FORTE POSITION DE ROBESPIERRE
la police, est surveillé lui-même par des agents que Robespierre a dans son sein (Héron, par exemple), et dominé par une police moins officielle que Robespierre a rattachée à ses attributions : le bureau de sui*veillance administrative.
Dans la Convention, il se sent pour ennemis les amis de Danton, du grand révolutionnaire qu'il a immolé à son ambition et dont depuis il n'a cessé à la tribune de poursuivre la mémoire, comme s'il avait toujours devant les yeux son spectre le foudroyant de son geste, de son regard, de cette voix qu'il a su étouffer. Par eux, cette ombre menaçante peut reprendre vie et user de représailles. Mais Robespierre leur a fait voir qu'il les connaît; il leur a montré le glaive suspendu sur leurs têtes, et la masse de l'assemblée lui a déjà trop accordé pour lui marchander quelques victimes. Le jour où il les désignera, ce sera pour tous les autres un immense soulagement.
Aux Jacobins, où il se montre d'autant plus qu'ailleurs il se fait rare S il s'essaie déjà à les frapper par des épurations : ainsi le 25 messidor, Dubois- Crancé, le 26, Fouché, sont, sur sa parole, impitoyablement rayés. Dans la Commune enfin et dans les sections, il se rallie les plus enragés par l'application de plus en plus outrée de la loi du 22 prairial. Après le supplice des Chemises rouges et au milieu dès exécutions de messidor, quel sectateur d'Hébert osera l'appeler encore « jambe cassée en révolution? » quel disciple de Maral
i. < Robespierre ayant abandonné le comité, car il n'aimait plus à se mesurer de trop près a^ec l'ennemi, s'était retranché dans les clubs d'où il lançait ses bombes incendiaires. 11 n'osait pas tenter une attaque décisive, soit manque de résolution, soit qu'il hésil&t à frapper quelques hommes indispensables au gou- Yemement. > (Mém, de BarèrCf 1. 1, p. 111; notice de H. Caruot.)
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pourrait se vanter d'aller plus loin dans la Terreur?
Mais Texcès de sa force, éveillant la conscience du péril, va changer la face des choses.
Ceux qu'il avait proscrits aux Jacobins comme Dubois-Crancé et Fouché de Nantes; ceux qu'il avait déjà nommés dans la Convention comme Bourdon de rOise, et ceux qui, sans avoir été nommés, se savaient menacés comme anciens amis de Danton, voyaient clairement que l'heure décisive approchait. Il faut ranger parmi ceux-là Delmas, Thuriot, Léonard Bourdon qui se trouvent, avec Dubois-Crancé et Bourdon de l'Oise, inscrits sur une liste trouvée depuis dans les papiers de Robespierre*; Legendre, Lecointre de Versailles, danlonisles déclarés, Panis et Sergent, complices actifs de Danton dans les journées de septembre ; Courtois, Charles Duval, Garnier de l'Aube et Merlin de Thionville ; Cambon, le créateur du grand livre de la dette publique; Fréron, le collègue de Fouché dans sa mission sanglante à Toulon, et d'autres signalés par des excès de même nature, comme représentants du peuple délégués, Rovère et Barras, à Marseille; Javogues, en Saône-et-Loire ; Thirion, dans l'Eure-et-Loir ; André Dumont, à Amiens; Tallien, à Bordeaux : Tallien qui avait à craindre, non pas seulement pour lui, comme tout ancien représentant en mission dont le dossier était tenu à jour au bureau de surveillance administrative de Robespierxe*, mais pour la belle Teresa Cabarrus (Mme Devins de Fontenai, bientôt Mme Tallien), empri' sonnée alors et poursuivie avec un acharnement singulier par l'homme devenu l'arbitre de la vie et de la mort
1. Courtois, Papiers trouvés ehes Robespierre, n* lt, p. 189. S. Yoyei Cil. d'UcricauU, la Révolution de Thermidor, p. 172.