‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 19 sur 333 · PELCUET, ARCHITECTE DU ROI · texte numérisé non relu

PELCUET, ARCHITECTE DU ROI

devant roy, est encore un des conspirateurs soudoyés par les despotes , chef des signataires des pétitions, instigateur des signatures ne développant en public que les principes les plus contre-révolutionnaires et contestant à la représentation nationale le droit de juger le tyran dont il soutenoit l'innocence, disant que quelque chose qu'il pût en arriver il parleroit pour le Roy ; il n'a cessé d'être l'ennemi du peuple et de la liberté'.

C'est à propos de Pelchet que Fouquier-Tinville montra celle âpreté dans la poursuite dont nous avons parlé plus haut. Les témoins contre lui n'ayant pas été assignés, il écrit à son substitut que leur comparution ne lui parait pas indispensable et qu'il fasse tout pour que l'accusé ne soit pas mis hors des débats. La note est au dossier^.

Du reste, les témoins assignés contre deux autres accuses (Benant, curé de Saint-Cyr, et Bricogne, curé de Porl-Marly) n'ont pas comparu, et les accusés n'en ont pas moins été condamnés'.

Vingt-huit étaient réunis dans ce jugement.

La condamnation les frappa tous. Signalons encore l'état déplorable des pièces qui consommèrent cette grande immolation. Dans la liste des questions posées aux jurés un nom est rayé sans approbation de la rature^ et la déclaration du jury est écrite de la main

ff

i. 11 7 I contre lui une note du comité de Versailles (Naudet, Thiriot, etc.]; et celte déclaration de Dodin : < Je déclare que dans un Toyage que j'ai fait de Versailles i Paris avec les nommés Glausse fils et Pelchet (il n'en dit pas la date), ce dernier a manifesté les sentiments les plus royalistes et les plus opposés aux principea de la Réfolution : partout où je l'ai vu, j'ai toujours remarqué ces mêmes dispositions, mais jamais il ne les a manifestés d'une manière aussi révoltante que dans l'occasion que je viens de citer.

Yersailles, ce 15 septembre 1793.

(.Vrchives, W 414, dossier 940, 3* partie, pièces 99 et 100.)

% Ibid., pièce 94.

3. lbid,t pièce 93 (procès- verbal d'audience), cf. pièce 95.

se CHAP. XLYI. — MESSIDOR (TROISIÈME DÉCADE).

du greffier Legris (postérieurement sans doute) et simplement signée de Sgellier\ L'acte du jugement est de toutes mains, avec des. vides dans la qualification des accusés et des blancs dans les feuillets' : preuve que les choses essentielles étaient faites à Tavance et que le reste fut suppléé quand on le put et comme on le put.

Dans l'autre section (salle de rÉgalité), dix condamnés de divers pays, généralement pour propos*.

Citons seulement deux femmes :

L'une du district de Clermont-Ferrant, Françoise Périer, veuve Saint- Hilaire (62 ans). 11 résulte d'une enquête (2 floréal), que comme elle était venue chez un épicier demander de la chandelle^ il lui a dit :

Citoyenne, avez-vous un billet? Si vous n'en avez point je ne peux pas vous en donner. Alors celte femme lui a répondu : « On m'a ruinée depuis que nous sonunes gouvernés par de la f... race. Quand les clubistes passent devant ma porte, je les insulte et ils ne me disent rien, parce que si j'avois du bien il y a longtemps que je serois [en]fermée *. »

Elle niait les propos : elle avait seulement exprimé sa peine de ne pouvoir se procurer ni huile ni chandelle \ Elle n'avait pas non plus insulté les clubistes, si ce n'est un tambour dans la garde nationale qui avait déshonoré sa fille. Et c'est lui qui avait excité son dénonciateur \

L'autre femme était une servante, Marie Bidault, veuve Tricard (50 ans), contre laquelle fut faite la dénonciation suivante :

i. Archives, W 414, dossier 949, 3* partie, pièce 102.

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