‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 137 sur 333 · LE PRÉSIDEMT DUMAS ARRÊTÉ SUR SON SIÈGE · texte numérisé non relu

LE PRÉSIDEMT DUMAS ARRÊTÉ SUR SON SIÈGE

Le contre-coup de la révolution qui s'accomplissait s'était pourtant fait sentir jusque dans l'enceinte du tribunal. DumaSy comme Tâme damnée de Robespierre, avait été dans la première section arrêté sur son siège ^ ; mais le juge Maire prit sa place, et les débats se continuèrent comme d'habitude. Tous, on vient de le voir, furent condamnés sauf un seul dans chacune des deux sec* tiens'. Irail-on plus loin? Il semblait à plusieurs qu'on pouvait au moins attendre l'issue des événements. On en parla à Fouquier-Tinville, à qui était remis dès lors le sort des condamnés. Un huissier, Simonet (il en dépose lui-même), lui représenta qu'on battait la générale dans la rue Saint-Antoine, et qu'il pouvait y avoir du danger

dor dc8 guichetiers la portèrent a l'audience, mais elle étoit dans un si piteux eut que le peuple en fut ému et témoigna par des murmures sa pilié pour elle et son indignation contre ses persécuteurs. Son état empira à tel point qu'on fut obligé de la porter dans la salle des témoins. Pendant Taudience de ce jour-là les médecins vinrent à plusieurs reprises juger de son état, afin de la faire paroitre aux débals, si on lui eût connu assez de force, attendu que Fouquier vouloit absolument qu'elle fût jugée ce jour-Ii; mais elle étoit dans un tel état que les médecins décidèrent et firent ordonner qu'elle seroit transférée a l'hospice; qu'elle a ouï dire que quoiqu'elle n'eût pas comparu aux débats, cependant elle fut comprise dans les questions faites au jury et que par sa déclaration elle étoit convaincue, et que cependant elle ne fut pas comprise dans le jugement parce que le greffier ne voulut pas consentir à cette infamie. » Son nom est bien pprté en effet dans les questions posées au jury, mais il est rayé. (Archives, W 434, dossier 974, 2* partie, pièce 88.)

i. Dumas a signé les questions posées au jury, mais sa signature manque à la sentence. Voici la trace de la Révolution dans le prononcé du jugement. La formule ordinaire est reproduite (elle était, comme toujours, écrite i l'avance) : c Fait et prononcé le thermidor de l'an II de la République, à Paudience publique, où siégeaient René-François Dumas, président, Ant.-Marie Maire, (îabriei Dellùfre et J.-B.-Heni^-Antoine Félix, juges, qui ont signé le présent jugement avec le commis-greffier. » — Puis, avant les signatures, la même main a ajouté : t Et à l'instant de la prononciation de la déclaration du jury, le pré' tideni ê'étant retiré, le citoyen Maire a rempli les fonctions de président. Signé : Maire, Deiiège, Félix, Pesme, commis greflier.» (Archives, "W* 433, 973, pièce 82).

2. Dans la liste de 25 de la 2* section cinq sont marqués absents, y compris Mme de Maillé, ajournée à Taudience, et pour les remplacer trois nouveaux numéros sont inscrits en marge (en tout 22), les trois derniers de notre liste : Arfelière, Perrel et Merry. Il est probable que ceux qui les occupent doivent la mort à l'abaence des pi'emiers. (Archives, Vi 434, dossier 974^2* partie, pièce 90 : jugement. ^

TRIB. RivOL. V 12

178 CHJIP. XUX. — GONSP. DES PRISONS : LES OISEAUX, ETC.

dans ces circonstances à faire sortir les condamnés et à les conduire au supplice. Il était alors trois heures. Mais Fouquier lui répondit qu'il fallait que la justice eût son cours ^ Le bourreau lui-même demandait que Texécution fût remise au lendemain, disant aussi quMl y avait des troubles dans le quartier du faubourg Saint-Antoine, par où devaient passer les condamnés. Il reçut la même réponse : a Va ton train, il faut que la justice ait son cours*». Et les quarante-cinq montent encore sur les charettes. Iront-ils jusqu'au lieu de l'exécution? La révolution gronde dans la rue; le peuple veut suspendre le convoi, détèle les chevaux, et les bourreaux sont incertains ; mais des cavaliers accourent au triple galop : c'est Hanriot et son état-major; il sabre le peuple, et le sacrifice s'achève. C'est le dernier exploit d'Hanriol '.

Que devient-il alors? que va devenir le président Dumas enlevé à son siège et le vice-président et les hommes dirigeants du Comité de salut public dont le tribunal n'était que l'instrument?

11 convient de nous arrêter sur cette révolution qui marque la fin de la Terreur et qui entraînera la transformation du tribunal révolutionnaire, en attendant qu'on Tabolisse; mais il ne finira pas avant d'avoir prononcé lui-même la sentence et servi au châtiment de ceux qui l'ont ensanglanté.

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