LA PRINCESSE DE MONACO
douce ^ » Condamnée (8 thermidor), elle se déclara grosse; mais des le lendemain (le 9 thermidor! que n'altendit-elle un jour de plus?), elle écrivit à Fouquier- Tinville pour retirer sa déclaration; elle n'avait voulu gagner un jour que pour couper elle-même sa chevelure et renvoyer à ses enfants, comme elle le disait à Fouquier dans sa lettn) :
Citoyen, Je vous préviens que je ne suis pas grosse. Je voulois vous le dire; n'espérant plus que vous veniez, je vous le mande. Je n*ai point sali^ ma bouche de ce mensonge dans la crainte de la mort ni pour l'éviter, mais pour me donner un jour de plus, afin de couper moi-même mes cheveux, et de ne pas les donner par les mains du bourreau. C'est le seul leg^ que je puisse laisser à mes enfants ; au moins faut-il qu'il
soit pur.
Choiseul'Stainville-Josèphe Grimaldi-Mon ago , Princesse étrangère, et mourant de rinjustice des juges français.
Et au dos :
Au citoyen Fouquet de Tinville, très pressé*.
Elle arracha ses cheveux avec un morceau de verre, elle y joignit des lettres pour ses enfants, pour leur gouvernante, et c'est Fouquier- Tinville qu'elle chargeait de l'envoi par ce billet tracé d'une écriture belle et ferme :
Citoyen, Je vous demande au nom de Thumanité de faire remettre ce paquet à mes enfants : vous ra*avez eu l'air humain, et, en vous voyant, j'ai eu regret que vous ne fussiez pas mon juge; je ne vous chargerois peut-étre pas d'une dernière volonté si vous Tussiez été. Ayez égard à la demande d^une mère malheureuse qui périt à Tàge du bonheur, et qui laisse des