C0NVE>T10> : SÉANCE DU SOIR
gardait un grand prestige, sa présence au siège de rinsurrection était une force qui pouvait lui gagner les faubourgs, même les sections de Tintérieur. Déjà sou frère était à rbôtcl de ville*. Celait un argument, et Coflinhal, chargé du message, eut un autre moyen de vaincre ses hésitations : il Tenleva '.
Séance du soir â It GonYcnlion : mesures prises pour la défeiise cl pour l'attaque. Dispositions des sections de Paris. Invasion soudaine de Thôtcl de Tillc« Arrestation des insurges.
La vicloirc était désormais à qui saurait agir.
La Convention était rentrée en séance à sept heures,
Hobespierre aîné et de lui observer qu'il ne s'appartient pas, mais qu'il doit ôtre tout entier à la patrie, au peuple. » (Extrait du procès-verbal de la commune de Paris, séance du 9 thermidor. Courtois, Jlapjwrt, n" xxxni.)
1. Conduit à Saint-Laiarc où on ne le reçut pas, c où il ne sVst pas trouvé de place secrète • (c'était snns doute le prétexte 3 il y avait, on Ta vu, des ordres de la Commune), Uobespierre jeune avait été mené à la Force où les gendarmes trouvèrent des officiers municipaux qui leur dirent : c On ne doit pas arrélei* un député » ; et comme on leur exbit>ait l'ordre du comité de salut public ou de sûreté fçénérale, ils répondirent : a QuUls n'avuient pas besoin de ces ordres et que c'utoit au nom du peuple qu'ils venoient le réclamer. > Ils rerusèrent la fléchargc que demandaient au moins les gendarmes et emmenèrent Robespierre. Un des gendarmes, Snrivct, qui réussit à s*échap|icr, en fit le rapport, daté de U heures et demie. (Courtois, HappoH, xix. 2).
2. Vojcx Hichelet, Hitt. de la Hévolution, t. VII, p. 477 et suiv. L'opinion de U. Louis Blanc (t. XI, p. 240) qui voit dans les facilités données à Robespierre pour s'échapper, c un artifice homicide » du comité do sûreté générale pour le perdre, est inadmissiide. Le comilé de sûreté générale, une fois rinsurrection déclarée, était trop peu sûr du succès pour jouer si gros jeu.
Un rapport fait à 10 heures et demie du soir au comité révolutionnaire de la section de l'Arsenal fait part de l'enthousiasme que l'arrivée de Robespierre et son discours avaient excité dans la Commune. (Courtois, Uapporl, n* xxxiii, 1 . ) Son arrivée, peut donc se placer entre 9 et 10 heures. A 10 heures on met des lampions pour éclairer la place. Entre 10 et il heures, des députations viennent prêter serment^de fidélité au conseil général. (Rap|)ort de Michel Bochard, concierge. (Ibid.y n" xxxvi.)
258 CHAT. U. — lA REVOUJTK>?( Dl « THERMIDOK.
et beaucoup ignoraient oc qui s^était passé dans Finlervalle.
Bourdon de TOise le résumait en un mol : « On prétend que la Commune de Paris s*esl liguée avec leb Jacobins ; » et il proposait de mander à la barre la Commune de Paris ! Merlin (de Thionville), après avoir raconté son aventure, propose qu^on y mande aussi le département ; et les deux mesures sont décrclees»
On porte à la tribune les bruits qui arrivent du dehors. Merlin avait dit qullanriot était arrêté; d autres annoncent que Payan Test aussi ; maïs bientôt on apprend qu*il ne l'est pas; et tandis qu'on décrète qu'il le sera, ainsi que le maire Fleuriot, on apprend qu'Hanriot lui-môme ne Test plus. C'est celui qui l'avait eu entre les mains, c'est Billaud-Yarennes qui l'annonce, et il fait savoir en même temps que le rebelle a décidé les canonniers réunis au Carrousel à tourner leurs canons contre la Convention. Cette nouvelle est confirmée. Collot-d'Herbois, montant au fauteuil^ dit :
Citoyens, voici l'instant de raourir à notre poste : des scélérats, des hommes armés ont investi le comité de sûreté générale et s'en sont emparés.
Les tribunes eurent alors un mouvement superbe. Ceux qui les remplissaient s'écrient : c ÂlIons-y. » On applaudit;... et ils se sauvent. L'Assemblée eut une plus digne attitude, a Tous les membres de la Convention, dit Thibaudeau en racontant cet incident, tous les membres de la Convention, répandus dans la salle, reprirent leur place avec calme et dignité, pour attendre la mort sur leurs sièges. Ce mouvement fut imposant