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578 CHAP LV. — LES QUATRE-YINGT^DiTORZE NANTAIS, ETC.
paroles. Un jour, on l'a vu, que la commission s'était refusée à l'exécution de ses cruautés, il en fit venir le président :
C'est donc toi, j...-f.., lui dit-il, qui ose donner des ordres contraires aux miens. Apprends que si dans deux heures TEntrepôt n'est vidé, je te fais guillotiner, toi et toute la commission.
Ce pauvre vieillard, continue le témoin, nouveau président de la commission militaire, vient me trouvera la maison du Bouffay où j'instruisois une procédure. 11 m'invite à venir avec lui : la fièvre chaude le saisit et il périt. On Tentendoit crier dans ses accès: « Carrier! gueux I scélérat! es-tu donc parti? As-tu donc délivré noire ville de ta présence*? »
L'accusateur public de la même commission, Yaugeois, n'était guère plus rassuré pour lui-même. Il avait plusieurs fois réclamé que les enfants des Vendéens pris et voués à la mort, fussent transférés dans une maison où on les fît élever. S'étant enfin hasardé d'en parler à Carrier : « Tu es un contre-révolutionnaire, s'écria l'autre avec fureur, point de pitié : ce sont des vipères qu'il faut étouffer. ^
€ J'étois sûr, ajouta Vaugeois, d'être noyé si je parlois ou agissois\ »
Le Vendéens, les brigands comme on les appelait, étaient hors la loi, et malheur à qui parlait seulement de les juger :
A l'époque du 26 frimaire, dit Phelippes-TronjoUy, Carrier ordonnoit de faire guillotiner indistinctement les brigands rendant les armes, comme ceux qui éloient pris les armes à la main; il m*enjoignoit à moi, président du tribunal révolu-