, Le 2 du courant, le comité de salut public m'a remis vos feuilles des détenus sous les numéros 3, 4, 5, 8, 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 40, 42, contenant cent cinquante prévenus ou environ ; il ne nCa été remis des pièces que pour cent ou environ^ encore presque toutes ne consistent que dans le tableau donné par la section ; et il paroitroit que c'est à la commission qu'elles sont restées; pour quoi je vous invite à me les renvoyer sur-lechamp, et notamment celles concernant les nommés Bruni^ la veuve Vigny et son fils^ la femme Colbert Maulevrier^ les deux femmes Narbonne-Pelet^ la fille Guérin^ leur femme de confiance ; la femme à'Ossun, Crussol-d'Amboise^ Clermont-Tonnerre^ la femme CAtmaj/, la veuve d^ArmentièreSj Frécôt'Lenty ^ Saint-Simon^ la femme Querrhoent, Thiart, la femme Monaco^ et Viothe^ intendant de son mari. J'ai bien écrit aux sections , qui m'ont répondu vous les avoir envoyées, et ces particuliers sont demain mis en jugement.
Salut et fraternité.
Signé : A.-Q. Fouquier*.
Ainsi une mise en jugement était décidée avant qu'on eût les pièces. Les pièces manquaient pour une cinquantaine de prévenus ; et Taccusateur public n*en devait pas moins faire son réquisitoire contre eux le lendemain !
Trenle accusés furent ainsi envoyés le 8 ihermidor (26 juillet) au tribunal. Plusieurs venaient de province, et pour ceux-là on trouve encore au dossier quelquesunes des pièces qui avaient motivé leur envoi.
i. Archives, F 7 4436, dossier à décliarfçe de Fouquicr-Tinvîlle, pièce 7, et Saladin, Rapport, p. 26, 27.