‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 13 sur 333 · Voyes la pièce 2, aux Appendices, n« I · texte numérisé non relu

Voyes la pièce 2, aux Appendices, n« I

LA FAIIILLë De FAUDOAS. i 9

(Sèze) et Tronchet, mais répigramme contre Target ne vaut pas mieux que lui, j'ai dans mon portefeuille quelque chose de meilleur :

Lorsque Malsherbes prend de Louis la défense,

On dit que c'est Thémis qui défend Tinnocence, etc.

Enfin, Faudoas employé dans ses lettres à sa fille le langage de l'injure, de l'outrage et de la dérision en parlant de la nation et de ses efforts pour résister aux puissances coalisées. Il est évident que la contre-révolution étoit leur seul espoir; aussi a-t-on trouvé chez Faudoas père tous les monuments de la féodalité et les brevets de ses prétendues charges à la cour, et les titres féodaux des rentes, seigneuriales, et chez sa fille seule [ses] armes conservées soigneusement, ce qui prouve et démontre jusqu'à quel point elle comptoit sur le rétablissement des prétendues prérogatives nobiliaires et féodales.

Voilà tout l'acte d'accusation en ce qui concerne le marquis de Faudoas, sa fille et Mme de Beaurepaire, sœur du marquis. Contre le marquis, on allègue des lettres et des vers qui ne sont peut-être pas de lui ; contre sa fille, des vers qui ne sont certainement pas d'elle, puisque d'après la lettre originale même et la reproduction imparfaite qu'en donne l'acte d'accusation, ce sont des vers substitués aux siens ^ ; contre la tante rien. Il n'y a d'ailleurs ni de la tante ni de la fille pas une seule lettre au dossier*. On a les brevets du père, un cachet armorié de la fille, et de la tante rien ; ^^ et tous les trois ont été condamnés et exécutés.

i. Voyei l'AppendScoi n* I, i U tin du volume, pièces 3 et 4. 2. Voyez le procès-Yerbal de perquisitioiit 1'* partie, pièce 18«

Même jour (11 juillet] : Locuré Bricognc; un oflicicr municipal qui abdique ses fonctions pour oonresser sa foi ; René-Joseph fiicolais.

Les autres accusés ont chacun leur dossier particulier. Nous y puiserons, pour quelques-uns, des traits qui feront juger du reste.

Louis-Joseph-Samson Brigogne, ci-devant curé de Port-Marly, a, parmi les pièces qui le concernent, sa renonciation à la prêtrise : c'est une bonne note ; mais on y trouve aussi une dénonciation au conseil général de la commune de Port-Marly, où il est accusé d'avoir dit devant témoins <x qu'il ne savoit pas si la Convention ne rendroit pas un décret pour que le soleil se levât a l'heure où il se couche et se couchât à l'heure où il se lève; comme aussi que les femmes fissent des enfants tous les six mois... ajoutant que nous étions f... et que nous ne gagnerions jamais ^ »

René- Joseph Nicolais, officier municipal à Ernée (iMayenne), a contre lui une pièce beaucoup plus compromettante, car elle ne pouvait être récusée. A peine nommé, il se demanda s'il ne s'était pas rendu complice des actes révolutionnaires que sa conscience réprouvait; et, résolu d'expier sa faute au prix même de sa vie, il écrivit la lettre suivante :

Citoyens,

Le 18 prairial, la commission nommée par vous, conjointement avec le représentant du peuple, me nomma officier

i. >'ote du comité. Arcbivcs, W 414, dotoier 949, 1** partie, picco 62.

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