CHAPITRE L
Robeupierre.
Le jour même où s'accomplissait la double immolation dont il vient d'être parlé, un grand débat avait lieu qui devait se résoudre le lendemain devant le tribunal : débat engagé entre la Convention nationale et la Commune de Paris, et dont l'issue fatale était la dictature ou la chute de Robespierre. Le sort du tribunal révolution* naire s*y rattachait par les liens les plus étroits. Il importe donc d'en retracer en peu de mots les antécédents : c'est d'ailleurs l'instruction du grand procès qui va suivre.
Robespierre a eu des adorateurs de son vivant, et il a des panégyristes de nos jours ; il a eu des adorateurs comme tout maître du pouvoir S il a encore des pané-* gyristes comme en retiennent les chefs de parti parmi les héritiers de leur système. Mais si Ton excepte la famille Duplay, dont l'attachement à sa personne parait avoir été aussi désintéressé qu'absolu, ceux qui l'ont vu et connu, ont éprouvé à son égard plutôt un sentiment de répulsion. Son front fuyant, son teint blême et verdâtre (une pâleur formidable, dit Barère '), ses petits yeux clignotants cachant leurs regards deitière les
1. n en girdait Tolonliera les témoignages. Les preuves en abondent dans les Papierê trouvée chez Robe$pierre et publiés par Courtois, n<^ Tn-xxiT.