‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 136 sur 333 · Ibid., pièce · texte numérisé non relu

Ibid., pièce

474 CHAP. XLIÏ. — CONSP. DES PRISONS : LES OISEAUX, EtC.

ment de la République que de tels scélérats disparoissent de la société, et je liens beaucoup à ce que celui-là soit des premiers sortis. Vois si lu ne pourrois pas Tcntrelarder un de ces jours au cas que tu Tayes oublié sur la liste.

Salut et amitié. Vadier.

On dit que ce scélérat qui est à Picpus a la facilité de faire passer ce qu'il veut et même des assignats dans des étuis afin de corrompre et de faciliter son évasion ^

Le président et les membres de la commune de Sucy. donnèrent à Aucane les meilleurs oertilîcals de civisme*. Mais que faire contre le général Boulanger quand il accuse? Des attestations de toute sorte furent aussi réunies en faveur de Béchon d'Arquian; on va jusqu'à dire qu'il n'est pas comte : ce Son mariage ne se serait pas fait, s'il ne se fût affublé de la qualité de comte que portait la terre d'Arquian, lorsque Béchon, son père, en fit l'acquisition ' » ; il n'est pas noble : il le prouve luimême par des extraits de baptême de père en fils, avec le même soin qu'on eût cherché quelques années plus

tôt (ou plus tard) à établir des quartiers de noblesse*; et il avait dressé le tableau de sa conduite révolutionnaire,

l'état des dons qu'il avait faits tant à la section de Popin-

court qu'à la commune d'Arquian, montant h

10 040 livres * ; mais comment prévaloir sur Vadier? et

puis, un de ces tableaux que les comités de surveillance

avaient à remplir, sous leur responsabilité, dans les huit

jours à partir de leur réception, portait — à la colonne

marquée de celte rubrique le caractère et les opiniom

politiques qu'il a montrés clans les mois de mai, juillet

et octobre 1789, rm iO août, à la mort du tyran, au

1. Archives, Yi 434, dossier 974, 1'* partie, pièce 4. — 2. Ibid., pièce t). 3. Ibid.f pièce 24. — 4. Ibid., pièce 11. — 5. Ibid.t pièce 16.

COURLET-BEACLOf. iîS

51 inai et dam les crises de la guerre; s'il a signé des pétitions ou arrêtés liberticideSy — ces mois :

Il n'a jamais paru^ à aucune journée marque de la revol- /ution ny ne Tavons jamais vue dans nos assenblée ^ »

Signalons encore le troisième de la lisle : François- Désiré-Malhieu Courlet-Beaulop, dont la personne est aussi énîgmatique que le vrai nom est insaisissable dans les six ou sept variantes des pièces officielles: acte d'accusation, procès-verbal d'audience, questions posées au jury et jugement*. Dans les Mémoires sur les prisons il est dit que le 8 thermidor on avait fait chercher au Plessis, pour le mener au tribunal, un Vermantois, chanoine de Chartres : point de chanoine; mais il y avait un Vermantois, ancien militaire : on le prit, bien qu'il s'écriât qu'il n'avait jamais rien eu de commun avec les chanoines; il devait s'expliquer au tribunal, avec qui on ne s'expliquait guère'. Selon un autre témoignage, rendu au procès de Fouquier-Tinville , Courlet de Bourlaut se disant comte de Vernanthua (nouvelle variante du nom), eût joué au Plessis le rôle de Boyaval au Luxembourg, ou de Pépin Desgrouettes à Saint-Lazare : « Il se vanloit d'élre l'ami de Fouquier et d'avoir une liste de huit cents personnes qui étoient dénoncées. La veille du 9 thermidor, à minuit, on vint chercher ce soi-disant comte de Vernanthua. Remarquez que ceux qui furent jugés avec lui furent emmenés à six heures«du soir, heure à laquelle on venoit régulièrement chercher les victimes; il fut guillotiné. Nous crûmes que l'on n'avoil mis tant de précipitation à l'égard de Courlet que pour l'empêcher de révéler des secrets et de dé-

1. Archives, t6ic/., pièce 8. — 2. Voyez /a Terretir, t. H, p. 277. 5. Mém, êur les pritont, l. H, p. 275; cf. la Terreur^ l. U, p. 82.

couvrir les manœuvres qui se praiiquoicnt alors \ >» Fouquier dit qu'il ne connaissait pas Gourlel de Boulot, qu'il ignore pourquoi il a été extrait à minuit. Il était désigné comme complice de la conspiration du baron de Batz, qu'on appelait « de Tétranger » ; il était compris dans l'acte d'accusation*. C'est peut-être là la vérité, et il est juste de décharger, soit le tribunal, soit la victime, des imputations dont ils sont respectivement l'objet dans les deux récits contradictoires.

Un seul des accusés fut acquitté, un cultivateur, Laurent AviAT TuROT, accusé de propos ; et une femme échappa plus miraculeusement encore à la mort : Mme de Maillé, dont il a été parlé plus haut. Nous avons dit comment la crise nerveuse dont elle fut saisie à la vue des gradins où son (ils avait péri trois jours auparavant, fit suspendre son jugement'. On espérait bien la reprendre encore, séance tenante, a On la mit, dit Wolff, dans la salle des témoins, où elle resta, pendant toute l'audience, exposée aux regards du public, au lieu de l'envoyer à l'hospice pour y recevoir des secours, parce qu'on attendoit qu'un moment de calme permit de la mettre en jugement, mais heureusement pour elle ce calme ne revint pas ; force fut donc de la remettre au lendemain \ Or on était au 9 thermidor. »

i. Langeac, homme de lettres, Procès Fouquier ^ n» 11, p. 2; cf. n* 7, p. 3 (déposition d'Aly, concierge du Plessis, qui le tient oussi pour un espion). 2 Ihid., n» 11, p. 4.

3. « Attendu que la veuve Maillé, l'une des accusées, est dans unélot de maladie qui ne permet pas de la présenter aux débats, le tribunal ordonne qu'il sera sursis à rin^lruclion de son procès et qu'elle sera reconduite à la maison d'arrêt de l'hospice. »

4. Procèt Fouguier, n*" 23, p. 1 ; cf. la déposition de Mme de Maillé le 28 ventôse an lU (Archives, VV 501, 2* dossier, pièce 133 :

t Que dans la nuit du 8 au 9 la déclarante, très malade depuis plus d'un mois, fut enlevée et portée sur un biancard à la la Conciergerie; que le 9 thcrmi-

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