LES TRENTMINO HABITANTS DE DIN
tait à la première invasion (septembre 1792). On les accusait d'avoir accueilli les émigrés, arboré la cocarde et le drapeau blanc, etc. Un témoin affirmait que la ville avait 600 hommes capables de la défendre derrière la Meuse et qu'elle avait cédé à 100 hussards : la municipalité, dont l'accusé àublin était le principal membre, ayant la veille fait enlever les fusils. Mais ces 100 hussards n'étaient que les éclaireurs d'une armée entière. Tous les autres témoins (et il y en eut trente-six) déclaraient que la ville avait élé investie par des forces considérables et les habitants contraints de fournir à l'ennemi tout ce qu'il exigeait. Ils conGrmaient donc la défense opposée par Àublin aux allégations du premier témoin, quand il disait :
Pour bien apprécier la déposition du témoin , il faut que le tribunal se représente la petite ville de Duu, comme une habitation ouverte de tous les côtés, sans portes, sans murs, sans canons, sans aucune espèce de retranchements ; il faut ensuite apprendre à ce même tribunal, que la petite commune de Dun, presque dans le même moment, a été investie, non pas par cent hommes, comme le prétend le témoin, mais bien certainement par quatre-vingt mille hommes environ, à la tête desquels étaient les émigrés, ne respirant que sang et carnage, menaçant de tout incendier, de tout ravager au moindre mouvement qui pourroit annoncer Tenvie de faire résistance; et, de quelle utilité eût été cette résistance de la part d'une poignée d'individus, contre une masse, contre une multitude effroyable d'ennemis, ayant à leur disposition des bouches à feu, maîtres de lancer contre nous toutes les foudres de la guerre ?
Ce n'est donc pas notre propre sûreté, notre salut personnel que nous avons cherché; c'est la conservation des personnes et des propriétés de toute la commune qui a déterminé notre conduite avec l'ennemi [et] qui nous a engages à lui
accorder toutes les satisfactions que nous ne pouvions lui refuser ; ce que j^avance, je le dis sans crainte d'être démenti par les autres témoins, qui, pour rendre hommage à la vérité, seront nécessairement d'accord avec moi ^
Aublin paya pour tous les autres avec la femme Jacquet. Celle-ci était accusée d'avoir crié : Vive le roi j au diable la natiorij etc., agitant, en forme de drapeau, une servielle blanche*.
12 vendémiaire (3 octobre) : un prêtre qui a rempli les fonctions du sacerdoce : Jacques Raui. Fournisseur révolutionnaire, mais infidèle : Ponce Davesne. Complices des brigands de la Vendée.
Les prêtres étaient toujours l'objet [des pins grandes rigueurs :
Le 12 (3 octobre), comparaissait Jacques Baux, ex-chanoine, prévenu de n'avoir pas prêté les serments prescrits par la loi, et mis de plus en jugement par décret de la Convention, en date du 30 prairial an II, pour manœuvres tendant à égarer le peuple :
En tenant à cet effet chez lui des conciliabules et rassemblements de prêtres réfractaires et fanatiques, en y célébrant des messes et mariages, en y dressant des actes au mépris de la loi, et en outre en faisant distribuer des écrits et ouvrages tendant à corrompre l'esprit public et à égarer le peuple par la superstition.
Son interrogatoire porte l'empreinte d'une entière ranchise :