‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 149 sur 333 · LETTRE DE PATÂN A ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

LETTRE DE PATÂN A ROBESPIERRE

punis avec les journalistes qui craignent, disent-ils, en combattant des membres de la Convention de paroitre attaquer la Montagne et la représentation nationale, et qui, durant le règne de Brissot, avoicnt tant de courage pour dénoncer les députés les plus zélés défenseurs du peuple. Prenez-y garde, les Bourdon et ses complices s'enveloppent aujourd'hui d*un hypocrite silence, ils tâchent de se sauver à Taide de l'obscurité où ils se plongent, et ils ont des scélérats qui les aident dans leurs perfides projets. Craignez qu'en mettant un long intervalle entre la séance où ils s'élevèrent contre le gouvernement, et le moment que Ton choisira pour les dénoncer, le rapport qui sera fait alors produise moins d'effet, et qu'il ait moins de partisans.

11 lui marque le but à atteindre :

Apprenez à tous les citoyens de la France qu^une mort infâme attend tous ceux qui s'opposeront au gouvernement révolutionnaire.

Et il le presse d'agir, lui traçant pour le gouvernement révolutionnaire une forme plus rigoureuse encore :

Vous ne pouvez pas choisir de circonstances plus favorables pour frapper tous les conspirateurs. L'on sent que toutes nos victoires sont le fruit de nos travaux : elles imposent silence aux malveillants. Mais voulez- vous attérer en même temps et ces derniers et les despotes? remportez de grandes victoires dans l'intérieur; faites un rapport qui frappe à la fois toutes les conspirations; décrétez des mesures salutaires pour les journaux : que les fonctionnaires publics, responsables, puisqu'ils sont les ministres de la morale, soient dirigés par vous ; qu'ils servent à centraliser, à uniformiser l'opinion publique, c'est-à-dire le gouvernement moral, tandis que vous n'avez centralisé que le gouvernement physique, le gouvernement matériel.

i98 GHAP. L. - PRÉLIMINAIRES DU 9 THERMIDOR.

Un rapport donc, et il lui en trace le plan :

Si Ton éprouvoit des revoies toujours possibles ou si les malveillants ne bourdonnoient plus, ils échapperoient... Faites je vous le répèle un rapport vaste qui embrasse tous les conspirateurs, qui montre toutes les conspirations réunies en une seule ; que Ton y voie des fayétistes, des royalistes, des fédéralistes, des hébertistes , des dantonistes et des liourdons. Développez avec votre philosophie ordinaire les liaisons et les rapports que la faction qui domine a, sans doute, avec toutes les précédentes. 11 seroit indigne du Comité, de vous, des circonstances^ de faire un rapport partiel. Travaillez en grand'.

Et il était tout prêt à le seconder, lui, le maire Lescot- Fleuriot, et Hanriot le fameux général. Hanriot écrivait quelques jours après, 15 messidor, à Lcscot-Fleuriot :

Camarade, tu seras content de moi et de la manière dont je m'y prendrai. Ya, les hommes qui aiment la Patrie s'entendent facilement pour faire tourner tous leurs pas au profit de

la chose publique.

Amitié et fraternité.

Ton frère, le général Hanriot.

P.-8. J'aurois voulu et je voudrois que le secret de lopé-

ration fût dans nos deux tètes, les méchants n'en sauroient

rien •.

C'est aussi à la suile de la lettre de Payan, et, on le peut croire, sous son inspiration que Robespierre prit aux Jacobins les 13, 21 et 23 messidor, Tattitude menaçante que nous avons signalée dans ses discours. C'est alors qu'il fit faire un pas décisif au sanglant système

1. Archives, F 7 4436. Courlois, Papiers trouvés chez Robespierre, n* lvi, p. 212-217.

2. Courtois, Rapport fait au nom des comités de salut public et de sûreté générale sur les événements du 9 thermidor an II, prononcé le 8 thenniJor an nf, p. 53.

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