‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 235 sur 333 · CUAP. LIV. — LE COMITÉ RÉVOL. DE NANTES ET QRRIER · texte numérisé non relu

CUAP. LIV. — LE COMITÉ RÉVOL. DE NANTES ET QRRIER

rétée; un ordre signé de Goullin cl aulrcs enjoignait au concierge du BoufTay de les livrer à la compagnie Marat. Il y en avait cent cinquante-cinq. Mais comme la lisle datait de plusieurs jours, plusieurs étaient transférés ailleurs. On prit ceux qu'on trouva et ils ne faisaient qu'une centaine: < Eh bien! dit Goullin, que Ton fasse descendre les quinze prisonniers que j'ai envoyés ici ce soir. > On les lia avec les autres. Il y en eul ainsi cenl vingtrneuf. On les emmenait, disait-on, pour les déporter, ou encore pour les transférer à Belle-Isie où ils auraient des travaux à faire. Mais les Marais savaient où il s'agissait de les conduire, et plusieurs ne se donnaient guère la peine de dissimuler. Un prisonnier demandant un verre d'eau : « Ce n'est pas la peine, dil l'un de ces hommes au concierge, il n'en a pas besoin, dans un instant il va boire à la grande tasse » ; el Goullin pressait le départ,* disant : a Dépêchons-nous, chers amis, la marée baisse ^ »

L^affaire ayant manqué plusieurs fois, il s'ensuivit que charpentiers et mariniers n'étaient plus à leur poste. On ne trouvait plus les bateaux. On dut ramener les prisonniers en arrière, et ce fut sous leurs yeux que l'on prépara la gabare. On dut les délier pour les descendre à fond de cale, et l'échelle se trouvant trop courte, on les prenait par la tête et on les jetait en bas. C'était toujours à Belle-Isle qu'on avait l'air de les conduire : mais quand ils virent que l'on clouait au-dessus de leurs (êtes des cercles sur les panneaux, il leur était difficile de garder un doute sur le véritable objet de l'expédition. Goullin présidait à tout. ÂfQlé était à son

1. Déclaration de Bernard Liquèzc, concierge (Archives inun.), cilcc jkir M. A. Lallié, len Noyades de NcnUe^f p. 31, 32.

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