XIV
BOBESPIERRE A LA MURIE. 255
Mais déjà était arrivé Tordre de la Commune qui défendait de les recevoir. Robespierre n'avait donc pas été reçu au Luxembourg : un officier municipal était là qui semblait l'attendre et qui le fit conduire à la mairie S résidence du maire et lieu de dépôt pour les gens arrêtés (de huit heures et demie à neuf heures du soir'). I^à le prévenu fut reçu en ami et ses gendarmes mis en prison*. De la mairie (préfecture de police) à Thôlel de ville, il n'y avait pas loin, et il était libre. La Commune, ne le voyant pas venir, envoie, non pas un ordre à ceux qui le gardent, mais une invitation à lui-même, dans les termes les plus pressants :
Le Comité d'exécution nommé par le Conseil a besoin de tes conseils. Viens sur-le-champ. Voici les noms des membres :
i. Le rapport de celui qui était chargé de lui est presque inintelligible dans le désordre de aa rédaction :
Du 9 thermidor.
Étant chargé de conduire le citoyen Robespierre Tainé, étant accompagné de Filleul, huissier, et Lemoine, gendarme, ayant conduit au Luxembourg, parlent au nom du comité de sûreté générale et de salut public, trouvent à la porte du Luxembourg un officier municipal seul, ayant voulu me manquer, et n*osant plus par mon caractère, lui disant que je respcctois les rubans qu'il portoit et non sa personne ; frappant à la porte de la prison, je dis au guichetier, au nom de la Convention, de vouloir bien trouver de la place pour le prisonnier que je conduisois ; Thuissier en fit autant que moi, et noua le fit conduire à la mairie, où étoit le plan de nous arrêter tous pour nous faire assassiner; que Robespierre nous fut enlevé, nous conduisant dans la maison d*arrÔt, nous disant qu'il nous en coùteroit cher d'nvoir pot té une main téméraire sur le père du peuple.
Signé : Giiaxlaix, Lkiioisi:.
(Courtois, Bapport, a* xix, pièce 3) . Élie Lacoste, dans la séance du soir de la Convention, en accuse Tadministrateur de police qui se trouvait là ; et Beaulieu [Esêaiêf t. V, p. 365) nomme aussi Willcheritz. 11 y devait concourir volontiers en eflet, ainsi que Guyari le concierge.
2. Dépositions de Hallot, domestique à la mairie, et de Louise Picard, bonne d*enfant de la citoyenne Fleuriot. (Courtois, Rapport, n* xxxii.)
3. < Les administrateurs l'ont reçu avec beaucoup d'amitié en lui disant qu'il était avec ses frères, et on l'a mis en lieu de sûreté, et l'on a mis les gendarmes en arrestation. » (Déposition d'Olivier, inspecteur de police, ibid., n*> xix, 1.)
iM CUAP. U. — U RÉVOLUTION IMi 9 TEERUDOR.
Cbàtelei, Coffinal, Le Rebours, Greaard, Legrand, Desboiifeaiix, Aiihor, Payan, LouTe.
Signé : Patak, Moc^cces, substitut .
Le maire de Paris, Lescot Fuscviot.
Au dos : Au citoyen Robespierre a la Police*.
El il restait, se bornant a s'associer de loin à Faction de la Commune : il lui envoyait par les administrateurs de police, qu'il avait sous la main, ses recommandalions : veiller à la fermeture des barrières, s*assurer de la poste, mettre toutes les presses sous les scellés et les journalistes en prison, les députés aussi, s'il se pouvait*; mais de venir, point de nouvelles. Était-ce par respect de la loi et par égard pour l'autorité de la Convention? C'est douteux. Dans ceux qui l'avaient frappé, il ne voyait que des ennemis dont Taulorité ne lui imposait guère. Mais on prison il assistait sans péril à la lutte qui allait s'engager; et il est certain qu'il n'aimait pas à se mettre, en pareil cas, trop en avant. La victoire le délivrait sans péril, la défaite ne l'exposait guère davantage. Que risquail-il? un jugement du tribunal révolutionnaire. Or, il avait, nous le savons, plus d'une attache avec ses membres, et il se rappelait l'exemple de Marat. Acquitté par le tribunal (et il ne pouvait en être autrement), il rentrait dans la Convention comme en triomphe, porté par un flot populaire qui eût tout balayé. Il avait donc toute raison pour vouloir rester comme en prison. Mais la Commune avait ses motifs pour l'en faire sortir, et elle revint à la charge*. Son nom
1. Arcliivcs, F 7 4430 L R. n« 38, com. de 12, n» xlviii (pièce 61).
'2. Couilois, Rapport, n» xiii : Ut administrateurs de police Tauchott, Faro, Bigant, Quenel à Cagent national de la Commune : « C'crt 1 a?ii de Kobespierre cl le nôlrc. »
3. Le « citoren maire demande qu'une dépuUlion soit cbariEée d'aller chmlicr